Architecture Technique 3/6

D’un ancien hangar naît une habitation

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE

Près de Nantes, une famille a élu domicile dans un atelier aux volumes dupliqués.

Lorsqu’ils se sont lancés dans leur projet de construction, Maëlick et Tiphaine n’avaient absolument aucune idée préconçue. Après avoir acquis une parcelle de 800 m2 en second rideau, dans la commune du Cellier, à une trentaine de kilomètres de Nantes (Loire-Atlantique), leur objectif était surtout d’y loger leur famille de trois enfants avec un budget limité à 170 000 euros HT. « Nous nous sommes d’abord tournés vers des constructeurs de maisons individuelles, mais nous avons rapidement déchanté, certains allant jusqu’à nous faire des propositions sans prendre la peine de se rendre sur le site », témoigne Maëlick. Cet urbaniste de formation prend alors contact avec quelques architectes, dont la jeune agence nantaise Tact. Elle propose d’emblée de s’appuyer sur la structure d’un hangar existant pour y greffer une extension – en deux travées supplémentaires – qui accueillera la cuisine et la pièce de vie.

« La charpente nous a donné le gabarit pour déployer le projet en reprenant l’icône traditionnelle de la maison individuelle », explique l’architecte Matthieu Germond, cogérant de Tact. « Quant à la dalle existante, l’économie réalisée a permis d’utiliser le budget non dépensé dans de grandes baies en bois », complète son associée, Maëlle Tessier. Ces larges ouvertures donnant soit sur le jardin, soit sur les paysages environnants, caractérisent en effet la maison. Autre trait particulier : son rapport intérieur-extérieur, à l’image de la cuisine implantée tout contre une baie coulissante, ou de l’entrée traitée comme un espace intermédiaire.

Pavillon à trois travées.

A l’extérieur, ce sont de larges débords de toiture, en bac acier gris velours, qui viennent prolonger ce rapport ambigu… tout en permettant de s’affranchir des gouttières. La typologie du pavillon est exacerbée avec ses trois travées recouvertes chacune par un toit à deux pentes. « On a eu à cœur de faire de vrais toits, car la maison individuelle est malheureusement pervertie par la fermette industrielle », argumente Matthieu Germond.

Afin d’habiller la façade à moindre coût, sans négliger les détails d’exécution, les architectes ont opté pour un revêtement à la fois « simple et pérenne » : des plaques de polycarbonate à petites ondes. « Nous les avons choisies avec une opalescence suffisante pour qu’elles laissent apparaître les tasseaux horizontaux de la structure en bois, expliquent-ils. Des échantillons ont été présentés au service d’urbanisme de la commune auprès de qui nous avons eu une très bonne écoute. » Et la réaction des propriétaires ? « Cette façade nous a rendus un peu dubitatifs, mais les architectes ont su nous convaincre en nous montrant de belles références au Japon, commente Maëlick. Et si certains de nos proches peuvent être surpris par les toits ou la façade, tout le monde est séduit par la cohérence de l’ensemble… Nous les premiers ! »

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : privée. Maîtrise d’œuvre : Tact Architectes. Entreprises : Théo Bat’ (gros œuvre, VRD), Bercegeay (charpente, couverture, menuiseries extérieures). Surface de plancher : 130 m². Coût des travaux : 170 000 euros HT.

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