Architecture Technique Expérimentation

Des raidisseurs en béton fibré scrutés à la loupe

Mots clés : Béton - Ouvrage d'art

Le comportement de six raidisseurs de renforcement d’un tunnel – à Rolleboise (Yvelines) – est observé au moyen d’extensomètres.

Construit en 1841, sur la ligne reliant Paris au Havre, le tunnel de Rolleboise (Yvelines) est l’un des plus anciens tunnels ferroviaires de France. Tunnel en voûte à rayons multiples reposant sur des piédroits verticaux, l’ouvrage de 2,6 km a une largeur de 7,5 m. Préparant le passage de trains au gabarit plus imposant, la SNCF a décidé d’élargir d’une vingtaine de centimètres l’ouverture du tunnel.

Technique courante de renforcement, une centaine de raidisseurs, composés de cages d’armatures sur lesquelles est projeté du béton, est actuellement mise en place. Parmi ces raidisseurs, six sont expérimentaux : en lieu et place des cages d’armatures bétonnées classiques, du béton fibré est projeté sur une largeur et une profondeur de 50 cm. Pour valider cette nouvelle technique, la SNCF a souhaité instrumenter ces six raidisseurs. C’est ainsi que la société spécialisée Cementys a mis en place des capteurs mécaniques.
« Des extensomètres à cordes vibrantes, capables de capter des microdéformations, sont noyés dans le béton et disposés en trois points précis sur toute la hauteur des raidisseurs, de part et d’autre du tunnel. Leur fonction est de mesurer le comportement des raidisseurs face aux contraintes longitudinales et transversales », explique Christian Medrano, responsable des activités industrie et infrastructures de Cementys.
Comme toute démarche d’instrumentation d’ouvrages de génie civil, la pose des capteurs doit faire l’objet d’une attention particulière. Sur le chantier du tunnel de Rolleboise, cet impératif s’est traduit par la mise en œuvre d’une « astuce » ad hoc. Comme l’indique Christian Medrano, « le béton fibré étant projeté à une pression de 7 bars, les extensomètres doivent être protégés. Nous les avons donc placés dans des coffrets, afin de les recouvrir ensuite manuellement de béton, avant de les mettre en place ».

Informations transmises pour interprétation.

Une fois positionnés sur les raidisseurs expérimentaux, les extensomètres envoient leurs informations à une centrale d’acquisition. Ces données sont ensuite transmises, via des fibres optiques, à un modem GSM situé sur site. Ce dernier les télétransmet alors au serveur de Cementys, à Palaiseau (Essonne), qui les interprète. « Plus nous disposons d’informations, plus l’interprétation sera facile et fine », fait savoir le responsable. « La technique d’auscultation par extensomètres à cordes vibrantes est connue et reconnue dans le secteur du génie civil. Toutefois, notre spécificité réside dans le fait que nous fabriquons et posons nos propres capteurs et que nous interprétons nous-mêmes les résultats », complète Vincent Lamour, directeur technique et scientifique de Cementys.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X