Enjeux

« Dans dix ans, 30 % de notre activité se fera à l’export »

Mots clés : Enfance et famille

Vincent Legendre, qui a succédé à son père à la tête du groupe familial, dévoile sa stratégie et ses objectifs.

Vincent Legendre, président du directoire du Groupe Legendre

Après son père Jean-Paul et son grand-père Jean, Vincent Legendre accède, à 37 ans, aux commandes du groupe de BTP fondé à Rennes en 1946. Il souhaite accélérer la diversification et l’internationalisation de cette ETI 100 % familiale.

Comment avez-vous traversé la crise ?

Difficilement, comme tout le monde. La crise s’est déclenchée en 2008 mais nous ne l’avons ressentie qu’à partir de 2010… jusqu’à aujourd’hui. Malgré tout, elle ne nous a pas empêchés de nous développer, essentiellement par croissance interne. Notre recette a été de nous diversifier géographiquement et en termes de métiers. Auparavant, nous n’étions que dans le gros œuvre et à 85 % dans le logement. Aujourd’hui, nous répondons sur tous types de marchés, notamment les marchés publics et les grands équipements. Nous nous sommes même lancés dans le génie civil à partir de 2010. Géographiquement, nous avons préféré réduire la voilure à certains endroits où nous étions historiquement très présents mais où les prix étaient trop bas et nous avons privilégié d’autres régions à plus fort potentiel.

Quels sont ces territoires où vous voulez vous renforcer ?

Nous allons nous concentrer sur les grands bassins de population, la région parisienne, bien sûr, et les grandes métropoles. Par exemple, nous nous sommes installés à Rouen il y a trois ans et à Bordeaux fin 2015. Nous croyons à des implantations durables sur ces territoires.

Quels axes de développement privilégiez-vous dans les trois à cinq prochaines années ?

Nous allons développer les expertises métiers et la chaîne de valeur, par exemple en répondant, bien en amont, aux besoins de nos clients. Nous allons également développer l’immobilier en étant notre propre client en quelque sorte. Nous avons une foncière qui représente la part de revenus récurrents du groupe. Nous commençons également à exploiter certains de nos bâtiments en hôtellerie ou en résidence services.

Quelles sont vos ambitions à l’international ?

Nous avons voulu développer l’international pour que le groupe soit moins soumis aux soubresauts de la conjoncture française. Nous avons commencé par une opération de 24 millions de livres à Londres. Dans les dix ans, nous espérons réaliser 30 % de notre chiffre d’affaires à l’international.

Etes-vous présents sur les contrats globaux, les concessions ou les marchés de partenariats (ex-PPP) ?

Nous n’avons pas de concessions et nous ne visons pas forcément les partenariats publics-privés qui sont plutôt un sport réservé aux majors. En revanche, nous croyons beaucoup aux contrats globaux comme la conception-réalisation-exploitation-maintenance (Crem).

Comment se positionne votre groupe par rapport aux majors ?

Sur les territoires où nous sommes présents, nous sommes très souvent en concurrence avec les majors, mais uniquement sur des marchés inférieurs à 50 millions d’euros. Dans les régions où notre notoriété n’est pas assurée, nous sommes clairement des challengers de plus petites structures locales.

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ENCADRE

Chiffre d’affaires 2015 : 460 millions d’euros. Effectif : 1 500 personnes. Principaux métiers : construction, immobilier, énergies. Création de l’entreprise : 1946. Actionnariat : 100 % familial.

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