Technique et chantier

Delft (Pays-Bas) Un immeuble de bureaux au chauffage minimaliste

Mots clés : Efficacité énergétique - Equipements techniques et finitions - Lieux de travail

Achevé en 1999 au centre-ville de Delft (Pays-Bas), cet immeuble de bureaux de cinq étages (1 300 m²) a été envisagé comme un bâtiment prototype par Michiel Cohen et Jan Pesman, les deux associés de l’agence d’architecture Cepezed. Avec une idée-force : supprimer le chauffage. Dans les faits, il s’agit d’un immeuble au chauffage minimaliste tirant paradoxalement profit de la faible inertie thermique de sa structure acier.

Le système de chauffage est articulé autour d’un caisson de VMC double flux récupérant l’air du bâtiment après extraction au niveau des zones techniques et des sanitaires de chaque étage. L’air neuf, une fois réchauffé par échange thermique avec l’air extrait, est insufflé par un réseau de gaines verticales dans les canaux horizontaux ménagés au sein des planchers ultraminces brevetés. Ceux-ci rayonnent par le dessus, côté plancher, mais pas côté plafond (sous-face métallique isolée). Cet air neuf, dont le débit correspond aux besoins de renouvellement, est soufflé en partie supérieure du plancher par des bouches. Une résistance électrique de 12 kW, installée dans le caisson, complète le dispositif.

Planchers perfectionnés

Dans la journée, la présence d’une cinquantaine de personnes dans les bureaux (de type open-space), ainsi que la chaleur dissipée par l’éclairage et les ordinateurs, font que la température des locaux peut être maintenue à environ 20°C, et cela jusqu’à -10°C de température extérieure pour un vent de 8 m/seconde. En cas de conditions plus rigoureuses, une résistance électrique de 10 kW, noyée dans la dalle en béton anhydrite de chaque plancher, fournit l’appoint nécessaire. Elle permet également de préchauffer le bâtiment le matin avant l’ouverture des bureaux. Associant rayonnement thermique des planchers, valorisation des apports internes et minimisation des déperditions au niveau des pignons mitoyens, cette conception originale se contente au final de 22 watts de puissance de chauffage installée par m².
Quel bilan peut-on en tirer après dix ans d’exploitation ? « L’essai a été concluant, estime Jeroen Hendriks, de Cepezed. Nous n’avons apporté aucune modification à cet immeuble prototype et le système fonctionne toujours parfaitement. Nous avons en revanche amélioré le principe des planchers minces collaborants dans nos réalisations ultérieures ». A titre indicatif, le dernier projet de Cepezed, à Bruxelles, conjugue triple vitrage, géothermie et pompes à chaleur. Et fait lui aussi la part belle aux vitrages (la moitié du toit et 40 % des façades latérales). Calculé avec le logiciel Passive House Planning Package (PHPP) 2007, il nécessite une puissance de chauffage de 23 W/m² pour une surface totale d’un peu plus de 19 600 m².

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