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CONJONCTURE BTP en 2009 : à quoi faut-il s’attendre ?

Mots clés : Conjoncture économique - Entreprise du BTP - Matériel - Equipement de chantier - Technique de construction

Pour la deuxième année consécutive, le BTP sera en décroissance en 2009. Il sera significativement destructeur d’emplois, pour la première fois depuis onze ans. Tout dépend de la vitesse à laquelle le plan de relance fera sentir ses effets.

Un trou d’air. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier, en termes pudiques, la situation du BTP en 2009. Car le plan de relance du gouvernement n’empêchera pas la baisse d’activité – déjà entamée en 2008 – de s’accentuer dans les deux grandes familles de métiers. Et le secteur, fidèle pourvoyeur d’emplois depuis onze ans, va en perdre cette année dans des proportions significatives : jusqu’à 61 000 personnes en moins dans l’hypothèse la plus noire. Les jeunes en pâtissent déjà.

Le Meeddat, à l’origine de ces chiffres, estime que le plan de relance amortira le choc dès cette année mais se dit incapable de mesurer dans quelles proportions. Et, comme beaucoup de professionnels, il place ses espoirs dans la croissance verte qu’est supposé générer le Grenelle de l’environnement. A ceci près que le premier volet est encore en navette parlementaire.

En marge des « 24 heures du bâtiment », le président de la FFB, Didier Ridoret expliquait que les entreprises vivaient actuellement sur le matelas de commandes engrangées avant la crise et ne cachait pas ses inquiétudes pour la rentrée de septembre si les effets du plan de relance ne se faisaient pas sentir concrètement. Dans une note de conjoncture, la FFB écrit que « les craintes d’un recul accéléré à partir de l’été se renforcent ». Elle maintient sa prévision de baisse d’activité de 4 % cette année et d’une perte de 25 000 à 30 000 postes, y compris l’intérim. Le ministère est plus pessimiste qui, selon les scénarios, anticipe 24 000 à 50 000 suppressions de postes dans le bâtiment.

Toute la filière souffre. La FFB parle de « véritable effondrement » en amont dans les matériaux : en glissement annuel, sur les quatre premiers mois, la consommation de ciment en vrac a chuté de 18,5 %. Pour le béton prêt à l’emploi, la production baisse de 18,8 %. Autre signe : le chiffre d’affaires des distributeurs de matériel de BTP a chuté de 44 % sur un an au premier trimestre 2009 et celui des loueurs de 13 % selon les dernières statistiques du DLR (fédération nationale des distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels de BTP et de manutention).

Commande privée déprimée

Dans le bâtiment, c’est la construction neuve qui tire les statistiques vers le bas : après avoir déjà baissé de 5 % en volume en 2008, elle reculerait encore plus vivement (– 6,9% à – 11 %) cette année. Dans un pays où le besoin de logements neufs est estimé à 500 000 par an, la perte serait de 110 000 mises en chantier en deux ans dans le pire des cas et 90 000 dans le meilleur ! Très liée à la conjoncture économique, la commande privée en immobilier d’entreprise neuf (bureaux, commerces, usines…) s’attend à une décroissance à deux chiffres pour la deuxième année consécutive. Baisse à deux chiffres également dans les travaux publics, où elle représente un tiers des commandes.

Tous les espoirs reposent donc sur l’entretien. Mais le secteur est sensible lui aussi à la conjoncture et montre, depuis 2008, des signes de faiblesse dans le logement et le non-résidentiel… Dès lors, chacun doit se contenter d’attendre les effets induits du Grenelle de l’environnement guettant les signaux positifs comme les bons débuts de l’éco-prêt à taux zéro (10 000 distribués en deux mois).

Car la grande question est de savoir quand la courbe s’infléchira. « Toute la question est de savoir à quelle date les dispositifs de soutien prévus par le gouvernement se traduiront en lancement de nouveaux chantiers, écrit la FFB. Si c’est effectivement le cas à l’horizon de la fin 2009, voire du premier semestre 2010, les dégâts resteront limités. A défaut, la casse sera d’autant plus forte que le secteur a résisté jusqu’à ce jour. »

Pas de sortie de crise dans le bâtiment avant la fin 2010, prévoit en tout état de cause Euler Hermes. Selon le cabinet, les travaux publics redeviendraient positifs dès 2010 grâce au plan de relance. Euroconstruct table, lui, sur un petit 0,6 % de l’ensemble de la construction française en 2010. Et les grands acteurs de la filière interrogés par le cabinet américain Oliver Wyman ne voient rien venir avant le second semestre 2010, voire plus tard… En somme, 2009 ne sera pas une bonne année et 2010 s’annonce difficile. Au moins dans le bâtiment.

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