Architecture Technique Réhabilitation

Cure de jouvence pour la Halle Freyssinet

Mots clés : Béton - Rénovation d'ouvrage

Sauvé de la démolition, l’édifice en béton est désamianté et renforcé.

Dans le XIIIe arrondissement de la capitale, l’ancienne halle des messageries de la gare d’Austerlitz, construite entre 1927 et 1929 par Eugène Freyssinet, est appelée à une seconde vie. Ce bâtiment de 310 x 72 m – où l’ingénieur expérimenta la technique de précontrainte – est en effet appelée à devenir le plus grand incubateur de start-up au monde. Ce chantier est actuellement l’un des plus importants de l’Hexagone (désamiantage, déconstruction, renforcement) sur lequel interviennent une dizaine d’entreprises réparties en 23 lots.

La forte coactivité sur ce site exigu a conditionné de nombreux choix techniques, dont celui du « cryogommage » pour le nettoyage des bétons. La réparation des bétons dégradés et leur restauration à l’identique, en essayant de se rapprocher au maximum des parements originaux, sont en effet les points clés du chantier. « Le cryogommage consiste à projeter du gaz carbonique sous forme de petits bâtonnets de glace – contenant également une faible quantité d’abrasif (sable) – dont la température avoisine les – 80 °C. La glace se transforme directement en gaz sans passer par la phase liquide. Cette technique permet de limiter, en comparaison avec l’hydrogommage ou l’aérogommage, le volume de sable employé », explique Vincent Deniel, conducteur de travaux de l’entreprise Freyssinet. L’intervention, effectuée à la nacelle, ne nécessite par ailleurs aucun confinement. L’aspiration des poussières à la source et la mise en œuvre d’un dispositif de brumisation contribuent aussi à diminuer les nuisances. Autres avantages : pas de boues résiduelles, un support moins agressé et tout risque d’attaque sulfatique éliminé. « Nous devrons traiter 30 000 m² d’ici à la fin de l’année sur l’ensemble du bâtiment », précise Vincent Deniel. Toute la surface des voûtes est par ailleurs sondée au marteau, afin de purger et réparer les zones dégradées.
Côté bétons, outre les travaux classiques de passivation, la réparation des armatures s’effectue par soudure, la faible épaisseur des voûtes interdisant de travailler par recouvrement.

Retrouver l’aspect originel

Principale difficulté : la mise au point de la formulation du mortier hydraulique qui sera projeté par voie humide. « Il faut se rapprocher au maximum de la teinte et de la texture d’origine, en recréant notamment les effets de trames produits par les coffrages bois utilisés à l’époque pour couler les voûtes en place », commente Vincent Deniel. Le tout en harmonisant les travaux avec le patchwork des réparations contemporaines réalisées avec des mortiers de résine.

Pour les auvents extérieurs, les interventions ne se feront pas à la nacelle, mais sur des platelages roulants qui permettent d’intervenir en toute sécurité, en sous-face, et de passer rapidement d’une voûte à l’autre. Les parties très fissurées seront renforcées par du tissu de fibres de carbone. Il est également prévu de mettre en place un système de protection cathodique par anode sacrificielle en zinc sur les parties exposées aux intempéries (têtes de poteaux et tirants extérieurs), ainsi que de poser un hydrofuge et un antigraffitis. Enfin, les cornières de protection, implantées lors de la construction à la base des poteaux seront conservées. Les plus dégradées seront remplacées en les traitant pour recréer la corrosion existante.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : SDECN. Maître d’œuvre : Wilmotte & Associés. Architecte : 2BDM. Bureau de contrôle et coordonnateur SPS : Bureau Veritas. Entreprise : Freyssinet. Durée du chantier : douze mois. Montant des travaux : 2,58 millions d’euros HT.

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