Architecture et urbanisme Equipement culturel

De rouille et d’art

Mots clés : Acier - Manifestations culturelles - Politique de la ville - Produits et matériaux

A Montreuil, dans la proche banlieue est de Paris, un monolithe énigmatique en acier autopatinable se greffe à une demeure bourgeoise en pierre du XIX e siècle pour former le centre d’art contemporain « Le 116 ».

Objet d’art pour certains. Objet de curiosité pour d’autres. « Objet à réaction poétique » pour son architecte, Bernard Desmoulin, qui emprunte l’expression à Le Corbusier. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), le centre d’art contemporain « Le 116 » ne laisse pas indifférent. Il est vrai qu’en se promenant vers le 116, rue de Paris, dans un quartier populaire en mutation, entre de petits immeubles d’habitation vétustes et un grand bâtiment de bureaux flambant neufs, on ne s’attend pas à voir une demeure du XIX e siècle transformée en ateliers pour artistes. Ni à découvrir son extension plutôt énigmatique qui, depuis le mois d’octobre, renferme une galerie d’exposition temporaire. « Malgré sa petite surface de 100 m², nous avons cherché à donner à la galerie une visibilité maximale sur le carrefour, afin de créer l’événement dans la ville », explique le lauréat de l’Equerre d’argent 2009. L’extension, haute de sept mètres, longe un jardin public sur une vingtaine de mètres suivant un axe nord-sud, et se greffe à la façade est de l’ancienne maison. Là, sa largeur atteint environ cinq mètres.

Périscope sur la ville

Afin de préserver les œuvres d’art d’une exposition directe à la lumière du soleil, Bernard Desmoulin a volontairement emmuré la galerie. Pourtant, elle s’avère très lumineuse. Cela, grâce aux larges bandeaux vitrés créés en imposte des façades est et ouest, au-dessus des cinq mètres du mur de cimaise, là où l’extension s’écarte de la maison et se penche sur l’espace public. Pour que le visiteur ne se sente pas complètement enfermé dans son bâtiment, l’architecte a joué de ruse en employant la technique du périscope. Des miroirs inclinés installés au plafond de la galerie d’exposition reflètent la rue et son activité, les arbres et leur canopée. Une grande baie verticale percée en façade nord ouvre également sur le jardin. La structure mixte de l’extension – parois en béton pour la partie droite et charpente métallique pour la partie inclinée – est revêtue par 530 m² de plaques de tôle (dimensions : 120 x 160 cm ; épaisseur : 3 mm). Le choix s’est porté sur un acier autopatinable – Indaten – qui, selon le concepteur, est « indatable par la population ». Les nuances rouille et grisâtre de cette matière conversent amicalement avec la pierre beige et l’ardoise bleuâtre de l’ancienne demeure, devenue à présent moins bourgeoise et plus bohème.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Montreuil. Maîtrise d’œuvre : Bernard Desmoulin, architecte, assisté de Christian Dagand, architecte ; Scoping, BET TCE. Principales entreprises : Environnement Service (démolition, gros œuvre, traitement de façade), Foret (charpente bois, couverture, étanchéité), Lefèvre (bardage métallique), Solairlux (menuiseries extérieures, serrurerie). Surfaces : 645 m² Shon (réhabilitation), 100 m² Shon (extension). Coût des travaux : 1,8 million d’euros.

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