Métier

Des coffrages perdus… et du temps gagné

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

La jeune pousse Smart Cast fabrique des coffrages évolués dont l’utilisation permettrait de réduire les délais de chantier.

Mâcher le travail aux entreprises de second œuvre sur les chantiers de logements collectifs et individuels : c’est la raison d’être de la solution proposée par la société Smart Cast, installée à Nantes et fondée en 2015 par Augustin Masurel.

En effet, sur ces opérations, l’intervention des différents corps d’état techniques se déroule rarement en bonne intelligence. Elle est donc source de problèmes techniques et d’allongement de la durée du chantier.
Augustin Masurel est bien placé pour connaître ce genre de désagréments : il a travaillé cinq ans chez Norpac (Bouygues Construction) en tant qu’ingénieur travaux sur des projets de collectif neuf. « Le manque de collaboration entre les différents lots est très fréquent, explique-t-il. Chacun fait son travail dans son coin et cela aboutit à des problèmes d’interface : il manque un outil pour mettre tout cela en musique. »
Cet outil, il a voulu l’imaginer, estimant que les méthodes actuelles de travail ne tiraient pas assez parti des technologies modernes. Cela a donné Smart Cast, à savoir la conception et la production de coffrages perdus utilisés dans le coulage en place de dalles en béton. Principal avantage de cette invention couverte par deux brevets : ces coffrages, en matériau composite novateur, sont prédécoupés selon les besoins des différents réseaux à placer dans la dalle ; par ailleurs, sur ces coffrages sont imprimés en couleur les positionnements des réseaux, en exploitant les plans du bâti en 2D ou 3D.

Des avantages en termes de pénibilité.

Autre atout de son procédé : la suppression de plusieurs tâches pénibles, comme le décoffrage (puisqu’il s’agit de coffrages perdus), le ponçage et l’enduisage des plafonds (avec le procédé Smart Cast, les plafonds sont directement prêts à peindre) ou le ragréage avec du ciment. Les retours d’expérience de quelques chantiers expérimentaux, encore en cours, réalisés avec Bouygues, semblent positifs. « Le procédé fonctionne bien, explique Augustin Masurel. Mais les conducteurs de travaux attendent d’évaluer son avantage économique sur la globalité d’un chantier. Le gain est indéniable, mais il est pour le moment difficile de le quantifier. » Sur le site Internet de la start-up, les chiffres évoqués annoncent une économie de 10 euros/m² et un gain de temps global sur le chantier de l’ordre de 15 %.

Augustin Masurel fabrique pour le moment ses coffrages de manière artisanale, grâce à une machine spécialement dédiée à son procédé. Son « grand projet », à présent, est de mettre sur pieds une ligne de production de plaques, avec impression et découpage automatisés. Smart Cast, qui a notamment remporté le concours Domolandes et le trophée « Entrepreneur » de « l’Usine nouvelle », vient de réaliser une levée de fonds de 200 000 euros et compte en réaliser une nouvelle l’an prochain. Un ingénieur devrait être prochainement embauché, s’ajoutant aux quatre collaborateurs actuels. L’avis technique auprès du Centre scientifique et technique du bâtiment est en cours d’obtention, et le jeune entrepreneur espère pouvoir commercialiser sa solution en octobre. Histoire de remettre un peu d’ordre sur les chantiers de logement.

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2015 Création de la société.
200 000 euros Levée de fonds.
– 15 % Avantage estimé en durée de chantier.

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L’avis de notre expert

Prometteuse. « Je vois deux atouts au procédé de Smart Cast. Le premier, c’est que son fondateur l’a imaginé en partant de son expérience du chantier. Cette innovation est donc plutôt simple à mettre en œuvre. Et elle s’intégrera parfaitement à la maquette numérique, qui va prendre de plus en plus d’importance. L’autre avantage, c’est que Smart Cast permet de diminuer la pénibilité sur les chantiers, principalement en supprimant la tache du décoffrage. Pour autant, reste à savoir si cette innovation sera pérenne. Et, si elle l’est, il faudra veiller à ce qu’elle profite à tous et notamment aux PME. »

Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

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