Régions Nancy

De battre Grand Cœur va commencer

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Logement social - Monde du Travail

8,16 % Part du BTP dans les emplois du Haut-Rhin à la fin 2016, soit 15 973 salariés.

Source : Urssaf.

160 M€ Nouveaux investissements du Bas-Rhin dans le plan Territoires connectés et attractifs jusqu’en 2021.

63 % Part des ménages de l’Eurométropole de Strasbourg vivant sous le plafond de ressources du logement social.

Aux dires de ses façonneurs, la métropole du Grand Nancy et l’aménageur Solorem, Nancy Grand Cœur vit un « moment charnière ». Celui où le projet urbain majeur de l’agglomération prend forme, par l’accumulation des chantiers et la définition des espaces publics qui entoureront les nouvelles constructions, situées entre la gare et le quartier dit « Charles III » datant de la fin du XVIe siècle. Concernant le bâti, 55 000 m2 sont actuellement en travaux ou en passe de l’être. Toutes privées, ces opérations représentent un tiers des 165 000 m2 SP de la ZAC créée en 2007. Elles marquent une nette accélération de l’urbanisation, après les réalisations initiales du centre de congrès et de l’immeuble de bureaux Le République.

Dans le détail, le groupe Foncière des Régions livre en juillet le bâtiment O’rigin, situé près du centre de congrès. Les 6 340 m2

conçus par l’Italien Silvio d’Ascia seront occupés en grande majorité par le siège interrégional d’EDF. A côté, les îlots D1 et E1 accueilleront en fin d’année 6 300 m2 de bureaux du promoteur alsacien Frank et 85 appartements Nexity (Seyler & Lucan Architectes). Plus à l’est, trois programmes sont sur les rails : celui de Bouygues Immobilier (9 800 m2 pour 85 logements en accession, 26 sociaux et une résidence-tourisme, chantier démarré à la fin mai) ; celui d’Adim Est (7 400 m2 pour 111 logements, agence Gallois Dudzik, travaux lancés en fin d’année par GTM-Hallé pour 10,5 millions d’euros HT) ; et enfin celui de Linkcity (9 100 m2 de tertiaire et d’habitat signés du Portugais Souto de Moura et du Nancéien Laurent Beaudouin, chantier à l’automne). Ils précèdent, dans le même secteur, 7 700 m2 de logements du lorrain Nouvel Habitat, qui déposera son permis au second semestre, après la désignation du maître d’œuvre courant juillet.

Plus en retrait des voies ferrées, l’îlot G sera dédié à une construction en structure bois (lire encadré ci-dessous). « Le programme, in fine, aura respecté l’objectif initial de répartition égale entre équipements publics, habitat et activités économiques, expression d’une mixité bien avérée », souligne Stéphane Colin, directeur exécutif de la Solorem.

Le principe directeur du plan d’urbanisme : prolonger la ville historique.

Telle qu’elle se dessine désormais, la physionomie du bâti prend une teinte délibérément claire : les projets O’rigin et D1-E1 habillent leur façade de pierre naturelle posée à joints fermés, le Primméa d’Adim (groupe Vinci Construction France) se parera de pierre calcaire meusienne de Savonnières, tandis que d’autres privilégieront le béton teinté dans la masse. Tous appliquent le principe directeur du plan d’urbanisme de Jean-Marie Duthilleul (agence Arep) : faire de Grand Cœur un élément de continuité avec le reste de la ville. « Les façades sont conçues en référence à l’architecture minérale classique locale en matériaux naturels, notamment la pierre », explique Rémi Béchaux, directeur général adjoint du Grand Nancy.

Promenade verte le long de la voie ferrée. L’objectif de prolonger la ville historique est repris pour les aménagements publics : la trame viaire ancienne servira de support au Quai vert. Cette promenade longera la voie ferrée en formant une succession de quatre bassins d’eau et deux bassins de prairies humides, plantés d’une palette de végétaux imaginée par Michel Desvigne. Les travaux démarreront cet automne. A l’est, le Quai vert mènera à un lieu de mémoire, en cours de définition, pour entretenir le souvenir de l’histoire du quartier, théâtre durant la Seconde Guerre mondiale de départs de convois de déportation, d’internements et d’exécutions de résistants.

La sensibilité légitime dans ce contexte tragique se prolonge d’une controverse sur l’intérêt des anciens remparts du site et de leur destinée. Le collectif Avenir Bastion Saurupt, composé de passionnés du patrimoine local, s’insurge contre leur valorisation qu’il considère bien trop minimale. Il réclame en particulier le déplacement de certaines opérations immobilières qui ne commettraient, selon lui, rien moins qu’un « hold-up » en surplombant le parc de la congrégation des Sœurs de Saint-Charles, à l’emplacement d’un fossé unique dans la ville. Sans succès pour l’instant.

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ENCADRE

Le quartier touche du bois

La construction bois aura sa place dans Nancy Grand Cœur. Le premier projet significatif à l’échelle de l’agglomération sera l’œuvre de Kaufman & Broad. Figurant au palmarès du concours national 2016 de l’Etat et d’Adivbois en tant que « projet partenaire », le bâtiment en R + 8 accueillera commerces, logements et bureaux dans 6 500 m² SP. Il portera la signature de Jean-Marie Duthilleul, l’architecte-urbaniste du quartier.

Le nancéien Techniwood construira la structure et l’habillera de ses murs préfabriqués. Le dépôt de permis pourrait intervenir en septembre et les travaux démarrer en 2018.

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