Territoires Rennes

Dans les entrailles du métro, avec le tunnelier Elaine

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Transport collectif urbain

Vendredi 23 octobre, à 12 h 42. Elaine, le tunnelier de la ligne b du métro de Rennes vient de percer le tympan de la station Mabilais, deuxième des neuf stations que le tunnel doit relier sur 8,65 km d’ici à la fin 2017 – début 2018. Il lui faudra environ trois semaines pour traverser la station et reprendre le creusement. Trois semaines qui ne seront pas de trop pour que les équipes de Dodin Campenon Bernard puissent inspecter le tunnelier de fond en comble. Pour le maître d’ouvrage, la Semtcar, cette pause est l’une des rares occasions de faire visiter ce chantier exceptionnel à quelques privilégiés dont « Le Moniteur » fait partie.

Le rendez-vous est donné sur la base vie de la Courrouze, dans la soirée, lorsque cette vaste zone de 3,5 ha où sont stockés les voussoirs tourne au ralenti. Nous descendons dans le puits d’introduction, à 20 m sous terre, là où Elaine a été assemblé et a commencé à creuser en janvier 2015. Depuis, il a parcouru 1 700 m dans des conditions difficiles, dues notamment à la nature du sous-sol et la découverte d’antimoine qui auront entraîné environ cinq mois de retard sur les prévisions.

Un engin de plus de 100 m de long.

Nous rejoignons l’arrière du tunnelier en train sur pneu (TSP) dont une version sert à transporter les équipes et une autre les voussoirs et le matériel de chantier. Fabriqué en Allemagne par Herrenknecht, ce tunnelier de 9,44 m de diamètre mesure plus de 100 m. « Nous l’avons rallongé d’une vingtaine de mètres en cours de chantier en ajoutant un concasseur, car les déblais étaient trop gros », explique notre guide, Joël Richard, géologue et responsable du soutènement.

Dans la cabine de pilotage, Cédric Lubin, l’un des cinq pilotes qui se relayent 24 h/24, veille sur une dizaine d’écrans et contrôle quelque 250 paramètres dont, bien sûr, le tracé préalablement défini « au centimètre près », l’évacuation des déblais sur le tapis roulant et la commande des voussoirs qui formeront le tunnel sur lesquels des vérins s’appuient pour faire avancer l’engin. La vitesse de croisière d’Elaine est de 2 m/h mais peut varier sensiblement en fonction du terrain. « Si quelque chose ne va pas, on le sait immédiatement », assure le technicien de 39 ans qui a percé son premier tunnel à la Réunion d’où il est originaire. « C’est l’un des chantiers plus difficiles que nous avons pu faire car le sous-sol est très variable », souligne le pilote qui a déjà creusé plusieurs dizaines de kilomètres de tunnels à Toulouse, Lyon, Saverne (Bas-Rhin) et Budapest.
La visite se termine presque à quatre pattes, derrière la roue de coupe où des ouvriers doivent parfois intervenir plusieurs heures dans des conditions qui rappellent la plongée sous-marine sans eau. « Après chaque intervention, les gars doivent impérativement passer plus d’une heure dans un caisson de décompression », raconte Joël Richard. Et d’ajouter : « Ces conditions de travail particulières créent un véritable esprit de solidarité, un peu comme dans un sous-marin. »

Reportage en images sur www.lemoniteur.fr/metrorennes

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