Autres Saint-Denis

Dans l’autre basilique des rois de France

Mots clés : Établissements de culte, funéraire

Se rendre au Stade de France, c’est un peu comme visiter un monument historique. C’est là que Zinédine Zidane a inscrit ses deux buts de la tête le soir du fameux « Et 1, et 2, et 3-0 ! » face au Brésil, le 12 juillet 1998, événement rentré dans l’Histoire de notre pays pour avoir fait descendre dans la rue autant de monde que la Libération. En attendant l’apogée de l’Euro 2016, le 10 juillet prochain, le Stade de France est déjà le seul au monde à avoir servi d’écrin à une finale de Coupe du monde non seulement de football, mais aussi de rugby (en 2007). Paradoxalement, il n’est pas fait pour ça ! En dehors des meilleures places, forcément très chères, le spectateur est, en effet, très éloigné du terrain de jeu : jusqu’à 193 m du poteau de corner opposé ! Ce n’est pas tant la capacité de l’enceinte (81 338 places assises) que sa forme ovale – curieusement inspirée du terminal 3 de l’aéroport JFK de New York – qui est en cause.

Du sommet des tribunes de Old Trafford à Manchester, de contenance équivalente, rien ne vous échappe, tandis que du 3e niveau du stade dyonisien, je distinguais à peine le grand Zlatan un soir de finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Lille. Le Stade de France fait en revanche une magnifique enceinte d’athlétisme, sport qui réclame une vision panoramique. Paris tient là un argument de poids dans son dossier de candidature à l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Durant quatorze ans, jusqu’à l’inauguration du stade Pierre-Mauroy de Lille en 2012, le Stade de France fut également le seul stade français classé en catégorie 4 par l’UEFA. Autrement dit, un stade d’élite. Et ça se voit ! Accès, services, écrans géants, sonorisation, espaces privés, propreté, finitions : la qualité est partout, sauf dans des buvettes à la tarification par ailleurs scandaleuse. Le Stade de France est aussi, depuis le 13 novembre dernier, le seul stade d’Europe où un attentat a été perpétré. Et le supporter lillois, bien conscient qu’il n’est pas possible de sécuriser la zone à 100 %, n’est guère rassuré lorsqu’à la fin du match, il doit, pour regagner son bus, franchir l’autoroute A 1 par un étroit passage souterrain totalement engorgé.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Capacité : 81 338 places. Montage : marché public. Personne publique : Etat. Maîtrise d’œuvre : Claude Costantini, Michel Regembal, Michel Macary et Aymeric Zublena. Entreprises : Bouygues Construction, Dumez-GTM, SGE. Planning du chantier : Inauguré en 1998, après deux ans et demi de chantier. Coût de construction : 364 M€ TTC.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X