Architecture Technique Reconversion

Des archives sous double enveloppe

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Urbanisme - aménagement urbain

Implantées au cœur de friches industrielles, les Archives Bordeaux Métropole affirment leur rôle de conservation de la mémoire de la ville.

De cet entrepôt ferroviaire du XIXe siècle, situé dans le quartier de la Bastide à Bordeaux (Gironde), il ne restait plus, depuis l’incendie provoqué par un squatter, que quatre murs abondamment tagués. Qu’à cela ne tienne, dans le cadre de l’aménagement de la ZAC Bastide-Niel en écoquartier, il fut décidé de réhabiliter l’édifice pour y abriter les archives de la commune, les locaux du centre-ville étant devenus trop exigus. Loin du placard fermé et obscur de notre imaginaire où s’entassent des piles innombrables de documents, le nouveau bâtiment a été conçu comme un équipement culturel ouvert sur la ville par l’agence belge Robbrecht en Daem. Il est composé de deux ailes disposées en équerre : la halle réhabilitée accueille dorénavant magasins de stockage et salle de consultation publique ; en extension, la nouvelle aile abrite le hall d’entrée, les bureaux, les ateliers, la salle de conférences et l’espace d’exposition. L’édifice encadre un parvis planté qui constitue, d’ores et déjà, une centralité urbaine pour le futur écoquartier. Pour accueillir 18 km linéaires d’archives, une structure opaque en béton répondant à toutes les normes de conservation a été construite dans le bâtiment historique. Dans les failles longitudinales qui les séparent, se glissent, de part et d’autre, la salle de consultation publique et une zone de circulation du personnel. Cette « boîte dans la boîte » préserve l’existant tout en l’adaptant à sa nouvelle fonctionnalité par le percement de grandes baies vitrées ouvrant sur le parvis. A l’intérieur, le monolithe de béton brut des magasins de stockage s’élève sur quatre étages en porte-à-faux les uns sur les autres. Il forme une sorte de voûte gradinée au-dessus de la salle de consultation.

Deux étages de stockage sur le toit.

« Par ce jeu de décalage entre les niveaux, nous avons voulu faire percevoir au public la masse et le poids des archives contenues ici », explique l’architecte Paul Robbrecht. De fait, la quantité de documents est telle que les magasins de stockage émergent sur deux étages au-dessus de la halle, « comme si les archives débordaient par le toit ». Se forme alors un volume étrange, aux parois translucides et au toit de zinc qui écrase de sa masse les façades de la halle. Sur l’autre face du monolithe de béton, symétriquement à la salle de consultation, de longues coursives en balcon sur un vide triple hauteur desservent les magasins de stockage. Loin de l’ambiance feutrée de l’espace de consultation, règne ici une atmosphère de salle des machines d’un navire qui aurait été mis à l’abri sous un hangar, et dont le personnel des Archives Bordeaux Métropole serait les matelots.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bordeaux. Maîtrise d’œuvre : Robbrecht en Daem, architectes, F. De Vylder, chef de projet. Hobo Architecture, chantier. BET : Coyne & Bellier/Tractebel (structure), L. Choulet (fluides, HQE), M. Forgue (économiste), idB (acoustique), J2C Ingénierie (VRD). Principales entreprises : GTM (gros œuvre), Soblaco (menuiseries extérieures, serrurerie), SECB (couverture). Surface : 8 666 m 2 Shon. Coût des travaux : 14,5 millions d’euros HT.

ENCADRE

L’ œil de la rédaction.

Restructuration, extension : la métamorphose est totale, même si l’on peut regretter l’écrasante surélévation en toiture…

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