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Des calamars pour allumer les réverbères

Mots clés : Eclairage urbain - Mobilier urbain

Glowee mise sur la bioluminescence pour attaquer le marché de l’éclairage public.

C’est lors d’un concours étudiant, alors qu’elle suivait en 2013 des études de design, que Sandra Rey, cofondatrice de la Glowee, a découvert la bioluminescence (principe par lequel un organisme vivant produit et émet de la lumière sans avoir recours à l’électricité). La même année, la loi impose des restrictions, dans un souci d’économies d’énergie, sur l’éclairage nocturne des bureaux et commerces. Dans la mesure où la bioluminescence est un procédé écologique, la jeune étudiante fait le lien : pourquoi ne pas utiliser cette technique pour éclairer certaines vitrines de magasin la nuit ? En présentant son idée, l’équipe de Glowee décroche rapidement plusieurs distinctions (Elevator World Tour, prix Domolandes, Grand prix de l’innovation de la Ville de Paris…) En 2015, la start-up récolte aussi 41 000 euros sur la plate-forme de financement participatif Ulule et intègre 50 Partners, un incubateur d’entreprises innovantes basé à Paris.

Aujourd’hui, Glowee emploie une dizaine de personnes, dont la plupart passent le plus clair de leur temps dans un laboratoire de chimie. Le procédé est rodé : on récupère tout d’abord des bactéries bioluminescentes qui vivent en symbiose avec des calamars. La lumière créée par ces organismes est régie par un gène, correspondant à des fragments d’ADN qui sont alors insérés dans des bactéries communes. Il s’agit, ensuite, de cultiver ces micro-organismes « augmentés » afin de rendre plus performantes leurs propriétés bioluminescentes. « Nous ne développons pas un objet, mais une matière première qui permet d’obtenir une lumière très douce et colorée », explique Sandra Rey.
Après plus d’une année de travail en laboratoire, Glowee est en mesure de créer de la lumière pendant soixante-douze heures en continu. Le but est de parvenir, d’ici à la fin de 2016, à une durée d’un mois, ce qui correspond, aux dires de la start-up, au temps moyen de renouvellement d’une vitrine. « Cet objectif de marché de Glowee, les vitrines de petite dimension, semble réaliste », estime pour sa part Bruno Lafitte, ingénieur éclairage et environnement électromagnétique à l’Ademe.

Eclairer des jardins ou des chantiers.

Mais Glowee n’a pas que ce marché en ligne de mire. La société souhaite parvenir, en 2017, à une autonomie de six mois de lumière pour s’attaquer au marché de l’éclairage urbain. « Les collectivités sont intéressées par les économies d’énergie que rend possible notre solution, affirme Sandra Rey. Nous pensons donc à l’éclairage de monuments, de façades et au marché de la signalétique. Glowee pourrait aussi permettre d’éclairer des zones où il est trop coûteux d’installer l’électricité : jardins, parcs ou chantiers. » Pour parvenir à ses fins, la start-up s’est également donné pour objectif, cette année, de signer des contrats de codéveloppement avec des grands groupes.

Pour Bruno Lafitte, Glowee a plusieurs atouts à faire valoir. « Leur produit semble inscrit dans une logique de développement durable : ils ont réalisé un bilan carbone et une analyse du cycle de vie de leur produit, argumente-t-il. Par ailleurs, ils connaissent bien les contraintes de l’éclairage, ce qui n’est pas toujours le cas au sein des start-up présentes dans ce domaine. »

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10 salariés employés aujourd’hui par Glowee.
41 000 € levés en financement participatif.

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La note de notre expert

« Glowee se distingue par l’originalité de son projet et par son ambition. La start-up en est à un stade de développement très précoce, les risques restent élevés. Il faut notamment assurer l’intensité de la lumière et sa tenue dans la durée. Glowee devra continuer de nouer des partenariats, avoir un marché assez large pour rentabiliser son produit et attirer des investisseurs. L’autre inconnue est celle de l’industrialisation du procédé. L’événementiel sera probablement leur premier marché. C’est un beau projet, on a envie que ça marche ! »

Clément Fruchard, associé KPMG, juré du concours Tremplins Entreprises Sénat-Essec.

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