Aménagement

CONCLUSION

Les smart cities constituent une chance pour les territoires et leurs habitants et pour les entreprises françaises. Elles permettront notamment de rendre des services plus personnalisés, meilleurs mais aussi plus économes des ressources financières et énergétiques. Pour répondre aux attentes des habitants, dont 78 % estiment que le développement numérique de la ville constitue un enjeu important, les pouvoirs publics devront s’attacher à partir des besoins et de l’expérience des usagers (habitants, citoyens, entreprises, visiteurs). Cela nécessitera une meilleure concertation et co-construction du projet urbain ; celles-ci étant facilitées par le recours au numérique.

Aujourd’hui, pourtant, les villes perçoivent parfois la smart city trop comme un enjeu d’attractivité territoriale, conduisant à une concurrence entre territoires qui s’avère délétère pour le développement d’une réelle smart city . En effet, les questions soulevées par le déploiement d’infrastructures numériques dans une ville – réseaux, objets connectés, données – impliquent un niveau de maîtrise technique et juridique qu’une mutualisation permettrait plus facilement d’atteindre. Les collectivités, ne disposant pas toutes de ces outils et craignant d’entreprendre des projets à large échelle, en restent souvent au stade de l’expérimentation. Or, c’est dans le passage à l’échelle que les entreprises trouveront un modèle économique viable au plan national et une vitrine porteuse pour l’export. Par ailleurs, l’expérimentation ne permet pas de couvrir l’ensemble du territoire d’une ville et ne porte donc pas ses fruits pour l’ensemble des citoyens.

Avec le déploiement de ces infrastructures numériques, les collectivités territoriales devront remplir de nouvelles missions, notamment de gestion de la donnée et de sécurisation des réseaux. Elles se verront également renforcées dans leur rôle traditionnel de tiers de confiance et de garant de l’égalité qu’elles devront pourtant exercer différemment, avec un accompagnement des publics éloignés du numérique et comme agrégateurs des nouveaux services de la ville, y compris fournis par des acteurs privés non délégataires de services publics.

Ce rapport ne répond pas à l’ensemble des questions que pose la smart city , toutes n’étant pas arrivées à maturité et certaines dépassant largement le cadre de la ville intelligente. Les réflexions autour d’un indicateur de bonheur ainsi que l’ensemble de la problématique de la civic tech devront être étudiées pour permettre une approche plus complète du sujet. La blockchain , par ailleurs, devra faire l’objet d’une analyse plus précise quand son emploi dépassera les expérimentations que nous connaissons aujourd’hui et se généralisera. Les données, au-delà de la problématique de la donnée d’intérêt territorial, devront également faire l’objet d’un suivi attentif des pouvoirs publics, qui pourront être amenés à développer des coffres-forts numériques pour répondre au besoin de self-data.

L’essentiel cependant dépasse ces recommandations techniques. Il s’agit d’abord de replacer l’usager au cœur de la stratégie publique, de chercher à répondre à ses besoins, et de concentrer les efforts à la mise en place d’une « expérience utilisateur » riche, positive et inclusive. En remettant l’habitant, le citoyen, au cœur de la démarche publique et en acceptant de construire cette démarche avec l’ensemble des acteurs volontaires, la ville deviendra alors plus intelligente.

Le présent rapport donne des clés d’entrée dans ce sujet, vise à accompagner les collectivités et l’État pour permettre que ce qui est une chance pour les habitants et les entreprises, se matérialise dans les meilleures conditions et bénéficie à tous.

À Paris, le 18 avril 2017

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