Edito

Des vagues et un rocher

On nous annonçait un choc, on a ressenti une légère secousse. A peine un soubresaut. Avec la lucidité du recul, le mouvement de simplification des normes initié en 2013 avec tambours et trompettes n’a pas bouleversé la vie des entreprises et des maîtres d’ouvrage. La complexité administrative fait toujours partie de leur quotidien. Mais il serait injuste de ne pas reconnaître le chemin parcouru. D’abord parce que le BTP a été particulièrement bien servi par les assouplissements successifs. Ensuite car les mesures phares, comme l’autorisation environnementale unique, commencent enfin à faire sentir leurs effets pratiques.

Reste qu’ils demeurent modestes. Car simplifier, c’est compliqué. Rares sont les normes apparues dans le maquis réglementaire sans bonne raison ni ardent défenseur. Par un effet de cliquet pernicieux, il apparaît bien plus ardu de supprimer une norme que de la créer. Davantage qu’un électrochoc, la simplification exige groupes de parole (pour convaincre les acteurs) et interventions chirurgicales (pour rédiger des mesures).

Il apparaît bien plus ardu de supprimer une norme que de la créer.

Mais il y a plus inquiétant. La frénésie réglementaire et législative produit chaque année plus de normes qu’il n’est possible d’en simplifier. Le stock de règles à traiter ne cesse de croître. La tâche paraît titanesque. Un rocher de Sisyphe susceptible de décourager les moins vaillants.

Pourtant, depuis maintenant quatre ans, les « simplificateurs » poursuivent leur œuvre sans relâche. Les pouvoirs publics, dans ce domaine, témoignent d’une volonté sans faille, allongeant mois après mois la liste des mesures concernées : construction, urbanisme, collectivités… Mieux, le sujet échappe aux querelles politiques et survivra aux alternances. Probablement parce que l’administration, comme les entreprises et les usagers, bénéficie de ce mouvement. Ainsi, les vagues de simplifications poursuivent leur inlassable mouvement. A leur rythme, certes, mais sans jamais faiblir. Simplifiez, simplifiez, il en restera toujours quelque chose.

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