Enjeux

Des petites entreprises encore convalescentes

Mots clés : Démarche environnementale - Logiciels - Outils d'aide - PME - Risque sanitaire

Une étude de KPMG souligne la santé toujours fragile des PME et révèle leur position attentiste face au label RGE et au BIM.

Huit ans de crise laissent des traces que ne suffisent pas à effacer quelques trimestres d’amélioration. C’est la conclusion que l’on peut tirer de l’étude que publiera le cabinet de conseil KPMG, dans le courant du mois de janvier, sur les entreprises de moins de 50 salariés du bâtiment.

Premier enseignement, la perception de la reprise reste très modérée dans ce tissu économique. Pour 47 % des entreprises interrogées, l’activité du secteur est stable, alors que 25 % seulement la perçoivent en augmentation et 27 % en diminution. Les ordres de grandeur sont similaires sur l’évaluation du carnet de commandes (voir ci-contre) . Et, si la trésorerie se porte plutôt mieux, les sondés ne prévoient à 60 % qu’une stabilité pour les six prochains mois.

Frilosité sur le terrain de l’emploi. Des résultats en demi-teinte par rapport au climat de franche reprise qui domine dans le BTP. Mais les entreprises les plus petites ne sont pas les premières concernées par l’embellie de la promotion immobilière, en particulier dans le logement collectif. Autre facteur qui pourrait expliquer les données de KPMG, le décalage entre d’un côté les autorisations et les commercialisations au beau fixe, et de l’autre la concrétisation des chantiers, notamment pour les entreprises du second œuvre qui ne devraient bénéficier de ces opportunités que dans le courant de l’année prochaine. Cette situation d’attente se retrouve sans surprise dans l’emploi. Les intentions d’embauche dans les douze prochains mois restent faibles, et les chefs d’entreprise interrogés plébiscitent l’apprentissage et les contrats aidés plutôt que les CDI et même les CDD.

L’étude ne porte pas que sur des questions de conjoncture économique, mais s’intéresse aussi à des problématiques d’actualité. Sur le tiers de l’échantillon qui s’est qualifié RGE, 68 % estiment que cette démarche n’a eu aucun impact sur leur carnet de commandes, marquant un certain scepticisme sur l’utilité de la démarche. Il faut dire que des paramètres extérieurs, notamment la baisse brutale des cours du pétrole et donc du prix du fioul, ont plombé ces dernières années le marché de la rénovation énergétique, pour lequel RGE a été conçu.

Désintérêt pour le BIM. Autre dossier que beaucoup dans la filière estiment central, le building information modeling (BIM). Là encore, la perception des petites entreprises est bien différente. Seul un tiers des patrons interrogés en a entendu parler. Et, chez ces derniers, seuls 19 % estiment que l’intégration du BIM à leur activité sera nécessaire d’ici à moins de deux ans. 27 % l’envisagent plutôt à un horizon de deux à cinq ans, 17 % d’ici à plus de cinq ans, et 33 %… jamais ! Néanmoins, le degré de connaissance et d’intérêt pour le BIM est plus fort chez les entreprises ayant le plus d’effectifs, celles qui travaillent plus souvent sur des marchés publics ou des bâtiments plus importants, avec des architectes et des bureaux d’études. Il est aussi plus net chez les jeunes et dans les professions plus sensibilisées au digital, dont les menuisiers qui utilisent depuis plusieurs années des machines à commande numérique.

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