Enjeux SPECIAL INNOVATION

Connit a de hautes ambitions pour le bas débit

Mots clés : Innovations - Qualité de l'eau - eau potable

Spécialiste des capteurs pour réseaux d’eau, la jeune pousse veut couvrir toute la chaîne du monitoring des bâtiments.

Ces dernières années, des réseaux de communications triplement performants – grande autonomie, longue portée et coût maîtrisé – ont émergé pour transmettre les petites quantités de données émises par les objets connectés. Ce déploiement du « bas débit » a ouvert le champ des possibles à la start-up Connit, spécialiste des capteurs. La jeune pousse a de sérieux atouts : elle a grandi à Labège (Haute-Garonne), dans l’agglomération toulousaine, sous l’aile de Sigfox, l’un des opérateurs emblématiques du secteur.

Dans ses quelque cent mètres carrés d’ateliers, au cœur de l’écosystème IoT Valley, la société assemble 5 000 capteurs par mois, destinés à exploiter ces fréquences radio. Les données physiques qu’ils mesurent (température, hygrométrie, émission de CO², etc. ) sont converties en data, pour faciliter l’aide à la décision sur trois principaux marchés : la supervision des bâtiments (40 % du chiffre d’affaires), le télérelevé des réseaux d’eau (40 %) et la maintenance industrielle (20 %).

Connit cherche à augmenter la quantité de données transmises.

Une autonomie de dix à quinze ans. Cofely et Axima, deux filiales d’Engie, ont notamment identifié le potentiel de cette technologie pour la prévention des risques de prolifération des légionelles, des bactéries présentes dans l’eau entre 25 et 47° C. Elles l’expérimentent pour relever à distance les températures dans les réseaux d’eau chaude sanitaire. Ces six derniers mois, 200 sondes ont ainsi été installées dans une trentaine d’immeubles d’habitation. Parallèlement, Connit a déployé avec Eiffage Energie des capteurs destinés à piloter les consommations énergétiques de crèches et écoles de la Ville de Paris.

Cofondée en 2012 par deux ingénieurs, Erwann Mivielle et Pascal Corbillon, la société se présente comme l’un des rares acteurs européens à couvrir l’ensemble des besoins : capteurs connectés, réseau bas débit, cloud et application logicielle interfacée avec la plate-forme client. Le télérelevé des consommations d’eau lui a mis le pied à l’étrier en 2014, avec un marché de 20 000 compteurs connectés pour la communauté de communes du pays de Gex (Ain). « Mais c’est sur le monitoring des données dans le bâtiment que nous concentrons actuellement nos efforts », livre Yann Gabay, expert en marketing digital, qui a rejoint le duo il y a deux ans en tant qu’associé, avec Stephan Guérin.

Les besoins de Connit pour l’industrialisation et le déploiement à l’export ont suscité parallèlement une levée de fonds de 3,1 millions d’euros en août 2016. Pour poursuivre sur cette lancée, la start-up, qui emploie 35 personnes pour un chiffre d’affaires de 1,4 million d’euros en 2016, identifie deux enjeux. Le premier est technologique : il s’agit d’augmenter la quantité de données transmises par les capteurs tout en conservant leur autonomie de dix à quinze ans. Le second est commercial : « Les clients pourraient se sentir pris en otage dans une guerre des standards bas débit. Or, l’essentiel consiste à accumuler des data pour acquérir de l’intelligence, quitte à migrer plus tard vers un autre standard », estime Yann Gabay. Dans ce contexte, la start-up compte bien faire valoir son agilité.

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2012 / 1,4 M€ de CA

2012 : création à Labège, près de Toulouse.

1,4 M€ de CA en 2016, réalisé à 40 % dans le bâtiment et à 40 % dans le télérelevé des réseaux d’eau.

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L'avis de l'expert - Promotteuse

« La dynamique de Connit reflète bien le potentiel d’application des objets connectés dans la gestion des bâtiments. Pour autant, le retour d’expérience est encore assez faible et l’usage des data générées n’en est qu’à ses prémices. Ce sont avant tout les performances techno (notamment le coût complet, incluant la maintenance), puis le positionnement sur des poches de valeur dans l’opération des bâtiments (eau, énergie, maintenance préventive… ) qui feront la différence. Fort du soutien de ses investisseurs, et de la proximité de Sigfox, il y a fort à parier sur le succès de Connit. »

Thomas Le Diouron, fondateur de l’incubateur Impulse Labs

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