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Des camions sans conducteur

Mots clés : Informatique - Innovations

Innovation. Scania fait circuler des camions guidés par ordinateur dans une carrière suédoise. Une expérimentation destinée à vérifier la faisabilité du système.

« Möjligt ! »  « c’est possible ! » en suédois : c’est la conclusion à laquelle sont parvenus le fabricant de poids lourds Scania, l’Agence suédoise pour la recherche et l’innovation Vinnova et plusieurs universités scandinaves. L’objet de leur recherche : faire circuler des camions sans conducteur dans une carrière. Scania est allé jusqu’à dessiner un prototype de véhicule sans cabine qu’il n’a pas fabriqué, menant ses essais avec des véhicules de son catalogue, en l’occurrence un 8×4 et un 6×2, auxquels il n’y a pas eu grand-chose à ajouter… Après tout, ces camions de dernières générations sont déjà équipés d’un régulateur de vitesse, d’une boîte automatique robotisée, d’un ralentisseur et d’un freinage contrôlés électroniquement… Ce qui leur manque, c’est la perception de leur environnement et la connaissance de leur mission. Pour l’aspect sensoriel, les Suédois ont utilisé une caméra stéréoscopique numérique dotée d’un système de reconnaissance visuelle. Celui-ci est relativement simple : il doit reconnaître la piste et ses bas-côtés, ce qui ne pose pas de grosses difficultés de modélisation. À cela s’ajoute une batterie de six radars courte et moyenne portée qui repèrent tous les objets, quels qu’ils soient. C’est là le cœur du système… « L’autonomie et la connectivité vont de pair », rappelle Claes Erixon, vice-président de Scania, en charge de la recherche et du développement. Toutes les informations sont transmises vers un ordinateur qui compare les objets détectés avec ceux d’une cartographie numérique du site, et répond immédiatement au véhicule pour lui dire si ce qu’il a repéré est normal (un arbre, un poteau…) ou pas (un piéton ?). Cette centralisation des informations se fait dans une véritable tour de contrôle où un humain assigne à chaque véhicule les tâches à effectuer. Bref, un homme dirige une flotte de véhicules autonomes à l’aide d’un écran tactile. De tels systèmes sont déjà opérationnels dans de grandes mines d’Australie où des dizaines de tombereaux rigides tournent 24 heures sur 24. Scania l’adapte à une carrière plus modeste, de la taille de celles que nous avons en France. Est-ce pertinent ? On peut en douter car les salaires des 3 ou 4 conducteurs de camions ne pèsent pas grand-chose dans les coûts d’exploitation d’une carrière. D’ailleurs, Scania n’évoque absolument pas une commercialisation de ce système. Il prouve juste que « Möjligt ».

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