Architecture Technique Logement

Des appartements parisiens en vis-à-vis

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social - Politique du logement

Deux immeubles de logements sociaux se font face sur rue, mais ménagent des vues sur cour.

L’opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah) démarrée en 2003 dans le secteur Moinon-Sainte-Marthe du Xe arrondissement de Paris s’est achevée fin 2015. Elle portait sur l’un des premiers lotissements ouvriers parisiens édifiés au XIXe siècle par de petits entrepreneurs, sur des terrains maraîchers acquis par le comte Adolphe de Madre (1813-1894). Ce dernier avait acheté 34 000 m2 de terrain près de l’hôpital Saint-Louis qu’il louait avec un bail de dix-huit ans avant de récupérer l’ensemble. De qualité médiocre, parfois sans fondations, ces logements se sont dégradés jusqu’à devenir insalubres. Début 2000, cinq immeubles déclarés irrécupérables, ont été préemptés par la Ville et achetés par la Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp) pour accueillir 39 logements sociaux et des locaux d’activité.

Implantés à la limite du périmètre, à l’entrée de la rue Jean-et-Marie-Moinon, deux immeubles réalisés en vis-à-vis par les architectes Laurent Charpin et Raphaële Perron relient le tissu urbain ancien aux édifices modernes de l’avenue Claude-Vellefaux sur laquelle l’un d’eux se retourne. « L’enjeu était d’aboutir à un niveau d’intégration urbaine conforme au secteur Maisons et villas du PLU, d’en respecter l’esprit », indique Pauline Saurei, chargée d’opération de la Siemp. Les édifices, fondés sur un niveau de sous-sol, s’élèvent sur rue sur 4 étages plus combles côté impair, et 3 étages plus combles côté pair. En fond de parcelle, accessibles par une cour, des duplex remplacent les maisons construites au fil des années. Au total, quinze logements d’un côté, neuf de l’autre, du studio au 4-pièces avec des locaux communs et des activités à rez-de-chaussée. Le vocabulaire sobre et soigné se révèle plus contemporain qu’il n’y paraît.

Double orientation, vues, lumière.

Proche de l’écriture d’origine – gabarit, dimensions d’ouverture, simplicité -, le niveau de prestations et la conception des logements l’en distinguent et permettent d’atteindre les performances exigées du plan Climat de la Ville de Paris. Corniches et bandes de rejaillissement en Inox, huisseries et volets en aluminium, parquets au sol, multiplicité des vues, double orientation, surfaces vitrées généreuses, prolongements extérieurs et toitures plantées : autant d’éléments qualitatifs, appréciables à l’usage qui permettent d’assurer la pérennité du bâti. Enduites à la chaux, les façades sont protégées sur le premier niveau par des cassettes en tôle laquée colorée. Elles rappellent les anciennes échoppes aux panneaux de bois dont les couleurs contribuent à l’identité du quartier. Les deux hauteurs de corniche, outre leur fonction protectrice, répondent à la pente du terrain, rompent le linéaire de façade et restituent l’échelle de l’ancien parcellaire. La structure par façades porteuses, réalisées en blocs de pierre ponce concassée, complétées par des poteaux intermédiaires ponctuels, offre une grande liberté d’aménagement et d’agencement des surfaces.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maître d’ouvrage : Siemp. Maîtrise d’œuvre : Laurent Charpin et Raphaële Perron, architectes. BET : EVP (structure), Ingediatec (fluides, thermique), Bio IS (HQE). Entreprise générale : CBM. Surface : 1 788 m2 SU. Coût des travaux : 4,8 millions d’euros TTC.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X