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Démolition et créations

José Morin, après avoir commencé sa carrière comme chauffeur, a structuré, étape par étape, son entreprise de démolition.

D´un homme qui a fait ses armes dans le transport puis la démolition, on attendrait un solide gaillard avec le verbe haut. Ce n’est pas le cas de José Morin, 37 ans, aux manettes du groupe Morin, qui emploie 90 personnes et enregistre un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Certes, la carrure ne fait pas défaut, mais, dès les premières minutes, la discrétion du caractère s’impose. De son parcours, José Morin égrène presque timidement les grandes dates, passe rapidement sur chaque étape. Au mot d’autodidacte, il réagit. Avec la fierté de ceux qui se sont faits tout seuls. Car à 22 ans, le jeune chauffeur transporteur a eu la détermination de créer sa première entreprise, d’être son « propre patron ». Très vite, il a compris les enjeux du métier, à l’instinct, l’intégration nécessaire de contraintes réglementaires, techniques, environnementales.

« Il faut savoir s’adapter pour faire de la croissance. » Fort de ce constat, il est parti à la conquête du secteur et a diversifié ses compétences. Du transport, il est passé à la démolition, a créé une filiale dédiée à l’environnement, puis au désamiantage. José Morin voit grand, entend maîtriser la chaîne de A à Z et viser loin. S’il œuvre principalement dans le Grand Sud, il ne détesterait pas s’étendre à l’international. Mais son ambition est surtout de durer. Le travail acharné, jour après jour, est mû par le souhait de voir ses enfants − deux garçons de 4 et 10 ans − reprendre le flambeau et donner à Morin le destin d’un groupe familial. Ce n’est pas un hasard s’il montre une photo de l’aîné au volant d’un engin de chantier. « Il possède déjà des dispositions », dit-il. Justement, à l’évocation des machines, José Morin a les yeux qui brillent. Et de citer avec délectation les pelles Komatsu acquises en 2015 et les spécificités de chacune : une PC490, une PC360, une PC210, pour en arriver à la dernière, un « porte-clés », une toute petite pelle de 1 t « qui rend bien des services ». Montant de l’investissement : 1,5 million d’euros. Un parc idéal pour œuvrer sur des chantiers très divers. Morin Terrassement Démolition, dont 90 % des marchés sont publics, intervient actuellement sur la démolition du parking aérien des halles Laissac, à Montpellier. « Un ouvrage en béton au milieu d’un quartier historique, dans un espace très restreint. La démolition se fait par écrêtage avec des minipelles de 3 t au minimum qui descendent niveau par niveau. » À Marseille, sur la tour des Cyprès située dans le Merlan, c’est une autre histoire. Le bâtiment de 22 m de haut va être traité à l’explosif. Devenu prodigue en détails, José Morin s’anime quand on évoque le terrain. Sur place de bon matin, il passe sur les chantiers, s’assure de la bonne tenue des équipes. Avant de repartir, puisqu’il le faut, enchaîner sur la prospection commerciale.
C’est au bureau que le temps semble long et qu’il délègue au maximum ce qui relève de la « paperasse » pour se concentrer sur le grand projet en cours : dès l’année prochaine, le nouveau siège social Morin va s’ériger à côté du village des marques de Miramas, en bordure de la déviation. En vue. Le projet consiste en 400 m2 de bureaux et 800 m2 d’ateliers. Une nouvelle vitrine pour une entreprise qui monte.

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ENCADRE

Bio express

1979 Naissance à Miramas
2001 Création de Transports Morin
2006 Création de Morin Terrassement Démolition
2008 Création de Morin Environnement
2011 Création de MJK Désamiantage
2016 Déménagement du siège social de Morin

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