Livres

Corbu, je t’aime moi non plus

François Chaslin est atteint de « Corbuïte » aiguë et, apparemment, il n’est pas le seul au vu des polémiques qui se sont déchaînées autour des révélations – qui n’en sont pas vraiment pour les plus avertis – du passé douteux ou pas très reluisant du grand maître. Le Corbusier est un fasciste et il faudrait revoir ses réalisations à l’aune de ce filtre idéologique, dénaturer ce que l’on peut considérer comme la plus grande œuvre architecturale du XXe siècle. Là n’est en aucun cas le propos de François Chaslin, d’autres s’en chargent pour lui, car l’écrivain, et non pas biographe ou critique, signe ici un livre on ne peut plus personnel : c’est Un Corbusier mais c’est son Corbu. Il ne faut donc pas s’attendre à une biographie au sens classique du terme, ni à un essai historique sur Le Corbusier. C’est un pavé de 500 pages qui se lit comme un roman policier, un objet inclassable où on a l’impression de pénétrer le cerveau de l’architecte et, en miroir, d’assister à la mue de l’auteur faisant le compte de ses années passées. C’est aussi et surtout, un livre d’histoires tant les personnages, célèbres et anonymes, sont nombreux à traverser les pages. Qu’ils gravitent de près ou de loin autour de la figure de l’architecte, ils...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 245 du 14/10/2015
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