Annuel aménagement Amsterdam

Dans l’antre euphorisant de Google

Mots clés : Manifestations culturelles - Urbanisme - aménagement urbain

Comme dans la plupart de ses implantations dans le monde, le géant du numérique a fait de son siège néerlandais un royaume du cool. Au-delà de l’extravagance du décor, le réaménagement de ses bureaux, livré début 2014 par l’agence néerlandaise D/Dock, exprime la culture d’une entreprise qui considère que plaisir et efficacité ne sont pas incompatibles.

Géant du moteur de recherche sur Internet, Google est aussi le lieu où « les gens les plus intelligents font les trucs les plus cools ». D’une phrase, l’auteur américain William Poundstone, dans son livre « Etes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ? » (1), rappelle que la firme est non seulement un repaire de génies, mais qu’elle a développé une culture d’entreprise très « fun ». A Mountain View, dans la Silicon Valley (Californie), où se trouve son vaisseau-mère – et un peu partout dans le monde – elle a fait aménager des bureaux extravagants qui collent à la « Googlitude ». A Amsterdam, aux Pays-Bas, l’agence de design et d’aménagement intérieur D/Dock a, par exemple, remanié cette année le siège néerlandais de la firme et livré un décor aussi pop que les lettres du logo de la marque sont vives : ambiance gaufres géantes et poufs colorés, baby-foot et fausse pelouse ! Il y a, bien sûr, des tables de travail, individuelles et idéalement situées à la lumière du jour, et des salles de réunion, pour lesquelles le cahier des charges était très strict en termes d’installations techniques. Mais on y trouve aussi une salle de sport et un restaurant. Et une salle de jeux… et une autre pour la sieste.

« Pour ses aménagements, Google a quelques règles, et l’une d’entre elles est le plaisir, explique Edward van der Poll, architecte d’intérieur chez D/Dock. On laisse aux « Googlers » la responsabilité de leur travail. Peu importe la façon dont ils le font du moment qu’ils le font. Alors si un employé a besoin d’une sieste pour être efficace, cette possibilité lui est offerte. »

Stefan Camenzind, fondateur de l’agence suisse qui porte son nom, est lui intervenu sur plusieurs implantations de l’entreprise dont les espaces démentiels de Tel Aviv, en Israël. Il rappelle que les salariés, « dans une entreprise comme celle-ci, sont très sollicités. Il s’agit de travailler dur. L’enjeu est donc de leur faciliter la tâche. Mais l’idée n’est pas, comme on l’entend parfois, de les inciter à rester plus longtemps que la normale à leur bureau ». De son côté, William Poundstone note que la « Googlitude » n’est pas fondée que sur les talents individuels, si grands soient-ils, mais bien « sur la capacité de chacun à s’intégrer à la culture hautement collaborative de l’entreprise. Et ceci, dès l’origine, s’est exprimé dans l’architecture. Google exclut les bureaux privés et, de fait, les fondateurs Larry [Page] et Sergueï [Brin] partageaient leur bureau dans les premiers temps ». Donc, les « Googlers », invités à échanger en permanence, travaillent tous ensemble.

A Amsterdam, D/Dock, libre de concevoir les ambiances, a aussi observé la règle de l’environnement sain. Tous les matériaux devaient être non toxiques. Une autre constante des bureaux Google dans le monde est qu’ils ne se ressemblent pas. Le décor pioche ainsi dans les traditions locales pour mieux les détourner. Voilà pourquoi, à Amsterdam, les abat-sons sont en forme de gaufres et de spéculoos et les stands du restaurant empruntent leurs motifs à la faïence de Delft. Discret, Google ne dit rien du prix, mais Edward van der Poll assure que ce réaménagement n’a pas été plus coûteux que celui d’un bureau standard et ce, notamment, grâce au réemploi quasi systématique du mobilier. Stefan Camenzind observe, lui, que « les tables de travail ne sont pas chères. En revanche, les machines à café le sont. » Bref, l’argent va à l’essentiel.

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ENCADRE

Chiffres clés

80 % du mobilier est du réemploi.

150 employés.

2014 (janvier) : livraison.

3 000 m2 de surface

Budget non communiqué

ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Google.

Maîtrise d’œuvre : D/Dock, architecture intérieur. BET : Deerns (fluides) ; Mott MacDonald (environnement).

Entreprise principale : De Combi.

Surface : 3 000 m².

Coût : nc.

(1) Publié en France en 2013, aux éditions JC Lattès.

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