Actualité Logement

Construire à la fois plus, mieux et moins énergivore

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

Le mal vivre dans les grands ensembles datant des Trente Glorieuses se focalise à Forbach (Moselle) dans la cité du Wiesberg (photo ci-dessous), avec les 1 280 logements construits par Emile Aillaud dans les années soixante pour répondre aux besoins des Houillères. Le candidat UMP Alexandre Cassaro propose de les remplacer par des immeubles de plain-pied, accessibles à une population vieillissante, tandis que le maire socialiste sortant Laurent Kalinowski rappelle qu’une étude urbanistique, architecturale et sociologique doit poser les jalons d’une requalification urbaine respectueuse de cet ensemble labellisé « Patrimoine du XX e siècle ».

Si la problématique forbachoise trouve un écho dans nombre de banlieues et de villes en reconversion, la production de logements neufs reste la priorité des métropoles sous tension, à commencer par l’agglomération capitale : « Il faut absolument changer de braquet pour intensifier le rythme de construction et atteindre 70 000 logements par an », a récemment déclaré Cécile Duflot, ministre du Logement. Ce chiffre correspond à un doublement de la production actuelle. L’Etat mise sur la création de la métropole du Grand Paris, au 1 er janvier 2016, et sur les nouvelles structures intercommunales de plus de 200 000 habitants, en grande couronne, pour tenir ses objectifs.
Suite au record de production enregistré en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2013 avec 8 600 logements sociaux financés, le gouvernement stimulera les nouvelles équipes municipales autour de l’objectif de 12 000. Comme en Ile-de-France, les Etablissements publics d’aménagement se mettront au service des grandes intercommunalités.

Mieux répartir l’offre

L’impératif quantitatif ne fait pas toujours consensus : à Dijon, où les projets d’écoquartiers se développent au sud de la ville, le maire socialiste sortant, François Rebsamen, affiche un objectif de 20 000 logements d’ici à 2020. Date à laquelle la capitale bourguignonne espère entrer dans la norme légale de 20 % de logements sociaux, au lieu des 17,5 % d’aujourd’hui. Son adversaire UMP, Alain Houpert, plaide pour un moratoire sur les programmes immobiliers dans le tissu existant, et pour une réduction de la densité des écoquartiers, au profit de l’espace public.
Aux débats quantitatifs, s’ajoutent ceux qui concernent la répartition territoriale. A Marseille, Patrick Menucci, challenger socialiste du sortant UMP Jean-Claude Gaudin, veut retravailler le PLU pour modifier la répartition géographique des logements sociaux. La réflexion sur les aspects qualitatifs de l’offre trouve un écho dans les grandes agglomérations de Rhône-Alpes : celle de Lyon souhaite inciter les professionnels à créer des logements modulables dans les opérations d’aménagement, pour répondre à des parcours de vie de moins en moins linéaires (divorces, familles recomposées…) et encourager les pratiques d’habitat coopératif. De même, Grenoble, membre du réseau national des collectivités pour l’habitat participatif, créé le 24 janvier dernier à Strasbourg, dédie des parcelles à ces nouvelles pratiques, dans ses zones d’aménagement.

Combattre la précarité énergétique

Tant pour des motifs d’économie foncière que de lutte contre la précarité énergétique, les réhabilitations vont également s’imposer comme un enjeu majeur de l’après 30 mars. A Besançon, le maire socialiste sortant, Jean-Louis Fousseret, souhaite négocier un plan d’isolation thermique avec les organismes logeurs. A Mulhouse et à Strasbourg, dans la foulée de l’étude de rénovation énergétique du parc social pilotée par l’association régionale Areal HLM avec le soutien de la Caisse des dépôts, les deux agglomérations délégataires des aides à la pierre contribueront à un plan régional présenté en janvier, et qui porte sur 40 millions d’euros de travaux par an jusqu’en 2018.
Mais sur le front des réhabilitations, les études strasbourgeoises les plus originales portent sur la lutte contre la vacance en centre-ville : un think tank d’urbanistes influents – sans étiquette, mais plutôt marqué à gauche – a interpellé régulièrement l’autorité municipale et communautaire au cours des dernières années, avant de proposer une méthode pour remettre en circulation 3 000 logements, objectif aujourd’hui repris dans le programme des verts. Les obstacles ne manquent pas : difficulté d’accès liée à l’emprise des commerces sur les rez-de-chaussée, solvabilité des propriétaires, gouvernance des copropriétés…
Néanmoins, les porteurs de la démarche – dont Micha Andreev, ancien spécialiste du logement à la Caisse des dépôts pour le Grand Est – ne doutent pas que le thème refera surface à Strasbourg et ailleurs, compte tenu d’un argumentaire consensuel et d’une démarche pragmatique : économie de 50 ha en périphérie, mixité sociale en centre-ville, mobilisation de petites entreprises locales de main-d’œuvre au savoir-faire pointu, accès aux financements Anah par l’intermédiation d’un guichet unique porté par un bailleur ou par le mouvement Pact-Arim, pour les diagnostics techniques, le montage opérationnel et la négociation avec l’architecte des bâtiments de France… A partir d’un échantillon de 100 à 200 logements pour caler la méthode, ils proposent la mise en place d’un réseau national de compétences susceptible de relancer les métiers de la réhabilitation en centre historique, mis à mal par le tarissement des financements de la loi Malraux.

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