Construction numérique AXE A

CONVAINCRE ET DONNER ENVIE

La maquette numérique s’est répandue dans le secteur de la construction depuis plusieurs années mais son usage reste limité. Quant à son intégration dans un processus BIM (Building information modeling) permettant le travail collaboratif entre acteurs, elle est encore trop peu développée en France. À peine quelques dizaines de projets sont aujourd’hui référencés.

Afin d’accompagner au mieux l’ensemble de la filière, et notamment les nombreuses TPE et PME qui la composent, la France a choisi la voie de l’incitation pour généraliser l’usage de ces outils numériques dans le bâtiment. Mais ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’obligation qu’il ne faut pas envoyer ce signal : il y a urgence à s’engager dans cette voie et à se former.

Avant de généraliser ces pratiques, il faut donc convaincre et donner envie au plus grand nombre possible d’acteurs de tous types et en particulier aux maîtres d’ouvrage. C’est à eux de prendre l’initiative de lancer leurs appels d’offres en BIM. Si les majors du BTP et les grands groupes d’ingénierie maîtrisent les outils numériques depuis le début des années 2000 pour gagner des concours sur les grands projets, notamment à l’international, leur usage commence tout juste à se développer sur des projets de taille plus modeste. Mais ces opérations sont plus difficiles à repérer car moins médiatisées. Le PTNB s’emploie à repérer et analyser les expériences en cours, afin de rendre visibles les bonnes pratiques de l’utilisation des outils numériques et du processus BIM aux différents stades de ces projets.

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FICHE ACTION - Baromètre

Résumé

Le suivi des usages du numérique par les professionnels de la construction répond au besoin indispensable d’en mesurer la progression et l’impact sur les métiers. C’est l’objet de ce baromètre, conçu pour suivre périodiquement l’avancée de cette progression de l’usage du numérique chez les professionnels de la construction et aiguiller ainsi les travaux du PTNB.

Enjeux

Qui utilise les outils numériques, comment, et à quel niveau d’échange ? La perception qu’ont les professionnels vis-à-vis du numérique évolue tous les jours. Il n’existe pas d’indicateurs de mesure précis pour répondre à ces questions, apparemment simples. Voilà pourquoi le PTNB a décidé d’interroger périodiquement les professionnels du bâtiment à ce propos. Cette enquête statistique, menée sur un échantillon représentatif et reconduite régulièrement, est destinée à restituer un état des lieux réel des usages et de la perception du BIM et de la maquette numérique en général, et de l’ensemble de la démarche numérique en particulier. Ce baromètre est donc autant le témoin d’une évolution qu’un moyen d’orienter les actions dans le bon sens.

Objectifs

Cette enquête menée de façon régulière traite de nombreux indicateurs. Parmi eux, la progression globale de la connaissance et de l’usage du BIM et de la maquette numérique montre le résultat de l’effort global du PTNB. L’analyse des autres indicateurs cherche à mesurer aussi finement que possible l’impact de la formation, des outils d’aide métiers, le niveau d’usage des documentations, l’investissement dans les logiciels, l’accompagnement, les freins, les aides attendues…

Communiqué à l’ensemble des professionnels du bâtiment, un tel baromètre attire leur attention sur les progrès de leurs confrères et leur donne envie de rejoindre le mouvement. Le détail par profession leur sert d’étalon pour se situer dans leur famille métier.

Reprises par les organisations professionnelles, commentées dans les médias, toutes ces informations participent à rassurer tout comme à mobiliser les acteurs de tous les métiers.

Méthode

Pour chaque enquête, un minimum de 1 000 répondants est exigé afin d’obtenir des résultats cohérents et exploitables. Ils sont répartis en 5 catégories professionnelles : maîtres d’ouvrage, entreprises de BTP, maîtres d’œuvre (architectes, bureaux d’études, économistes, contrôleur technique,…), industriels et enfin gestionnaires de patrimoine. Pour chacune, un minimum allant de 80 à 150 répondants en fonction des catégories, est nécessaire pour qualifier les résultats. Les questionnaires, dont l’accroche est adaptée à chaque catégorie, sont administrés par plusieurs campagnes d’e-mails successives dont les adresses sont extraites de bases de données qualifiées.

Résultats

Les deux premières enquêtes, réalisées en mars 2016 puis en décembre 2016, montrent une grande cohérence et une prise de conscience de plus en plus nette de la nécessité de « franchir le pas » en travaillant en mode BIM.

Ainsi, sur neuf mois, le pourcentage de professionnels déclarant ne jamais utiliser le BIM diminue fortement (-8 points) même s’il reste encore à un niveau élevé (65 %) : la transition numérique est en marche mais le chemin à parcourir est encore long ! En parallèle, le niveau d’adoption du BIM, toutes catégories d’acteurs confondues, progresse de 27 % à 35 % ; un taux moyen d’ores et déjà significatif, avec des contrastes importants. On note ainsi que 26 % des maîtres d’ouvrage déclarent désormais avoir adopté le BIM. On constate également une progression rapide du BIM chez les maîtres d’œuvre dont le taux d’appropriation passe en quelques mois de 37 % à 50 %. Les concepteurs, architectes, ingénieurs, économistes… intègrent désormais de plus en plus régulièrement le BIM dans leur démarche, et vont entraîner dans la foulée leurs partenaires.

Ce phénomène d’adoption progressive du BIM est conforté par l’analyse de l’image du BIM auprès des professionnels qui progresse positivement et est vécue comme une évolution nécessaire. Dans les qualificatifs utilisés, les aspects positifs progressent significativement, comme intéressant (+ 5 points) réelle nouveauté (+ 5 points) ou utile (+ 2 points). Alors que les aspects négatifs reculent : coûteux (- 7 points), marketing (- 3 points), inutile (- 2 points). Enfin, la volonté de se former au BIM et à la maquette numérique progresse de 5 points, atteignant la moitié des personnes interrogées.

Quant aux freins, ils restent liés au coût d’investissement, au manque de compétences et à l’absence de standard des outils et surtout des protocoles. Ce dernier reproche devenant très marqué (+ 7 points).

Pour ce qui concerne les pouvoirs publics, ils sont plus fortement attendus sur l’action en faveur de l’adoption de standards, qui progresse de 4 points. La demande de soutien à la formation lui stagne quant aux aides financières, elle recule (- 4 points).

À noter enfin que de plus en plus de professionnels (39 %) souhaiteraient que les pouvoirs publics fassent évoluer la réglementation de manière à encourager l’usage du BIM.

Agenda

Les résultats du premier baromètre ont été publiés en mai 2016. Ceux du deuxième le seront en février 2017.

Un troisième baromètre devrait être disponible fin 2017.

[ PERSPECTIVE

Fin 2014, seuls quelques « précurseurs » utilisaient le BIM. Aujourd’hui plus du tiers des professionnels français ont commencé à utiliser le BIM. On est au-delà du « taux de maturité précoce » de 18 % défini par le scientifique E.M. Rogers dans la diffusion des technologies, un niveau d’inflexion important qui voit définitivement basculer une famille d’utilisateurs dans de nouveaux usages1. ]

1) Le taux d’usage moyen du BIM progresse de 11 % à 13 %. La progression est très marquée chez les maîtres d’œuvre (+ 9 points). La preuve qu’ils l’intègrent désormais davantage dans leur démarche.

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FICHE ACTION - Analyse des coûts et bénéfices du BIM en vue d'une généralisation

Résumé

Cette étude technico-économique vise à définir et mesurer l’apport réel de la maquette numérique et de la démarche BIM à toute la chaîne de valeur de l’acte de construire. Confiée à des consultants indépendants spécialisés dans l’analyse prospective, elle se détaille en quatre phases.

Enjeu

Combien coûte véritablement la mise en place d’une démarche BIM ? Et surtout combien rapporte-t-elle à l’ensemble de ses intervenants ? Dans les faits, la mesure réelle du retour sur investissement (RSI) du numérique est encore assez peu précise dans le secteur de la construction. Trop souvent des chiffres fantaisistes circulent. Pour certains experts, l’économie réalisée varierait de 5 % à 10 %.

Pour d’autres elle atteindrait les 30 %. Une chose est sûre : à ce jour personne ne possède de données fiables car les sources varient, les projets sont tous différents et dépendent d’un très grand nombre de facteurs.

C’est pour y voir clair, situer la France par rapport aux autres pays européens, mettre en avant une certaine confiance dans les chiffres et éventuellement définir une méthode économique opérationnelle la plus proche de la réalité, que le Plan a décidé de lancer cette étude.

Objectifs

L’action est conduite à partir d’un état des lieux des opérations BIM déjà réalisées ou en cours de déroulement en France ou en Europe. La première phase consiste à cerner et mieux comprendre comment nos voisins européens les plus avancés ont développé le BIM ; et ainsi détailler les gains qu’ils en ont tirés, les meilleures pratiques qu’ils notent autant que les risques potentiels d’échec dus à une diffusion large ou mauvaise du numérique. Vient ensuite le temps, en deuxième phase, de réaliser la même analyse auprès des acteurs du secteur français et de l’axer davantage sous un angle technico-économique. Puis, avec la phase 3, il sera temps de porter l’attention sur des projets réels, pour en mesurer finement les retours, les avantages et les risques technico-économiques réellement rencontrés. C’est à partir de ces trois phases que sera établi le bilan complet de la phase 4. Elle proposera un outil opérationnel de mesure autant que d’aide à la décision. Un outil opérationnel pour que, chiffres à l’appui, l’ensemble des acteurs de la construction désirant investir le numérique puissent en mesurer l’intérêt dans leur structure. De nombreux objectifs sont assignés à l’étude selon la phase qu’ils concernent.

Méthode

L’appel d’offres, lancé fin 2016, a permis de sélectionner un prestataire pour réaliser les quatre phases. Chacune fait l’objet d’un suivi et de validations par étapes, au fur et à mesure de l’avancement.

En phase 1, l’analyse économique s’appuie sur des retours d’expériences européennes. Les pouvoirs publics des pays étudiés (10 au maximum) sont en train ou ont déjà instauré une politique réglementaire et financière pour diffuser le numérique auprès des professionnels du bâtiment. L’objectif est de recenser leurs actions et d’en analyser les retours économiques pour les extrapoler au cas français. Aussi bien les réussites présentant des gains en efficience que les échecs risquant de générer des coûts supplémentaires ou de la complexité dans l’acte de construire.

La phase 2 suit le même schéma centré sur le secteur du bâtiment français : identifier les attentes des acteurs nationaux puis évaluer les potentiels d’amélioration économique offerts par le BIM tout au long de la chaîne de valeur de l’acte de construire. Depuis la conception jusqu’à la réception du bâtiment.

La phase 3 s’appuie sur une dizaine de cas réels en France, présentant un éventail représentatif de différentes opérations types : public ou privé, résidentiel ou tertiaire, collectif ou individuel. Il s’agit, d’une part de vérifier les résultats des deux phases précédentes, d’autre part de réaliser des études technico-économiques selon plusieurs scénarios, situations ou points de vue d’acteurs. La méthodologie mise au point pourrait ensuite, à terme, permettre de bâtir des scénarios types d’analyse des coûts qui soient transposables à d’autres projets ultérieurs.

La phase 4 dresse le bilan des trois premières phases. Les services de l’État disposeront alors d’un document synthétique directement exploitable pour servir d’aide à la décision. Il reprendra les méthodologies et les principaux résultats de l’étude et proposera des indicateurs et des chiffres clés pour aider à élaborer un contexte réglementaire prévisible à l’horizon 2018-2020, notamment sur les évolutions et les exigences environnementales ou énergétiques de la prochaine réglementation environnementale.

Résultats

Les résultats et le bilan final feront l’objet d’une publication fin 2018.

Agenda

Le marché a été notifié le 23 novembre 2016 à un groupement solidaire composé de Kyu Lab (mandataire) et ACTH. L’étude a été lancée le 12 décembre 2016 pour une durée de 22 mois. Son rendu est prévu pour octobre 2018.

[ PERSPECTIVE

Cette mise à disposition de cas pratiques d’utilisation réelle du BIM et de la maquette numérique sur des projets en France et en Europe permettra aux acteurs de la construction de mieux appréhender l’apport du numérique dans leurs métiers en quantifiant techniquement et économiquement les bénéfices et le retour sur investissement2 à en attendre. ]

2) « Le retour sur investissement du BIM est encore mal évalué. Seule l’étude réalisée par McGraw Hill Construction en 2013 montre que 47 % des professionnels dans le monde l’évaluent à l’époque entre 0 % et 25 %.

Personne ne connaît réellement sa valeur en France aujourd’hui. » RSI du BIM perçu par les maîtres d’œuvre (selon le niveau d’engagement BIM) Source : McGraw Hill Construction, 2013

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FICHE ACTION - Atelier BIM virtuel

Résumé

Ce projet porté par l’Union sociale pour l’habitat consiste à reprendre entièrement, en mode BIM, un projet déjà construit de façon traditionnelle avec des petites entreprises (TPE et PME). Le retour d’expérience comparatif des deux approches vise à mieux comprendre les apports du numérique ainsi que les freins ou difficultés qu’il induit chez les acteurs de la construction.

Enjeu

Comment comparer vraiment un projet traditionnel avec un projet entièrement numérique ? Et savoir si le BIM est une véritable source de progrès et non pas un atout théorique. Pour cela, rien de mieux que de « refaire le match », comme le font les sportifs. C’est l’idée de cet Atelier BIM virtuel (ABV) où chaque mot est important.

C’est d’abord un atelier, car il rassemble tous les acteurs de l’acte de construire et en explore les échanges collaboratifs. Il fait ensuite référence au BIM, à ses processus d’échange en niveau 2, aussi bien ses méthodes, outils, savoir-faire, avantages et opportunités que ses contraintes, difficultés et freins. Rappelons qu’en BIM de niveau 2, les maquettes de l’ABV sont produites à partir des différents logiciels métiers de l’architecte, des bureaux d’études, de l’économiste… Les maquettes numériques et les documents associés ou liés sont stockés sur une plateforme collaborative qui constitue la base d’informations partagées. Le maître d’ouvrage ainsi que tous les acteurs du projet peuvent ainsi consulter les données, les utiliser pour communiquer, vérifier et traiter différents cas d’usage.

Enfin l’atelier est virtuel, car c’est une simulation pour refaire un projet de logements existant et déjà réalisé en lots séparés, de manière « classique », à savoir sans utiliser le BIM. Cette expérimentation menée en vraie grandeur pendant 9 mois réunit plus d’une centaine de participants, dont 29 organisations professionnelles et principalement des TPE et des PME, autour d’une opération courante de 30 logements.

Objectifs

Toutes les organisations professionnelles de l’acte de construire et d’exploiter (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises, industriels, exploitants) sont concernées.

Cette implication est essentielle, chacune pourra alors bénéficier des retours d’expérience de l’opération sur son activité propre et sur ses échanges avec ses partenaires. L’objectif est donc triple :

– Pour chacune, il s’agit d’abord d’identifier « l’état de l’art du BIM, dans la vraie vie, aujourd’hui » qui leur sert à conduire une telle opération de construction. Elles ont ainsi les moyens d’établir une comparaison entre leur approche « classique » et l’approche BIM.

– Cela aboutit à réaliser une synthèse des retours d’expérience, des apports, mais aussi des interrogations, freins ou difficultés induits par cette nouvelle pratique.

– Enfin, elles pourront partager ensemble et diffuser métier par métier les résultats de leurs analyses.

Toutes les phases du projet sont couvertes : de la programmation à la conception, de la construction à l’exploitation, et enfin de la déconstruction au recyclage.

Méthode

L’Atelier BIM virtuel est un cadre de travail collaboratif qui fonctionne sans réaliser l’ouvrage. Son objectif est de simuler le fonctionnement des processus numériques, de produire des analyses et des synthèses, afin de tester des scénarios ou de réaliser des focus sur des points particuliers. Cette méthode sert de base pour comparer ce nouveau processus à l’approche traditionnelle et mettre en évidence les bénéfices, les difficultés et les freins. Elle vise d’abord à proposer des réflexions sur les organisations et les modes de travail afin d’optimiser le fonctionnement en BIM, ensuite mettre en évidence les nouvelles pratiques qui en découlent, enfin aboutir à des retours d’expérience par métiers et par phases.

En partant d’un cas de projet déjà réalisé avec une méthode traditionnelle, l’ABV se conçoit comme une rétro-ingénierie ou rétro-conception pour :

– retracer étape par étape comment cela devrait ou pourrait être réalisé autrement en BIM ;

– simplifier les travaux alors que l’ouvrage est déjà conçu, réalisé et exploité ;

– gagner du temps dans les travaux réalisés par différents métiers ;

– produire des études comparatives.

Pour cette expérimentation, le programme retenu est la résidence de 30 logements Saint-Éloi3, labellisée BBC Ef-finergie et édifiée à La Rochelle en lots séparés. L’Office Public de l’Habitat de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle (OPH CDA) l’exploite depuis 2012.

Résultats

L’Atelier BIM virtuel aboutit à mesurer qualitativement les progrès ou les reculs provoqués sur le projet architectural réalisé par l’OPH CDA de La Rochelle, comme s’il avait été construit en mode BIM. Ces résultats témoignent de l’état de l’art actuel et en vraie grandeur du BIM tel qu’il est pratiqué aujourd’hui en utilisant les différents outils disponibles.

Il en découle une comparaison entre l’approche traditionnelle et l’approche BIM de ce projet, dans toutes ses dimensions. Cette synthèse prend la forme de retours d’expérience qui identifient les atouts et les freins. Ils sont mis à la disposition de tous les professionnels de la construction, pour qu’ils en partagent largement les résultats.

Agenda

Lancé à l’été 2016, l’ABV sur l’immeuble de l’OPH CDA de La Rochelle est en cours. L’expérimentation devant durer neuf mois, les résultats finaux seront publiés au plus tard au cours de l’été 2017.

[ PERSPECTIVE

Un effort complémentaire est prévu pour aller plus loin dans le retour d’expérience en approfondissant le domaine de la partie exécution, et en éditant des fiches synthétiques explicitant les enseignements du projet ABV.]

3) Édifiée traditionnellement, la résidence Saint-Éloi construite en 2012 par l’OPH CDA de La Rochelle fait actuellement l’objet d’une étude de rétro ingénierie ou rétro conception. Baptisé Atelier BIM virtuel, ce travail qui réunit tous les intervenants vise à évaluer les atouts et les écueils du numérique si sa réalisation avait été effectuée en mode BIM.

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FICHE ACTION - Accompagnement de maîtres d'ouvrage publics et privés pour la réalisation d'opérations de constructions neuves ou de rénovation en maquette numérique et en BIM

Résumé

Un appel à projets a été lancé auprès de maîtres d’ouvrage publics et privés pour mener des opérations pilotes de construction neuve employant la maquette numérique depuis la programmation jusqu’à l’exploitation. Un deuxième appel à projets invite les maîtres d’ouvrage à expérimenter des techniques numériques pour la rénovation.

Enjeu

Les appels d’offres intégrant le BIM dans leur cahier des charges ne se développent en France que depuis 2015. Au-jourd’hui, 5 à 6 % des consultations recourent au BIM. Les professionnels se posent encore de nombreuses questions sur l’utilisation de la maquette numérique dans les opérations de construction neuve, mais aussi sur la numérisation et la modélisation des ouvrages existants. Pour encourager les maîtres d’ouvrage à imposer la maquette numérique dans leurs projets, un accompagnement méthodologique, à la fois technique, opérationnel et organisationnel, est indispensable. De plus, il est nécessaire d’obtenir des retours d’expériences concrets d’opérations menés en BIM afin d’en tirer des enseignements utiles à tous.

Objectifs

Dans le neuf, l’objectif est d’expérimenter l’usage de la maquette numérique à tous les stades de développement du projet, sur des cas réels d’opérations en cours de lancement. Le PTNB a souhaité mener des projets expérimentaux sous forme d’opérations pilotes afin d’examiner les conditions réelles de mise en œuvre de la maquette numérique. Les maîtres d’ouvrage doivent s’engager à réaliser une opération en maquette numérique, de la programmation à l’exploitation/maintenance. Il s’agit de suivre des ouvrages de différentes natures : logements collectifs et individuels sous maîtrise d’ouvrage publique et privée, équipement public pour une collectivité, tertiaire privé. Dans l’existant, le scanner 3D se répand pour numériser les ouvrages. Outre cette technique, le PTNB souhaite soutenir des projets faisant appel à d’autres technologies comme des applications sur tablette, l’intégration de photos ou autres informations dans la maquette numérique. L’objectif est de généraliser l’usage du numérique via la récupération puis l’intégration d’informations par tous les professionnels.

Méthode

Le PTNB a publié mi-2015 un premier appel à projets auprès des maîtres d’ouvrage publics et privés ainsi qu’aux constructeurs de maisons individuelles impliqués dans la réalisation de bâtiments neufs sous maquette numérique. Cette expérimentation, à partir d’opérations pilotes, permet d’analyser les conditions réelles de mise en œuvre de la maquette numérique sur une opération, les bénéfices et les difficultés rencontrées par les différents acteurs4.

Le deuxième appel à projets, lancé début 2016, s’adresse aux maîtres d’ouvrage publics et privés qui souhaitent lancer sur le territoire français des opérations de rénovation ou de réhabilitation, à l’aide d’une maquette numérique alimentée par un processus BIM5.

Résultats

Huit projets, parmi trente candidats, ont été récompensés en décembre 2015 au terme de l’appel à projets dédié à l’accompagnement de maîtres d’ouvrage en construction neuve : quatre projets de logements collectifs, deux projets de maisons individuelles, un gymnase et un immeuble de bureaux privé. Sur ces opérations, la démarche BIM a renforcé le travail collaboratif entre les acteurs et assuré une meilleure maîtrise des objectifs. L’observation en temps réel de ces projets permet d’évaluer les besoins de montée en compétence de la filière au travers de TPE et PME volontaires représentatives. Les besoins identifiés concernent notamment le travail collaboratif et les revues de projet, les évaluations techniques à partir des maquettes numériques, la prévention et la gestion des détails techniques et des interfaces entre corps d’état, la simulation et le suivi du déroulement de chantier par l’entreprise générale, l’aide à la décision grâce aux outils numériques innovants.

L’appel à projets pour l’utilisation du BIM et de la maquette numérique sur des ouvrages existants a suscité quinze candidatures. Le jury, réuni en décembre 2016, a retenu sept projets qui apporteront un retour d’expériences concret sur des opérations de numérisation et de modélisation des ouvrages existants afin d’en tirer des enseignements sur les plans technique, méthodologique et financier.

Les opérations de réhabilitation de logements retenues, très variées, vont de 54 logements sociaux à une maison de retraite privée, en passant par un château.

Côté équipements publics, deux communes seront subventionnées pour la transformation d’un ancien magasin en centre médical et crèche et la réhabilitation d’un groupe scolaire. Enfin deux opérations de réhabilitation de bureaux privés font partie de la sélection.

Agenda

L’appel à projets « construction neuve » publié le 30 juin 2015 a été clôturé le 2 novembre 2015. Le jury a sélectionné huit projets début décembre 2015.

L’appel à projets « ouvrages existants » publié le 1er juillet 2016 a été clôturé le 30 septembre 2016. Le jury s’est réuni le 15 décembre 2016 et a sélectionné sept opérations.

[ PERSPECTIVE

Les opérations pilotes menées avec des maîtres d’ouvrage volontaires devraient encourager les autres à se lancer aussi, en s’appuyant sur les enseignements tirés de ces premières expériences. ]

4) Sur l’opération de construction de 19 logements sociaux collectifs à Petit Mars (Loire-Atlantique), d’Habitat 44, la démarche BIM a renforcé le travail collaboratif entre les acteurs et permis de maîtriser les objectifs.

5) Afin de généraliser la transition numérique dans le bâtiment, il est indispensable de développer la maquette numérique et le BIM sur les ouvrages existants.

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FICHE ACTION - Accompagnement de maîtres d'ouvrage et de gestionnaires de patrimoine dans l'utilisation du BIM et de la maquette numérique en gestion, exploitation, maintenance

Résumé

Des opérations pilotes, menées avec des maîtres d’ouvrage, des gestionnaires de patrimoine, dans les conditions réelles de mise en œuvre de la maquette numérique et du BIM en phase d’exploitation, vont préciser le potentiel et identifier les freins à la généralisation du BIM pour la gestion-exploitation-maintenance (GEM).

Enjeu

Le BIM est de plus en plus utilisé en phase de conception et de construction des bâtiments mais encore peu durant leur exploitation. C’est pourtant l’étape la plus longue dans la vie d’un ouvrage et elle représente plus de 75 % du coût global d’un bâtiment.

Au gré des changements de propriétaire, de gestionnaire, d’utilisateur, voire d’usage, l’information sur le bâtiment est difficile à récupérer.

Alors pourquoi ne pas prolonger l’usage de la maquette numérique après la livraison du bâtiment pour en faire un outil de gestion et d’exploitation en utilisant les informations des phases de conception et de construction ? Au-delà des projets neufs conçus et réalisés en BIM, la maquette numérique deviendra alors un outil d’exploitation du patrimoine existant6. Il reste cependant des difficultés à résoudre, comme la gestion des données numériques sur tout le cycle de vie du bâtiment pour que les informations restent accessibles, fiables et exploitables malgré l’évolution des systèmes utilisés.

Objectif

Trop peu d’opérations sont actuellement gérées et exploitées en BIM. Ce n’est pas suffisant pour en tirer des enseignements généralisables. Le PTNB mène cette expérimentation sous forme d’opérations pilotes afin d’examiner les conditions réelles de mise en œuvre de la maquette numérique et du BIM en phase de gestion, d’exploitation ou de maintenance (GEM).

Méthode

L’appel à projets d’expérimentation de l’usage du BIM et de la maquette numérique en gestion, exploitation, maintenance est lancé à destination des maîtres d’ouvrage publics et privés et de gestionnaires de patrimoines.

Il s’agit d’observer comment constituer une maquette numérique GEM par rapport à un usage donné, et de comprendre la gestion en temps réel, à toutes les étapes, de plusieurs types de bâtiments avec la maquette numérique et le BIM : logements collectifs neufs ou existants opérés par une maîtrise d’ouvrage publique ou par un gestionnaire de patrimoine privé, logements individuels neufs ou existants réalisés par un constructeur de maisons individuelles, équipements publics gérés par une collectivité, bâtiments tertiaires suivis par des gestionnaires de patrimoine privés.

Résultats

Les enseignements tirés de l’expérimentation seront regroupés sous forme de guides et de recommandations à destination des acteurs de la construction et de l’immobilier, notamment des conseils pour l’archivage des opérations et la traçabilité des interventions sur des bâtiments du patrimoine public, des cahiers des charges d’applications génériques pour les gestionnaires de parc de bâtiments.

Agenda

L’appel à projets d’expérimentation a été publié le 3 février 2017 et sera clos le 7 avril 2017.

[ PERSPECTIVE

Le BIM constituera une source d’amélioration de qualité et d’optimisation des coûts tout au long de la vie du bâtiment. ]

6) La maquette numérique de gestion et de maintenance d’un ouvrage : un point de départ pour développer des outils de gestion quotidienne autour de la vie de l’ouvrage.

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FICHE ACTION - Portail du bâtiment numérique

Résumé

Le site Internet www.batiment-numerique.fr accompagne l’avancée des travaux du PTNB.

Il est accessible gratuitement à tous les professionnels.

Enjeux

Pour sensibiliser les acteurs de la construction à la transition numérique en leur délivrant un message commun, quoi de mieux qu’un site Internet accessible à tous et permettant de consulter les bonnes pratiques, les documents explicitant les concepts et les démarches, les références d’acteurs et de logiciels… ?

Objectif

Pour convaincre le plus grand nombre de professionnels du bâtiment et leur donner envie de se lancer dans cette démarche, le PTNB s’appuie sur l’animation d’un portail du bâtiment numérique. Ce site Internet valorise les actions menées et promeut les résultats des travaux. Dans l’ordre, il s’agit d’abord d’analyser des expériences en cours de construction neuve et de rénovation utilisant les outils numériques, et d’en tirer les enseignements les plus clairs possibles en termes d’investissements nécessaires et de bénéfices (coûts, délais, qualité…). Ensuite de mettre en évidence les bonnes pratiques numériques et des kits pédagogiques de sensibilisation.

Méthode

Dès son lancement le PTNB a ouvert le portail www.batiment-numerique.fr . Ce site Internet accessible gratuitement propose à tous les acteurs d’accéder aux bonnes pratiques de maquette numérique et du BIM dans les projets de construction/rénovation/gestion. Il leur permet aussi de suivre l’évolution de l’appropriation des outils numériques par les professionnels afin de répondre aux questions des acteurs en matière d’utilisation de ces outils (maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre…) en s’appuyant sur des kits pédagogiques adaptés. Enfin, et surtout, il rassemble tous les documents de référence : définitions, guides, recommandations, exemples résultant des actions lancées par le PTNB, dans une rubrique dédiée : « Espace Pro ».

Résultats

Le portail www.batiment-numerique.fr est conçu pour répondre aux attentes de tous les professionnels de la construction curieux de transition numérique. Plusieurs onglets sont proposés.

L’onglet PTNB, première rubrique du site, rappelle la genèse et les objectifs du Plan transition numérique dans le bâtiment, depuis la création de la mission sur le numérique appliqué au bâtiment, confiée à Bertrand Delcambre par la ministre du logement Sylvia Pinel en juin 2014, jusqu’au lancement du PTNB six mois plus tard.

L’onglet Actions est organisé selon les trois axes du Plan (Convaincre et donner envie, Accompagner la montée en compétences et développer des outils adaptés, Apporter de la confiance dans le numérique). Les actions menées par le PNTB avec ses partenaires sont détaillées dans cette deuxième rubrique du site. Afin de mieux comprendre l’état des lieux du BIM en France, le PTNB utilise le portail www. batiment-numerique.fr pour interroger périodiquement les professionnels du bâtiment sur leurs pratiques. Les enseignements de ces enquêtes sont diffusés sur le site via le « Baromètre du numérique ».

En plus de sa fonction de communication, le site a vocation à accueillir tous les livrables du PTNB utiles aux professionnels, dans la rubrique « Espace Pro ». Les différents livrables des actions y sont disponibles.

Dernier onglet, Référents territoriaux donne accès à un réseau national s’appuyant sur les entités territoriales des organisations professionnelles et sur les initiatives locales les plus avancées en matière de numérique. C’est un autre grand défi : assurer la montée en compétences des professionnels qui se fera notamment via les plateformes collectives hébergées par des clusters de la construction et autres technopôles dans les régions. Pour l’heure, les internautes y trouvent des appuis et des conseils de leurs organisations professionnelles près de chez eux. Sur une carte de France sont indiqués les contacts de personnes disponibles et compétentes sur le numérique dans leur métier. Enfin, le site dispose d’un extranet qui facilite l’échange et le stockage des documents de travail du comité de pilotage, du comité technique et des groupes de travail du PTNB.

Agenda

Lancement de l’analyse des besoins : mars 2015. Première mise en ligne : 30 juin 2015

[ PERSPECTIVE

Le portail du bâtiment numérique accompagne un plan de communication (conférences, animations, média, salons…) qui présente les actions du PTNB et les résultats des travaux mis à la disposition de l’ensemble des professionnels. ]

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