Architecture Bruxelles

Des volumes emboîtés, symbole d’Union

Mots clés : Architecte - Produits et matériaux

Un duo d’architectes franco-allemand imbrique la pierre et le verre pour bâtir la Maison de l’histoire européenne.

« Construire sans détruire, prolonger sans dévaloriser, intégrer sans pasticher. » Trois directives que les architectes français Chaix & Morel et Associés et allemands JSWD Architekten ont suivies pour concevoir et réaliser la Maison de l’histoire européenne, inaugurée le 4 mai dernier à Bruxelles (Belgique). Le programme – accueil, librairie, cafétéria, salles d’expositions, salle de conférences et administration – se déploie sur environ 10 000 m², au sein d’un bâtiment existant dont la surface a été doublée. Cet édifice, livré en 1935 par l’architecte suisse Michel Polak (1885-1948), servait à l’origine d’institut dentaire. Il avait été financé par le philanthrope américain George Eastman (1854-1932), inventeur de l’appareil photo Kodak. Les façades classées et quelques intérieurs de style Art déco témoignent encore de cette première vie. Le parlement européen, qui louait le lieu depuis 1985 pour y abriter notamment ses services administratifs, l’a acquis en 2008 afin de le transformer en espace muséographique. Une nouvelle vie.

Entre accords et contrastes. Selon ses auteurs, l’extension « parachève » l’existant. Elle comble le vide de l’arrière-cour et couronne le corps central à l’avant, tout en mettant en valeur la composition symétrique d’origine. L’ancien et le neuf contrastent fortement : l’un, en pierre, est massif et opaque ; tandis que l’autre, en verre, est aérien et translucide. Mais les deux s’accordent sur une même trame verticale. L’armature et la double paroi de la cage vitrée sont en verre feuilleté. « Des prismes opaques semblent flotter dans cette boîte transparente », décrivent les architectes. Symboliquement, ils représentent les briques de la construction de l’Union européenne. En pratique, ils correspondent aux salles d’expositions aveugles. La jonction entre la réhabilitation et l’extension s’effectue par l’atrium. Les planchers s’y prolongent sans rupture de niveaux. Des joints creux laissent toutefois une distance entre les deux architectures, comme pour marquer le passage d’une époque à une autre.

Maîtrise d’ouvrage : Parlement européen. Maîtrise d’œuvre : Chaix & Morel et Associés/JSWD Architekten (architectes), TPF Engineering (ingénierie), Werner Sobek (façades), Francis Crombez Développement (économie), Tribu (développement durable), SPRL Venac (acoustique), Socotec Belgium (conseil en sécurité). Entreprise générale : CFE Brabant. Surface : 9 970 m² Shon. Coût des travaux : 27,6 M€ HT.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X