Technique et chantier

Des camions vibreurs échographient la ville de Strasbourg

Mots clés : Energie renouvelable - Travaux publics

Génie civil. Des moyens d’exploration géologique importants ont été déployés dans la ville pour cartographier le potentiel géothermique du sous-sol.

Le sous-sol de Strasbourg, situé sur une faille géologique, n’est plus une terra incognita pour les spécialistes. La société Fonroche Géothermie a récemment entrepris une campagne de mesures complémentaires afin d’établir une cartographie plus précise du sous-sol profond, jusqu’à − 4 000 m. Ces dernières doivent confirmer le potentiel géothermique − une ressource encore peu exploitée en France − en vue d’une future production d’électricité et de chauffage. Les mesures sont effectuées par l’entreprise allemande DMT, à travers vingt communes de l’agglomération, par une flotte de véhicules Mertz qu’il est rare de voir circuler en centre-ville ! Plutôt habitués aux opérations d’exploration pétrolière dans les déserts, ces véhicules tout-terrain, d’un poids total de 18 600 kg, sont capables d’atteindre 20 km/h grâce à leur châssis de type buggy et à une transmission hydraulique permanente. Dotés d’une unité de positionnement GPS précise et équipés d’un vibrateur M12, également fabriqué par Mertz, d’une force de 133,5 kN, ils frappent le sol en y émettant une vibration dont les échos sont ensuite captés et analysés finement. Cette « échographie terrestre » est obtenue par un convoi de quatre camions à la queue leu leu dont les plaques sont mises en contact avec le sol durant 10 à 20 s tous les 50 m. L’intensité de la vibration tient compte de l’environnement naturel et urbanistique, pour éviter de provoquer des dégâts dans les vaisseliers alentour… La fréquence est ultrarapide, de l’ordre de la milliseconde. Pour l’analyse des données, les ondes terrestres sont mesurées à l’aide d’un maillage de capteurs conçus et fabriqués par DMT lui-même, préalablement disposés à intervalles réguliers le long du parcours et connectés entre eux par câble pour une circulation plus rapide et plus sûre des signaux et une alimentation électrique du réseau. Les données ainsi recueillies sont centralisées dans un camion-laboratoire qui fait aussi office de bureau mobile. Elles y sont stockées et nécessiteront ensuite six mois de traitement et d’interprétation. Les premières données recueillies offrent « plutôt de bonnes surprises », affirme Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie. Prochaine étape : une foreuse géante au cœur de la ville ?

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