Actu SANDRINE LARRAMENDY, paysagiste DPLG

« De l’expérience intime de la mort à l’histoire collective »

Mots clés : Aménagement paysager - Démarche environnementale - Établissements de culte, funéraire - Etat et collectivités locales - Funéraire

Sous le titre Paysages et entretien des cimetières, Sandrine Larramendy publiera un recueil en novembre, à l’occasion du Salon des maires. Elle a scanné 254 sites de toutes tailles pour dégager les tendances et proposer des stratégies adaptées à une gestion écologique. Dans cet ouvrage édité par Plante & Cité et présenté sous forme de 20 fiches synthétiques, l’auteure révèle une passion fondatrice de sa vocation de paysagiste.

En quoi les cimetières constituent-ils des territoires à part dans les villes ?

Depuis la fin du XVIIIe siècle, les cimetières sont devenus propriété des communes, et chacune d’entre elles en possède au moins un. Dans les petites communes, c’est même parfois le seul espace public à entretenir. Il s’agit d’un lieu de recueillement qui renvoie à la fois à une expérience intime, souvent douloureuse, mais aussi à l’histoire collective de la cité. Sa gestion est partagée entre la collectivité, pour les espaces publics, et les particuliers, pour l’entretien des concessions incombant aux familles. C e contexte singulier contribue à rendre les changements de pratiques complexes à mettre en œuvre, puisqu’il faut sensibiliser à la fois le gestionnaire public et la population. En France, le minéral domine dans de nombreux cimetières, caractérisés par un entretien soigné depuis plusieurs décennies, ce qui laisse peu de place à la végétation spontanée. Celle-ci peut être vécue comme un manque de respect vis-à-vis de la mémoire des défunts. Aujourd’hui, dans un contexte d’évolution de la réglementation et des mentalités, l’orientation vers une gestion zéro phyto fait son chemin. Mais les questionnements sont nombreux sur la démarche à suivre pour réussir, dans un contexte où les budgets des communes sont en baisse, et sur le moyen d’éviter l’incompréhension de la population.

Qu’apporte cette nouvelle étude pilotée par Plante & Cité ?

Née de la demande des adhérents d’avoir accès à des retours d’expérience pour mettre en place une gestion ou une réhabilitation de leurs cimetières dans un objectif zéro phyto, cette étude a permis d’aller au-delà car les membres du comité de suivi – gestionnaires de collectivités, entreprises du paysage, paysagistes concepteurs, spécialistes du funéraire, enseignants chercheurs, ethnologues… – se sont rapidement rendu compte qu’il ne fallait pas se limiter à une approche purement technique, d’autres aspects peu connus intervenant. L’étude s’est ainsi intéressée aux questions de paysage,...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 403 du 16/10/2017
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