Territoires Valenciennes

De la capacité de résilience d’un territoire face à la désindustrialisation

Le 9 avril prochain aura lieu l’inauguration officielle de la Serre numérique de Valenciennes. Un concept développé par la CCI du Grand Hainaut. Dans un bâtiment d’une rare qualité architecturale, signé OIII Architecten, 17 000 m2 entièrement dédiés aux métiers de l’image : trois écoles (Supinfocom, Supinfogame et l’ISD), 3 000 m2 de locaux d’entreprise et un centre de recherche appliquée et de transfert de technologies connectés, comme des clés USB, à des espaces partagés. Une vitrine de la french touch censée servir la fertilisation des idées. 37 millions d’euros ont été investis avec le concours de l’Etat et des collectivités pour initier la transformation de l’ancienne friche métallurgique Vallourec (26 ha) en parc des Rives créatives de l’Escaut. D’ici à 2017, un centre d’expositions et de congrès dessiné par Chabanne & Partenaires (27 millions d’euros) viendra asseoir le projet.

La reconstruction, une bataille sans fin.

C’est à Valenciennes qu’est venue à l’esprit de Jean-Louis Borloo, maire de la ville de 1989 à 2002, l’idée de la rénovation urbaine et il est aisé de comprendre pourquoi. Ici, la reconstruction de la ville sur elle-même est un combat permanent de par l’héritage industriel. Les plaies béantes sont partout, souvent trop grandes pour un cœur trop petit (le centre-ville ne compte que 45 000 habitants), mais les élus ont le mérite de ne jamais avoir perdu leur souffle. « Nous sommes une intercommunalité de projet et non de gestion », répète à l’envi Valérie Létard, la présidente de Valenciennes Métropole. De fait, l’activité ne faiblit pas. Tous azimuts. La reconversion par la Financière Vauban de l’ancien hôpital du Hainaut en hôtel de luxe est en cours (les services de l’agglomération s’installeront dans une aile du monument). 2 000 logements sont annoncés, dont les 400 de l’îlot Folien (voir ci-dessous). L’ouvrage est toujours remis sur un centre-ville qui ne cesse d’embellir. Des négociations sont en cours pour la reconversion de la caserne Vincent quittée par l’armée en 2012 (2 ha). Enfin, une étude urbaine a été confiée récemment à l’atelier d’architecture Olivier Parent pour la requalification de la friche Obled-Sacsum (7 ha), opportunité de dessiner une nouvelle entrée de ville à partir de la future rocade nord (127 millions d’euros financés par le département). Valenciennes Métropole a même pris une participation au capital de l’entreprise Mineur-Bécourt, dernier occupant du site. Bref, tout est mis en œuvre pour créer les conditions favorables à l’emploi. Pourtant, le taux de chômage reste très au-dessus de la moyenne nationale et nombre de cadres de l’agglomération rentrent le soir chez eux… à Lille. Le promoteur Nacarat n’est ainsi pas parvenu à commercialiser un programme de 13 000 m2 à l’entrée sud de la ville.

Que faire pour redonner envie d’habiter le Valenciennois ? « L’inscription à l’Unesco du patrimoine minier peut changer durablement l’image du territoire. Le desserrement des contraintes qui pèsent sur sa richesse écologique est une autre clé. Car le tout économique a aussi largement fragilisé l’environnement. La résilience passe par l’investissement, mais également par la qualité du cadre de vie », estime Christophe Grandjacques, en charge du Valenciennois-Douaisis au CAUE du Nord. A l’instar de la Ruhr, le Bassin minier a la cylindrée pour inventer son propre Emscher Park. Mais il va lui falloir au préalable fédérer, ce qui a toujours été compliqué. La création récente d’une association préfigurant le pôle métropolitain du Hainaut-Cambraisis qu’appelle de ses vœux Valérie Létard peut ouvrir la perspective.

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La possibilité d'une île

Habiter une île en pleine ville et en autonomie énergétique. Non ce n’est pas une utopie de la contre-culture hippie mais un défi inscrit dans le projet urbain valenciennois à l’échéance 2020 ! En partenariat avec la Ville et la Métropole, Voies navigables de France et EDF vont développer sur l’îlot Folien, dont ils sont propriétaires des 5 ha de foncier sur l’Escaut, un quartier reproductible exemplaire du Grenelle 2. L’architecte Odile Decq a imaginé 11 bâtiments, du R + 3 au R + 5, totalisant 400 logements et s’articulant autour d’un jardin central. De l’habitat mixte, des bureaux et des commerces compléteront l’opération, ainsi qu’un écoport de 100 anneaux. La circulation sera organisée en périphérie du site afin de minimiser l’impact visuel de la voiture. L’autosuffisance énergétique sera atteinte grâce à la combinaison de la géothermie, de l’hydroélectricité et de l’énergie solaire. Un projet hors-sol certes différent qu’il faudra réussir à commercialiser, mais qui a la qualité d’indiquer une direction.

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