Enjeux

Cuba : un nouvel Eldorado pour les PME du BTP ?

Mots clés : Entreprise du BTP - Gouvernement - PME

L’ouverture du marché aux étrangers et la visite de François Hollande vont faciliter l’arrivée d’entreprises françaises.

Cuba est plus courtisée que jamais. Après avoir fait figure de paria pendant cinquante ans, l’île des Caraïbes voit défiler, depuis un an, des délégations officielles venues « vendre » leurs entreprises sur un marché où la demande va exploser. Dernier en date, François Hollande s’est rendu à La Havane, le 11 mai.

Depuis le printemps 2014, le président Raùl Castro a accéléré le processus d’ouverture de l’économie cubaine aux investissements étrangers. Et les opportunités sont nombreuses pour le BTP, classé parmi les secteurs prioritaires par le gouvernement. Plusieurs décennies de sous-investissements et trois ouragans ont laissé les infrastructures et les équipements publics en souffrance, et les centres-villes décrépis. Près de 600 000 logements sont à bâtir. Le tourisme est, lui, en plein essor, et le réchauffement des relations avec les États-Unis va encore intensifier l’afflux de touristes sur l’île. Avec 10 millions de visiteurs attendus chaque année, d’ici à cinq ans, 150 000 chambres devront être construites avant 2025. Bouygues, présent sur ce créneau, depuis la fin des années 1990, en réalise déjà une partie.

« Cuba a l’âme d’une PME »

Si les entrepreneurs peuvent évidemment se positionner, ce sont les industriels de la construction qui devraient tirer au mieux leur épingle du jeu. La demande en matériaux et en équipements est exponentielle. Quant à l’augmentation des capacités de production, elle figure parmi les priorités des autorités locales. Total a d’ailleurs profité de la visite de François Hollande sur l’île pour signer un pré-accord avec la société cubaine Cupet pour la création d’une coentreprise de production de bitume. Pour Pierre Hervé, P-DG d’Industrie Bois et membre de la délégation du président français à Cuba, ce sont les PME qui ont le plus à gagner sur l’île. Sa société y exporte depuis cinq ans des structures et tuiles en bois fabriquées en France, et supervise leur mise en œuvre sur place. Basée dans l’Orne, l’entreprise réalise chaque année un chiffre d’affaires avoisinant le million d’euros à Cuba, soit 75 % de ses ventes. La société travaille aussi sur un projet d’implantation dans la nouvelle zone franche de Mariel (nord-ouest de l’île). « Les Cubains sont obligés de travailler avec de grands groupes pour certains projets, mais ce n’est pas ce qui les intéresse », assure Pierre Hervé. « Cuba a une âme de PME. Les Cubains soutiennent le savoir-faire artisanal, l’excellence, la rigueur. Les PME françaises ont une belle place à aller chercher, notamment dans le secteur hôtelier. Les besoins en matériaux y sont très importants : plaques de plâtre, produits ouvragés, installations précâblées, ou encore habillages de salles de bains. »

S’installer sur l’île reste un défi à relever.

Le marché a beau être attractif, commercer avec Cuba reste néanmoins complexe et coûteux. La PME de Pierre Hervé a dû débourser 200 000 euros et comprendre les rouages de l’administration cubaine avant d’être opérationnelle. Mais la politique en faveur des investissements étrangers mise en place en 2014 devrait simplifier les démarches. Une éventuelle levée de l’embargo américain inciterait aussi les banques françaises à accompagner les PME sur de plus gros marchés. Attention, toutefois, au mirage de l’Eldorado cubain. La concurrence y est rude : Chine, Brésil, Canada, Espagne, Venezuela… Mais pour Pierre Hervé, la visite de François Hollande devrait améliorer l’image des entreprises hexagonales : « Les Cubains sont patriotes et ce simple geste sera très porteur. »

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