Edito Coup de griffe

Décime-moi un moustique

Faire revenir la nature en ville, créer les conditions du développement de la biodiversité, refleurir le pavé en somme… Le sujet fait florès dans les colloques et les projets prolifèrent. On entend végétaliser l’urbain, ses friches, ses toits et ses murs. Seulement, le citadin aime la nature quand elle embaume, sifflote et butine. Pas quand elle vrombit, frotte et, surtout, pique. Un être par trop vivant attise surtout sa fureur : le moustique. L’insecte en est même devenu un obstacle au développement de certains projets paysagers.

Dès que sont annoncées mares, noues ou zones humides, les riverains ne pensent plus qu’aux larves qui vont pulluler dans ces eaux et aux moustiques qui hanteront leurs nuits. Ils en appellent aux élus et signent des pétitions, appliquant ainsi le phénomène « Nimby » aux bestioles : la nature, oui mais « Not in my backyard ». Pas dans mon jardin, donc.
« Dans un aménagement, tout un écosystème doit se créer et la nature sait se réguler : les moustiques y trouveront donc leurs prédateurs », plaidait pourtant Gilles Gallinet, du bureau d’études l’Atelier d’écologie urbaine (AEU), lors du récent colloque « Dompter la ville par la nature » organisé par l’Agence des espaces verts de la région Ile-de-France. Pour que l’équilibre s’établisse, il faut laisser le temps aux oiseaux de venir nicher… Et résister à l’envie d’écraser les araignées.
Même la si capricieuse rose du Petit Prince, de Saint-Exupéry, a fini par se rendre à l’évidence : « Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. » Voilà qui méritait une piqûre de rappel.

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