Technique et chantier

Des pelles sur pneus au profil innovant

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Produits et matériaux

Travaux urbains. Primée lors de la Bauma, la Mecalac MWR, encore à l’état de prototype, sera déclinée en plusieurs modèles de 5 à 12 t.

Les prix de l’Innovation décernés par la Bauma  le grand salon munichois des engins de chantier  sont d’un chauvinisme légendaire. Mais cette édition 2016 a souffert une exception en désignant le français Mecalac parmi les six gagnants. Celui-ci a reçu le prix du Design 2016 pour sa MWR : une pelle sur pneus à l’architecture innovante. Il faut dire que ce prototype tranche radicalement avec ce que proposent les autres constructeurs. Toutes les pelles sur pneus admettent un même problème : pour laisser le débattement nécessaire à l’oscillation des ponts, leur tourelle est placée en hauteur sur une couronne surélevée, ce qui a pour conséquences d’élever le centre de gravité et de déstabiliser la machine. Pire : la cabine n’est pas au centre du châssis mais déportée vers l’avant, ce qui oblige, pour y accéder, à adopter des positions acrobatiques, au risque de poser le pied sur un pneu glissant. On se souvient qu’en novembre 2015, lors d’une « journée des matériels », la Fédération nationale des travaux publics avait interpellé les fabricants de pelles sur pneus à ce sujet, leur distribuant même une affiche dénonçant la dangerosité inhérente à ces machines. Pour résoudre ces problèmes, Mecalac a cherché un moyen d’incruster la couronne de rotation à l’intérieur du châssis. Une idée simple aurait été d’écarter les ponts, donc d’allonger le châssis. « L’empattement de notre prototype est de 2,40 m, comme celui des pelles sur pneus classiques », signale Patrick Brehmer, responsable produits chez Mecalac. Ce dernier s’est inspiré du châssis des chariots télescopiques et, surtout, a taillé la tourelle en biseau pour laisser de la place aux roues et à l’oscillation des ponts. En outre, le réservoir à carburant descend dans le châssis pour pouvoir être rempli depuis le sol. « Cela a constitué un point techniquement difficile à cause du joint tournant. D’ailleurs, c’est ce composant qui nous a empêchés d’enfoncer la tourelle plus profondément encore », explique Patrick Brehmer pour qui la bonne hauteur d’une cabine est celle qui permet de voir au-dessus des ridelles d’un camion. De plus, les marchepieds sont enfin dans l’axe de la portière, ce qui permet d’accéder à la cabine sans avoir à se contorsionner. L’équipement, lui, est propre à Mecalac, avec un vérin de flèche en position inversée, une volée variable et un déport en haut de flèche. À noter la présence de la toute nouvelle attache rapide mécanique de Mecalac : la Connect. Cette étude a donc donné naissance à un prototype qui ne sera commercialisé qu’en 2017. Mais pas seul ! « L’idée est de sortir d’un coup une gamme de 5 à 12 t », dévoile Mecalac. Ces machines trouveront en face d’elles l’Hydradig de JCB, une pelle sur pneus, elle aussi au design révolutionnaire, dévoilée lors de la Bauma 2016 mais qui, pour l’instant, existe en un seul modèle de 11 t. Il est évident que les acheteurs de pelles sur pneus vont regarder avec grande attention ces nouveaux modèles qui répondent – enfin – à leur demande. Et il est probable que d’autres fabricants les imitent, si les brevets déposés par les deux précurseurs le leur permettent…

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