Architecture Technique Rénovation énergétique

Des outils pour convaincre les particuliers

Mots clés : Efficacité énergétique

Les industriels misent sur l’interactivité afin d’offrir un diagnostic plus performant.

La rénovation thermique des logements, l’un des thèmes de Batimat 2015, est aussi l’une des priorités de la Loi de transition énergétique (LTE) pour la croissance verte adoptée par les députés le 22 juillet dernier. Pour le résidentiel privé, tous les bâtiments dont la consommation est supérieure à 330 kWhep/m².an devront être rénovés avant 2025. La loi impose également « d’embarquer » la performance énergétique à chaque fois que des travaux importants sont réalisés, comme un ravalement de façade ou une réfection de toiture. Une priorité que les exposants de Batimat gardent à l’esprit. « Tout l’enjeu est d’aider les particuliers à prendre la décision », estime Jean-Christophe Visier, directeur du département Energie et Environnement au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) (hall 5A, stand H59). Dans ce but, l’organisme public mise sur le numérique et vient donc de mettre au point deux applications en partenariat avec des start-up. La première, baptisée Adrien, est en ligne sur le site web de Direct Energie. Elle sert à réaliser un diagnostic simple à partir d’un questionnaire qui sensibilise déjà aux économies d’énergie, puis propose trois solutions, de la plus standardisée au sur-mesure, avec une estimation du budget. « L’innovation tient à l’utilisation d’outils de simulation très performants et au soin accordé à l’interface de saisie des données afin qu’elle soit compréhensible par un particulier », précise Lionel Bertrand, responsable de la division Innovation & Développement au sein de la direction Energie et Environnement du CSTB. L’organisme finalise par ailleurs une autre application, Smart Diag, avec la start-up nantaise Energie Perspective, dont le but est, là aussi, d’inciter les particuliers à entrer dans une démarche de rénovation globale.

Des applis de diagnostic thermique.

Les industriels de la construction veulent séduire le grand public et recourent eux aussi au digital. Weber, par exemple, spécialiste des mortiers et des colles au sein du groupe Saint-Gobain, a lancé trois applis cette année. Weber Design permet aux particuliers de tester différentes finitions et les 252 teintes de la marque sur les façades de leur maison. Plus technique, l’appli WeberEco-ITE est réservée aux partenaires façadiers, pour lesquels elle constitue une aide à la vente. « Il s’agit de réaliser un diagnostic complet du logement grâce à un questionnaire sur tablette », précise Jérôme Sens, chef de marché façade chez Weber. Ce diagnostic peut ensuite être complété par Webertherm-études : une fois transmises les photos des façades accompagnées d’une mesure de référence, le professionnel du réseau reçoit par mail sous 72 heures un plan de calepinage, la liste des fournitures nécessaires pour chaque poste et un devis prérempli. Depuis le lancement de cette dernière application en mai dernier, une poignée de contrats a été signée.

C’est peut-être la raison pour laquelle Optiréno a choisi une démarche différente afin de s’adresser aux particuliers. Si la société a été créée pour réaliser des travaux de rénovation thermique dans les logements, force est de constater que « dans la majorité des cas, les projets ne démarrent pas avec cette exigence », constate Corinne Blanc, présidente de l’entreprise. En effet, les demandes concernent d’abord des extensions, des surélévations, des rénovations lourdes ou des agrandissements. « Et dans 80 % des cas, nous réussissons à ajouter le volet économie d’énergie », ajoute-t-elle, en précisant que le panier moyen représente un budget de 80 000 euros. L’isolation reste l’élément clé avec une règle : « isoler au mieux avec un matériau d’une épaisseur optimale à un prix raisonnable », résume la chef d’entreprise. Optiréno utilise ainsi la laine de verre GR 32 d’Isover pour sa conductivité thermique (lambda) de 0,032 W/m.K ou la fibre de bois Pavaflex (lambda : 0,040 W/m.K) de Pavatex (hall 5A, stand N174). Enfin, dernier élément clé, le gain sur les travaux doit pouvoir être mesuré et les économies suivies dans le temps. C’est pourquoi Optiréno préconise l’utilisation de thermostats connectés, tel Qivivo (hall 3, stand G66) ou Dombox, tandis que le CSTB travaille à la mise au point d’outils de vérification des performances intrinsèques du bâtiment.

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« La rénovation des logements est un processus de long terme »

La rénovation énergétique concerne 30 millions de logements en France. Au rythme de 500 000 rénovations par an, le processus prendra soixante ans. C’est long, mais le bâtiment a déjà connu une évolution similaire. Après-guerre, 20 % des logements disposaient de WC à l’intérieur, de salle de bains et de chauffage. Considérés à l’époque comme luxueux, ces éléments font partie du standard aujourd’hui. Leur absence engendre une réelle perte de valeur.

Jean-Christophe Visier, directeur du département Energie et Environnement au CSTB.

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