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Des menuisiers s’associent pour « chasser en meute »

Mots clés : Concurrence - Menuiseries

Le cluster Menuiserie Avenir mène des actions communes pour résister à la concurrence venue de l’est.

Les temps changent. Il y a une dizaine d’années, pour faire face à leurs difficultés de recruter, les menuisiers industriels de la région Pays de la Loire se regroupaient en association. Aujourd’hui, dans un esprit « cluster », la trentaine de membres de Menuiserie Avenir – qui représentent 30 % du marché national – entendent se servir de cette association pour passer à l’offensive, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. « Nous allons chasser en meute », résume Denis Gouy, directeur général du groupe Huet et président de Menuiserie Avenir.

Une baisse de 25 % depuis 2011.

Un sursaut qui s’explique par la situation préoccupante du secteur. « En 2011, on comptait 12 millions de fenêtres posées en France. Aujourd’hui, nous en sommes à 9 millions, dont 1 à 2 millions sont importées », explique Françoise Clair, déléguée générale de l’association. Et Denis Gouy de préciser : « Nous pensions être protégés par le sur-mesure mais, sur ce créneau aussi, des pays comme la Pologne arrivent avec des produits moins chers et de qualité. » Selon Thierry Desfossés, directeur général de Minco, « la part des importations représente aujourd’hui 12 à 13 % du marché avec une forte hausse en provenance de Pologne depuis deux ans ».

Pour contrer cette offensive, chaque industriel y va de sa recette en mettant l’accent sur l’industrialisation et le développement du service. Entre eux, la concurrence reste de mise mais elle n’empêche pas des collaborations naissantes, en matière de recherche et développement – au sein de la plate-forme régionale d’innovation Bois HD – et de logistique. « Aujourd’hui, chacun de nous livre ses produits sur des palettes qui sont brûlées en fin de circuit. Mais nous sommes en train de créer un contenant standard qui sera associé à une filière logistique d’aller et de retour », annonce Denis Gouy. Le matériau utilisé reste top secret mais un prototype est sur le point d’être finalisé. Les industriels espèrent pouvoir lancer ce service avant la fin de l’année. Autre piste de collaboration : une mutualisation des services après-vente.
En attendant, des actions sont mises en place à l’export où les Français brillent par leur absence. Pour des facilités de langue et de réglementation, l’association porte ses premiers efforts sur des pays du Maghreb (Maroc, Algérie) et de l’Afrique francophone (Sénégal, Côte d’Ivoire). Six industriels ont construit une offre de produits complémentaires pour l’hôtellerie, le tertiaire spécialisé et le collectif haut de gamme. Un catalogue a été édité et, en mars, les industriels se sont rendus au Maroc pour une première mission de prospection organisée par la Chambre française de commerce et d’industrie basée à Casablanca. « Nous espérons développer ce type de mission », ajoute Denis Gouy en évoquant le Benelux, mais aussi les pays d’Europe de l’Est et, pourquoi pas, la Pologne.

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