Régions Alsace-Bourgogne

Des bailleurs sociaux déterminés à construire, mais inquiets

Hôte du congrès de l’Union sociale pour l’habitat, tenu du 28 au 30 septembre à Strasbourg, l’Alsace en profite pour mettre en valeur la cohésion de l’Association régionale des organismes HLM d’Alsace (Areal). La détermination des organismes se heurte à la crainte de coups de ciseaux financiers, comme l’Office départemental de Saône-et-Loire en témoigne.

«Grâce à une couverture de la totalité de l’Alsace, la délégation des aides à la pierre a obligé l’ensemble des bailleurs à gérer leur parc en fonction d’une vision partagée du territoire », se réjouit Denis Rambaud, président de l’Association régionale des organismes HLM d’Alsace (Areal). Grâce à un stand de 40 m2 à l’entrée du parc des expositions, les congressistes sentiront la force de frappe des 32 bailleurs de 100 000 logements sociaux alsaciens, premiers donneurs d’ordre du bâtiment dans la région. Le 28 septembre, au cours d’une table ronde animée par « Le Moniteur », deux collectivités délégataires des aides à la pierre montreront comment se décline dans le Bas-Rhin le thème de l’accès au logement pour tous.

Personnes âgées : Herbitzheim montre la voie

Vice-président du conseil général, Alfred Becker témoignera du volontarisme de cette collectivité dans le domaine du maintien à domicile des personnes âgées : « L’approche réglementaire fondée sur l’aide à la personne a montré ses limites : les logements adaptés, adaptables ou accessibles ne constituent que 1,2 % du parc », remarque Rémi Trocmé, chargé de ce dossier.
Grâce à des conventions avec les organismes publics CUS Habitat, Opus 67 et Sibar, le département vise une traçabilité des travaux d’adaptation. Ces rénovations complètent les résidences seniors avec services, accessibles aux personnes âgées et démunies. Les trois premiers projets agréés se réaliseront sous maîtrise d’ouvrage d’Opus 67 à Monswiller et Obenheim, et de Domial à Kientzheim. Dans un bassin qui se distingue par une population plus âgée que la moyenne départementale, Herbitzheim a ouvert cette voie dès 2008 : faute d’organismes HLM volontaires, la commune d’Alsace bossue a assumé la maîtrise d’ouvrage de la résidence de 15 logements, auxquels s’ajoute celui du concierge et les locaux de l’infirmière.

Personnes démunies : Strasbourg change de braquet

Pour prolonger la démonstration territoriale de l’Areal, Philippe Bies, vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg, rappellera la spectaculaire montée en puissance de la production de logements très sociaux dans la capitale alsacienne : les prêts locatifs aidés d’insertion ont atteint l’an dernier 22 % d’une production de logements sociaux supérieure à 2000, au lieu de 8 % d’un total de 650 avant 2008. Le village de chalets d’Adoma a illustré cette année la volonté de résoudre le problème du logement d’urgence. Dans le cadre du programme d’intérêt général « Habitat durable », le logement d’insertion contribue à réduire la vacance dans le parc privé, grâce à des aides inversement proportionnelles aux revenus des locataires. Et la Ville a mis cinq immeubles de son patrimoine au service des plus démunis, à travers des baux emphytéotiques.
L’observation des prêts locatifs accordés par la Caisse des dépôts confirme cette mobilisation : « Avec 190 millions d’euros, l’Alsace enregistre une croissance de 20 % en 2009, contre 9 % de moyenne nationale », indique Gil Vauquelin, directeur de la banque pour le Grand Est. Pour maintenir ce cap en accentuant l’effort de maîtrise énergétique, la Caisse et l’Areal préparent pour l’après-congrès la signature d’une convention.

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Sonnette d’alarme en Saône-et-Loire

L’Opac de Saône-et-Loire conduira une délégation au congrès HLM pour exprimer son inquiétude face au projet du gouvernement de réduire l’aide à la pierre. Premier organisme de Bourgogne avec un parc de près de plus de 29 000 logements, l’office de Saône-et-Loire s’interroge au moment où il engage un programme d’investissement de 84 millions d’euros annuels. En plus de la rénovation des quartiers de Chalon-sur-Saône, Autun et Le Creusot-Montceau, l’adaptation des logements des locataires âgés et plusieurs projets d’habitat groupé en milieu rural mobilisent la trésorerie du bailleur. Dans son plan d’affaires à l’horizon 2015, l’Opac de Saône-et-Loire a prévu d’améliorer la performance énergétique de 4 500 logements.

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