Architecture Technique Musée

Des « chapelles » en souvenir de 1914-1918

Mots clés : Béton - Établissements de culte, funéraire - Manifestations culturelles - Musées - galerie

A Souchez (Pas-de-Calais), l’histoire de la Grande Guerre est retracée à l’intérieur de six volumes de béton noir brillant.

Au pied de Notre-Dame-de-Lorette, à Souchez, le centre d’interprétation « Lens’ 14-18, Centre d’histoire Guerre et Paix » permet, depuis début juin, de découvrir le premier conflit mondial dans le Nord-Pas-de-Calais. A travers ses expositions, ce nouveau musée retrace notamment la vie des 580 000 soldats morts dans la région, dont les noms figurent, à quelques pas de là, sur l’Anneau de la mémoire conçu par Philippe Prost. « L’Anneau représente une mémoire ouverte. Ici, on enferme le souvenir, on le dramatise », explique Pierre-Louis Faloci, architecte des lieux. Le centre est constitué de socles horizontaux, architecturaux ou paysagers, répartis sur le terrain en pente. Le visiteur, garé en contrebas, est peu à peu préparé à « l’impression émouvante » dont l’architecte a voulu imprégner ses « chapelles », six cubes bâtis en béton. Il rejoint ensuite un chemin de mémoire pour gravir la « colline sanglante » de Notre-Dame-de-Lorette.

Une atmosphère de recueillement.

Les trois parkings sont cernés d’ifs taillés à la Le Nôtre qui, dans quelques années, dissimuleront les voitures en dessinant des « boîtes végétalisées ». « Les visiteurs entrent dans une pièce végétale, antichambre paysagère du musée », souligne Pierre-Louis Faloci. Sur le chemin menant au centre, les rampes pour handicapés qui longent les murs en béton forment autant de métaphores des tranchées. Les 1 100 m2 du musée réunissent un accueil, un espace polyvalent et quatre espaces muséographiques : autant de volumes autonomes en béton noir poli brillant teinté dans la masse. « Le noir s’accorde bien avec la nature. Il renvoie à la noirceur de la guerre et à la boîte noire photographique », explique Pierre-Louis Faloci. Films et photos du monde entier sont en effet au cœur de la scénographie. « L’éclatement de la boîte noire est l’un des thèmes majeurs du dispositif permettant de sculpter la lumière. » En entrant dans le centre, le visiteur se retrouve dans la pénombre, dans une atmosphère de recueillement tout juste allégée par quelques percements ménagés dans les parois, des vues cadrées avec précision sur les éléments forts du paysage.

Dans un second temps, l’ancien Centre européen de la Paix, tout proche, accueillera les expositions temporaires après sa rénovation (livraison courant 2016). Cette fois-ci, la couleur blanche prédominera.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Communauté d’agglomération de Lens-Liévin. Maîtrise d’œuvre : Pierre-Louis Faloci, architecte (architecture, paysage et muséographie). BET : Igrec (TCE), Acoustb (acoustique). Principales entreprises : Miroux (gros œuvre), Coexia Enveloppe (étanchéité), PMN (menuiseries extérieures). Surface : 1 100 m2 Shon. Coût : 5,6 M€ HT (y compris les aménagements et la scénographie).

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X