Architecture et urbanisme Espaces publics

Des places redessinent le centre d’Armentières

Mots clés : Aménagement paysager - Rénovation urbaine

Entièrement restructuré, le centre-ville d’Armentières dans le Nord livre aujourd’hui un ensemble de places et de voies qui redonnent une lisibilité à la structure urbaine historique, valorisent les équipements et monuments existants, et s’ouvrent à des usages moins routiers.

Longtemps, le centre-ville d’Armentières n’a été qu’un espace informel de près de trois hectares avec, coincés entre deux nappes de stationnement, l’hôtel de ville et son beffroi. Aujourd’hui, il égrène un ensemble de places, d’esplanades et de jardins articulés entre eux, qui ont redonné une assise aux bâtiments historiques, et une identité à une ville qui porte encore les stigmates d’un passé douloureux (la ville fut quasiment détruite lors de la première guerre mondiale). Le réseau viaire a été également modifié, avec la création d’une rue de desserte pour les commerces et des trottoirs élargis (à huit mètres en moyenne) et plantés. Autant d’aménagements qui favorisent désormais un meilleur partage de l’espace public et l’ouvrent à des usages moins routiers.

« Le projet devait d’abord résoudre la question de l’échelle de ce site surdimensionné par rapport au centre-ville. Notre proposition a consisté à le fragmenter en plusieurs lieux ayant leurs morphologies propres, en nous appuyant sur les anciens tracés et l’histoire mouvementée d’Armentières », expliquent les paysagistes Anne-Sylvie Bruel et Christophe Delmar. Symbolique et institutionnelle, la place Charles-de-Gaulle, qui accueille l’un des plus grands marchés de la région, évoque les grandes places des villes de Flandres, comme Arras ou Bruges… C’est un parvis minéral et unitaire dans le traitement de son sol, qui se décline en plusieurs entités : le stationnement et les terrasses de café en partie haute, les fontaines face à la mairie, et le monument aux morts à l’autre extrémité, placé dans un quinconce d’arbres qui ont remplacé le carrefour giratoire. En contrepoint, sur la façade opposée, la place Saint-Vaast est une grande plaine engazonnée propice aux jeux, fêtes et cirques. Le Vivat, scène conventionnée d’Armentières, et l’église voient aussi leurs contours redéfinis : parvis-terrasses et stationnement côté église, jardin de quartier côté Vivat.

Une géométrie dictée par l’ancien lit de la Lys

Dans ce grand remaniement, le nivellement joue une partition importante, dessinant des places tantôt en creux ou en relief, reliées par des emmarchements et des rampes. « Ce nivellement est au service d’une stratégie de reconquête urbaine globale qui révèle la pente naturelle, du centre-ville vers la Lys, une rivière qui avait été comblée et évoluera en coulée verte », ajoutent les paysagistes. C’est aussi le tracé de la Lys qui dicte la géométrie d’une rue qui lui est parallèle, et de trois rampes perpendiculaires pour les piétons et cyclistes. Celles-ci rétablissent des continuités entre le centre et la future coulée verte, et mettent en évidence le parcellaire issu de l’ancien lit et de ses méandres.
Les paysagistes ont choisi un vocabulaire simple et intemporel, recourant à de grandes dalles de granit rainuré pour le revêtement des places, et à des pavages de petit format pour les lieux plus quotidiens – trottoirs, stationnement, voirie… Idem pour les structures végétales, avec des essences d’arbres d’alignement qui accompagnent le nouveau maillage et des essences de bords d’eau (aulnes, saules blancs, tilleuls…) en cépée qui rejoignent l’ancienne rivière. Le mobilier urbain est réduit à l’essentiel, grâce notamment au nivellement qui empêche le stationnement sauvage sans recourir aux potelets ou chasse-roues. Juste quelques bancs ici et là, en monolithes de pierre, pour garder lisibles les proportions de ces nouvelles places.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Lille Métropole Communauté Urbaine ; Ville d’Armentières. Maîtrise d’œuvre : Atelier de Paysages Bruel Delmar, paysagistes mandataires, Benoît Daudel, chef de projet ; Urbatec, BET VRD ; Guy Pilet, concepteur lumière ; ETC Philippe Massé, BET circulation. Montant des travaux : 11 millions d’euros (dont 1 655 000 euros de la Ville). Entreprises : VPN, Eiffage TP, voiries et pavage ; Ramery TP, maçonnerie et fontainerie ; Jarbeau, plantations ; Delec, éclairage.

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