Régions Bouches-du-Rhône

Des idées à creuser pour la mine de Gardanne

A l’arrêt depuis 2003, l’ancienne mine de Gardanne (Bouches-du-Rhône) est en pleine reconversion. Le site accueille notamment une centrale biomasse (à charbon à l’origine) d’une puissance de 150 MW. Elle est censée fournir à terme 6 % de la production d’électricité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en consommant 850 000 tonnes de bois par an, avec pour moitié des déchets, pour moitié du bois issu de coupes forestières. Mais l’autorisation d’exploitation, accordée en 2012 par le préfet des Bouches-du-Rhône, a été annulée le 7 juin dernier par le tribunal administratif de Marseille. Le juge a estimé que son exploitant, le groupe allemand Uniper, n’avait pas suffisamment évalué son impact sur les forêts du Sud-Est.

Ce projet contesté n’empêche pas d’autres de naître. Ainsi, intervenant dans le cadre d’une concession d’aménagement pour le compte de la commune propriétaire des bâtiments, la société d’économie mixte d’aménagement de Gardanne et sa région (Semag) compte créer 80 000 m2 SP d’ici à 2020 sur le site de 14 ha. Elle table sur plusieurs atouts : une situation au cœur de la métropole Aix-Marseille Provence (AMP), la proximité des autoroutes et de la gare TGV d’Aix-en-Provence, et un pôle multimodal opérationnel en 2019.

Créer de nouveaux emplois. « Nous privilégions les activités industrielles et les technologies innovantes, des énergies vertes à l’écoconstruction en passant par l’économie sociale et solidaire. Les projets doivent être nouveaux ou constituer des extensions d’activités existantes, car il s’agit de créer de l’emploi », rappelle Nicolas Fortuit, directeur de la Semag. L’opération s’inscrit dans une dynamique déjà ancienne concrétisée par la création d’une pépinière d’entreprises (une centaine de salariés pour 17 start-up) dans l’ancien hall des mineurs et l’installation de l’unité territoriale après-mine du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans le bâtiment du Parc. A partir du plan-masse dessiné en 2007 par l’urbaniste Guy Malot, la SEM souhaite créer un nouveau modèle de zone d’activités pour lequel elle recherche la labellisation « écoquartier ».

A l’est, l’ancien carreau minier doit accueillir des ateliers et des laboratoires. A cet effet, la Semag vient de lancer un appel à projets « promoteur-concepteur » pour développer 12 000 m2 SP en entrée de site. A l’issue d’un dialogue compétitif, le lauréat devrait signer à la fin de l’année un compromis de vente. « Nous vendrons de la charge foncière à 100 euros/m2. Nous demandons des clauses d’insertion sociale, un loyer modéré, de la qualité architecturale. Les futurs bâtiments seront l’une des pièces du renouvellement urbain de l’entrée ouest de Gardanne », précise Nicolas Fortuit.

Restaurant panoramique et cité des sciences. A l’ouest, dans la partie boisée, s’implanteront des bureaux, des services et un hôtel. La Semag n’a pas abandonné l’idée de créer au sommet du puits Yvon-Morandat un restaurant panoramique, dont elle étudie le montage financier. Elle compte ensuite transformer l’ancien vestiaire des mineurs en un centre de culture scientifique technique et industriel (CCSTI). L’intérêt métropolitain de l’équipement (4 000 m2 SP), inspiré de la Cité des sciences à Paris, devrait être voté cet été par AMP.

Alors que s’achève la première tranche des travaux de viabilisation, la SEM va signer avant l’automne des compromis de vente pour l’équivalent de 4 200 m2 SP. S’y ajoutent les 5 000 m2 SP occupés par la future usine de Steripure, société spécialisée dans la stérilisation de produits secs à haute pression, qui a obtenu le permis de construire. Au total, 100 M€ d’investissements publics et privés devraient être ainsi mobilisés.

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La Semag mise sur les énergies renouvelables pour booster l'activité

La Semag est propriétaire d’une installation de stockage de déchets non dangereux d’une capacité de 53 000 tonnes, également dotée d’une unité de valorisation électrique et thermique des biogaz. Gérée avec Dalkia Biogaz, elle représente 10 % de la production d’électricité de Gardanne (20 000 habitants).

A la suite d’un appel à concurrence, la Semag réitère son partenariat avec Dalkia pour gérer la nouvelle société Energie solidaire. Les deux actionnaires détiennent respectivement 76 % et 24 % du capital de 1 million d’euros de cette SAS qui doit porter des projets d’énergies renouvelables. Parmi ceux-ci figure la valorisation géothermique des eaux d’ennoyage du puits Morandat. La moitié de l’énergie utilisée pour pomper cette eau sera produite par environ 3 000 m2 de panneaux photovoltaïques. Le montant de l’investissement s’élève à 4 millions d’euros.

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