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Construire avec le risque inondation, une stratégie pour renouveler la ville

Mots clés : Sécurite civile

Les inondations représentent, en France, le premier risque naturel : un bâtiment sur quatre y serait exposé et plus de 20 % de la population française vivrait en zone inondable. Des chiffres qui impressionnent, mais traduisent le simple fait que, de tout temps, les hommes se sont installés dans les vallées, près des rivières et des côtes, tirant avantages des cours d’eau pour l’irrigation et la vie domestique, les voies de communication et la force motrice. L’eau est indispensable à la survie des civilisations et les communautés humaines, depuis longtemps habituées aux caprices des fleuves, ont apprécié le bénéfice des limons fertiles que les débordements des rivières apportent aux cultures. Les cités et les constructions se sont adaptées à ces flux saisonniers, les maisons ont été surélevées, les rez-de-chaussée réservés aux entrepôts, au logement des animaux ; ils abritent des ateliers faciles à déménager, les logements sont en étages. On n’a jamais craint de vivre le long des cours d’eau et sur le bord des océans : Venise, Amsterdam ou Bangkok en témoignent.

Se prémunir des risques

Sur tout le territoire, le drainage des sols s’est complété au fil des siècles ; les marais sont asséchés et les estuaires des fleuves, les lagunes littorales sont endigués. Une organisation sociale s’est mise en place pour curer les rivières, créer des déversoirs, contenir les torrents ou aménager les cordons dunaires face aux grandes marées. Des pays entiers comme les Pays-Bas, qui ont conquis les terres sur la mer, ont su se prémunir de ces risques, et n’ont cessé, pour leur survie, d’aménager la cote et les fleuves en créant des polders.

Mais les cultures ancestrales de l’acceptation du risque naturel se sont souvent effacées de la mémoire collective. Et si la majorité des causes d’inondations perdurent, on observe une intensification de ces phénomènes par les effets du changement climatique. Les débordements saisonniers des rivières, les épisodes cévenols, les crues torrentielles dans les zones de montagne, les risques de submersion océaniques sous l’effet de fortes marées ou de phénomènes météorologiques exceptionnels apparaissent plus fréquents.

Pourtant la mise en cause du facteur climatique fait oublier que les paramètres entropiques amplifient largement les dévastations causées par les accidents naturels. La spéculation et l’urbanisation à outrance...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 245 du 14/10/2015
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