Territoires Gouvernance

« D’abord, commençons par rassurer les élus locaux »

Mots clés : Etat et collectivités locales

Questions à Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, sénateur des Bouches-du-Rhône (LR)

Le maire de Marseille ne devrait annoncer sa candidature à la présidence d’Aix-Marseille-Provence que début octobre, une fois les conseillers métropolitains désignés. En attendant, il nous livre sa vision de la future métropole et annonce les premières actions qui devront être engagées.

Aix-Marseille-Provence a suscité beaucoup de contestations. Fallait-il créer une métropole aussi vaste ?

Regrouper 92 communes, je savais que cela provoquerait l’ire des élus locaux. Le gouvernement a persisté et la loi Maptam a été votée. Mais devant le mécontentement des maires, il y a eu des concessions avec la loi Notre. J’ai présenté plusieurs amendements au Sénat qui ont été acceptés dont l’un essentiel sur les PLUI [plans locaux d’urbanisme intercommunaux]. Ils seront élaborés par les conseils de territoire avant d’être approuvés par la métropole. Les maires restent donc maîtres de leur document d’urbanisme avec un droit d’opposition des communes à la partie du PLUI qui les concerne, sauf majorité des deux tiers du conseil métropolitain, ce qui est très improbable. Il y a eu aussi des amendements sur l’exploitation des casinos, les concessions de plages, etc. J’ai enfin obtenu que tous les maires siègent de droit au conseil de la métropole.

Serez-vous, comme cela semble se dessiner, le premier président de la métropole ?

Les 240 élus de la métropole sont en cours de désignation. J’attendrai que cette désignation soit terminée, le 8 octobre prochain, pour annoncer ou pas ma candidature, en fonction de la composition de la nouvelle assemblée. Il serait bien mal venu de procéder autrement. Disons qu’à ce jour, ma candidature est envisagée. Dès lors que le conseil métropolitain sera complet, le président de l’un des EPCI pourra convoquer une réunion de l’assemblée pour procéder à l’élection du président. Il est important que cette élection intervienne avant le 1er janvier 2016.

Quelles doivent être les priorités du futur président ?

Il va d’abord devoir rassurer tous les maires qui garderont leur pouvoir pendant deux ans, avant de nouveaux transferts de compétences. Il faudra aussi épargner les contribuables avec un lissage très progressif de la fiscalité sur douze ans. L’urgence sera également de sécuriser le fonctionnement du service public pour garantir le paiement des marchés, la poursuite des chantiers, etc. Tout cela doit être anticipé sans tarder avec une harmonisation de nos outils informatiques. Si je suis élu, je créerai un conseil des maires, rassemblant les 92 maires, pour les associer à la gouvernance de la métropole.

A plus long terme, quels sont les grands enjeux ?

Près de 2 millions d’habitants sur un vaste territoire multipolaire, voilà qui nous permettra de disposer d’un hinterland susceptible d’attirer de nouvelles entreprises, de relancer l’emploi, de combler nos retards en matière de développement. Dans les transports, nous allons nous attaquer en priorité à la liaison Aix-Marseille, à la desserte de l’aéroport, etc.

Pensez-vous pouvoir travailler sereinement avec Aix-en-Provence ?

La maire d’Aix-en-Provence défend bec et ongle son territoire avec souvent des propos d’une grande netteté… Elle peut aussi comprendre que je veuille défendre Marseille, deuxième ville de France. J’entends aujourd’hui des présidents d’EPCI et de futurs conseils de territoires qui veulent conserver leurs prérogatives. Ce sera le rôle du président de la métropole de mettre en action les compétences que la loi lui a données.

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