Architecture Technique Système constructif

Des villas posées sur des étagères

Mots clés : Béton - Bois - Ossature

A Montpellier, trois planchers béton superposés supportent 14 maisons en duplex réalisées en ossature bois.

Les quatorze villas du programme Free.dom, à Montpellier, ne sont pas juxtaposées mais posées les unes au-dessus des autres, comme sur des étagères. Ce « lotissement vertical » a été imaginé par l’architecte François Fontès pour le promoteur NG Promotion. La résidence occupe 1 500 m² au sol, là où un lotissement classique couvrirait 1 ha. « Cette formule permet d’offrir aux résidents une liberté de conception et un potentiel d’évolution, explique François Fontès. Cela passe par une indépendance structurelle entre deux types d’éléments : les rayonnages en béton, qui constituent la structure du bâtiment, et les objets posés à l’intérieur, susceptibles d’être modifiés. »

Le bâtiment, de 21 m de haut, comprend trois plateaux, composés de dalles alvéolaires de 12 m de portée. Ces planchers sont soutenus par des murs de refend qui encadrent les alvéoles au sein desquelles viennent se glisser des villas en duplex à ossature bois, habillées de panneaux en Trespa. Chaque maison, adossée à un mur séparatif, dispose d’une terrasse de 100 m².

« Pas deux villas identiques ».

Les acquéreurs ont eu toute liberté pour modifier les plans de l’architecte : la taille des pièces, la position des fenêtres ou la nature des parquets. « Il n’y a pas deux villas identiques, témoigne Clément Gally, conducteur de travaux pour l’entreprise Cid Menuiserie, chargée du lot ossature bois et bardage. Nous avons eu 14 plans de montage distincts. Sur les 1 200 poutres mises en œuvre, 950 ont des dimensions différentes. »

La partie bois, réalisée une fois le gros œuvre béton achevé, a exigé de l’entreprise et de son bureau d’études une certaine ingéniosité. Très ouvertes, dotées de vastes pièces prolongées par des terrasses en porte-à-faux, ces villas s’insèrent entre deux dalles béton dans un espace contraint qui limitait l’épaisseur des planchers intermédiaires. « Nous avions droit à 31 cm, note Yann Duquoc, du BET Calder Ingénierie. Compte tenu des portées prévues, des retombées de poutre de 40 cm n’auraient pas été de trop. » Une contrainte d’autant plus forte que les planchers reprennent aussi les porte-à-faux des terrasses. Faute de pouvoir ajouter des poteaux dans les pièces à vivre, la solution a consisté à glisser dans les cloisons soit des poteaux métalliques, qui prennent appui sur la dalle inférieure, soit des tirants qui suspendent le plancher à la dalle supérieure. Autre difficulté : l’entreprise bois a dû ménager un intervalle de 3 cm entre les parois à ossature bois et la dalle supérieure pour permettre la mise en charge de cette dalle. Elle a utilisé pour cela des équerres à fixations coulissantes, percées de trous oblongs qui autorisent les mouvements verticaux mais bloquent les mouvements horizontaux entre le mur bois et la dalle béton. L’exiguïté du site et les difficultés d’accès ont constitué une contrainte supplémentaire. « Hormis les murs à ossature bois, tout a été monté sur place et manutentionné à la main », précise Clément Gally.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : NG Promotion. Architecte : François Fontès. BET structure : André Verdier. Gros œuvre : Rourissol Frères. Ossature bois et bardage : Cid Menuiserie. BET bois : Calder Ingénierie. Surface de plancher : 1 500 m². Coût de construction : 4 M€. Livraison : mai 2015.

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