Architecture Technique Groupe scolaire

De paille et de bois

Mots clés : Bois - Education - ERP sans hébergement - Produits et matériaux

A Montreuil, l’école « zéro énergie » Stéphane-Hessel – Les Zéfirottes s’installe dans un jardin public.

Montreuil (Seine-Saint-Denis) attire. Alors que la commune est limitrophe de Paris et desservie par le métro, le prix du mètre carré y est en moyenne de moitié inférieur à celui de la capitale. Pour accueillir les nouveaux habitants, notamment de jeunes couples avec enfant(s), des équipements scolaires supplémentaires se sont révélés nécessaires. En 2011, le concours pour le groupe scolaire Stéphane-Hessel – Les Zéfirottes est lancé. Il intègre des objectifs ambitieux de limitation des consommations d’énergie pour atteindre un bilan énergétique positif. Le programme d’établissement pour 650 élèves, comprenant une école maternelle de neuf classes, une élémentaire de 15 classes, un centre de loisirs et la restauration, se double d’un jardin public dans lequel il prend place. Le site choisi est une grande dent creuse verte, entre l’avenue de la Résistance et la rue Victor-Hugo, où se trouvait un centre de loisirs vétuste. « L’enjeu était de créer un jardin public qui protège les entrées de l’école, un parcours extrait de la circulation automobile entre la Croix-de-Chavaux et le nouveau cœur de ville, où se trouvent la bibliothèque municipale et le théâtre. La mairie verte de l’époque voulait un bâtiment exemplaire », raconte Cédric Brégeot, chargé d’opération de la maîtrise d’ouvrage.

Cogénération à l’huile végétale.

Le groupe scolaire est implanté dans le jardin public, auquel on accède par des allées qui se ferment par des grilles. Il comprend trois corps de bâtiment, sur deux et trois niveaux, organisés autour de deux cours. Les grandes baies vitrées permettent à l’école de profiter de l’environnement boisé et de la lumière. Les salles de classe sont, de préférence, en façades nord. En toitures, 700 m2 de panneaux photovoltaïques assurent les deux tiers de la consommation d’électricité, le tiers restant est assuré par une cogénération à l’huile végétale. Pour préserver la perméabilité des sols, un système de ruissellement vers des noues a été réalisé. L’eau récupérée des toits sert au jardin. Les élèves accèdent à l’école via ce jardin par un parvis commun, qui conduit à deux halls d’entrée : l’un pour le centre de loisirs et la maternelle, dont les salles sont à l’étage en relation directe avec sa cour de récréation, placée sur le toit du réfectoire et du préau ; l’autre pour l’élémentaire. Deux salles sont permutables entre les deux écoles et les salles d’activités spécialisées sont mutualisées.

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ENCADRE

Caissons de façade La paille, un isolant séculaire

Deux des trois corps de bâtiment du groupe scolaire sont en bois : dalle, refends, façades en caissons. Plusieurs essences sont utilisées : épicéa en structure intérieure, Douglas en extérieur abrité, mélèze en bardage et frêne thermotraité en platelage. Les caissons de façades (7,20 x 3 m) – et jusqu’à 16 m de long en toiture – sont remplis de paille de blé. « Les bottes achetées dans la région sont décompactées, puis recompactées aux dimensions. Elles ne requièrent aucun traitement et se conservent bien », relève Damien de Villèle, de l’entreprise Isopaille. L’épaisseur de la façade atteint 60 cm au sud (pour intégrer un store). Cette solution répondait à trois objectifs : rapidité de construction grâce à la préfabrication, utilisation de matériaux renouvelables et amélioration du bilan carbone global. Et l’architecte de préciser, « la paille est un isolant utilisé aux Etats-Unis depuis 1880 et c’est à Montargis (Loiret), en 1920, que la première maison en ossature bois et isolation paille a été bâtie ! »

ENCADRE

Maître d’ouvrage : Ville de Montreuil. Maîtrise d’œuvre : Méandre (Christian Hackel), architecte. BET : Gaujard (structure bois), Ebbe (structure béton), Alto (thermique), Progexial (VRD), Novorest (cuisine), AVA (acoustique), VPEAS (économiste), AXCE (SSI), Panorama (paysage). Principales entreprises : Bonnevie (gros œuvre), Charpente Cénomane (structure, enveloppe bois), Sogéfi (aménagement intérieur), Balas (fluides), Sonil (photovoltaïque). Surface : 5 510 m2. Coût des travaux : 14,4 millions d’euros HT.

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