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Des espaces ouverts au cœur des tours d’habitation

L’habitat prend de la hauteur. Si l’ampleur de ce mouvement ascendant reste difficile à évaluer, le phénomène est indéniable. Ces dernières années, la tour de logement a grignoté une part de la suprématie de la tour de bureau. D’après le CTBUH (1), 16 des 97 tours de plus de 200 m livrées dans le monde en 2014 sont des tours de logements – un record -, 39 sont des tours de bureaux, et 36 sont des tours d’usage mixte, incluant une part d’habitat. À New York, ce sont désormais des tours résidentielles qui crèvent le skyline : la One57, livrée en 2014 (Christian de Portzamparc, architecte), qui culmine à 306 m, a été dépassée depuis peu par la tour du 432 Park Avenue (Rafael Viñoly, architecte) avec 420 m de hauteur. Celle-ci restera la plus haute tour résidentielle du monde jusqu’en 2018, date programmée pour la livraison de la Nordstrom Tower (Smith/Gill Architectes), superposant 93 niveaux sur 470 m. D’autres projets sont en cours à Vancouver, Edmonton, Toronto, Miami, Boston, San Diego, sans oublier la terre d’invention du gratte-ciel, Chicago. Le promoteur chinois Wanda Group a déboursé 900 millions de dollars pour construire la tour Wanda Vista, un ensemble mixte de 88 niveaux – chiffre porte-bonheur – le long de la Chicago River. Mais si la tour est bien née aux États-Unis, c’est désormais l’Asie, qui concentre 86 % des tours de plus de 200 m, qui est sa terre de prédilection.

Une juste hauteur ?

À travers la construction haute, qu’elle soit résidentielle ou tertiaire, c’est implicitement le dynamisme d’un continent ou d’une ville que l’on juge. Mais les tours One57 ou 432 Park Avenue, qui dominent New York, sont-elles des tours d’habitat ou des produits d’investissement empilant des placements financiers plutôt que des lieux de vie ? Car les prix de vente sont aussi vertigineux que la vue depuis le penthouse : un appartement occupant tout le 94e étage de One57, à 300 m de hauteur, est à vendre pour la somme de 82,5 millions de dollars auxquels s’ajoutent 16 000 dollars de charges mensuelles (2). Une partie des acheteurs ne vise que la revente, ainsi que le révélait le New York Times récemment (3). Les tours réellement habitables se situent entre 150 et 260 m de hauteur, ce qui semble représenter un optimum, du point de vue de l’économie des structures et de l’usage. L’ouverture des fenêtres et l’ajout d’espace extérieurs sont alors possibles, la sensation de vertige et la vitesse du vent restant supportables. Herzog & de Meuron ont en projet le 404 One Park Drive, un immeuble résidentiel de 57 étages – environ 200 m -, qui prendra place au milieu d’un développement mixte de tours tertiaires et d’habitat à Canary Wharf (Londres). OMA vient de remporter le concours pour la construction des Norra Tornen, deux tours de 120 et 104 m à Stockholm. Les balcons sculptent la silhouette de ces fausses jumelles qui seront les troisième et quatrième bâtiments les plus hauts de la capitale suédoise. Si ces opérations ne relèvent plus strictement du luxe, elles ne sont pas non plus à classer dans l’habitat populaire. La signature des architectes indique que, même d’une hauteur...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 240 du 11/03/2015
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