Architecture Technique Energie solaire

Des technologies hybrides pour rebondir

Mots clés : Energie renouvelable

Face à des marchés du solaire thermique et photovoltaïque en retrait, les chercheurs s’adaptent. Lors de la conférence Derbi-JNES en juillet, ils ont présenté de nouveaux concepts.

Comment relancer l’intérêt pour le solaire thermique et photovoltaïque ? La question était au centre des débats tenus les 1er et 2 juillet lors de la conférence du pôle de compétitivité Derbi et des Journées nationales et l’énergie solaire (JNES).

Le solaire hybride figure en bonne place. Associer les solutions photovoltaïques et thermiques présente un avantage connu : dissiper la chaleur des capteurs pour améliorer leur rendement et exploiter l’énergie fatale jusqu’alors perdue – la baisse de rendement est de 1 % par °C au-delà de 25 °C. Cette solution convient particulièrement aux bâtiments industriels, commerciaux ou logistiques. Jean-Paul Bousquet, cofondateur de l’entreprise lyonnaise EPC Solaire, développe Inova PV-T, un système de récupération d’air chaud à partir de larges caniveaux aérauliques en sous-face de panneaux photovoltaïques posés en toitures-terrasses. En hiver, l’air est repris par un échangeur et les calories préchauffent les halls. En été, cette énergie traverse un échangeur air/eau pour préchauffer de l’eau chaude. Le gain de production photovoltaïque offert par la dissipation peut couvrir le besoin d’énergie nécessaire aux auxiliaires. Avec le Centre d’énergétique et de thermique de Lyon (Cethil), EPC Solaire met au point un outil de gestion, l’Inova Sun Soft, qui permet au bâtiment de « dicter » le fonctionnement selon ses besoins (ventilation, séchage, production d’eau chaude…).
Le solaire thermique séduit les collectivités du Nord de l’Europe pour alimenter les réseaux de chaleur. En France, après une première installation avec des capteurs sous vide sur l’écoquartier de Balma, en banlieue toulousaine, une seconde avec 300 m² de capteurs plans a été mise en service fin 2014 à Juvignac (Hérault). Les besoins annuels en chauffage et en eau chaude sanitaire des 1 300 logements seront couverts à 50 % par l’énergie solaire. Développé par Clipsol, filiale d’Engie, cet équipement utilise des échangeurs aluminium à microcanaux, un double vitrage avec traitement antireflets sur quatre faces… Les éléments de 12 m² sur châssis allégés permettent l’installation de 400 m² par jour par quatre compagnons.

Objectif couverture à 80 % et pérennité des systèmes.

Enfin, les industriels travaillent sur deux axes forts. Le premier est la performance des installations. Pour les usagers et maîtres d’ouvrage, un taux de couverture des besoins thermiques par le solaire de 40 à 60 % est insuffisant. D’où le développement des installations collectives dites autovidangeables permettant d’atteindre un taux de 80 % sans dégrader l’installation. La seconde demande tient à la pérennité des systèmes, notamment celle du fluide glycolé. Le bureau de R & D solaire de Viessmann, basé à Faulquemont (Moselle), a travaillé depuis 2008 avec l’Université de Lorraine pour développer un revêtement absorbeur du proche infrarouge dit thermochromique. Il limite la température interne du capteur à 150 °C et évite la vaporisation du fluide. Ce qui a aussi pour effet d’améliorer le taux de couverture solaire (il serait proche de 60 %). Ce matériau recouvre le capteur Sol Pro Select de l’industriel allemand, présenté en mars dernier au salon ISH, à Francfort. Il sera lancé en France cet automne.

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