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Comwatt : une électricité moins chère, faite maison

Mots clés : Electricité

Aujourd’hui, la jeune pousse montpelliéraine est numéro un français des box d’auto- production d’électricité.

Grégory Lamotte a eu l’idée qui donnerait naissance à Comwatt en prenant sa douche. « Je me suis demandé pourquoi nous chauffions l’eau avec du gaz venu de Sibérie alors qu’il avait fait 40 °C dans la journée. » Réponse : parce que l’énergie solaire est chère et intermittente. Mais voilà : le coût des équipements photovoltaïques ne cesse de baisser. « Depuis quarante ans, le prix des panneaux diminue de 20 % tous les vingt mois, observe cet ingénieur en environnement. Il y a cinq ans, j’ai donc pu prévoir que l’électricité que l’on produit sur son toit deviendrait bientôt l’énergie la moins chère du monde. C’est le cas aujourd’hui. » En 2010, Grégory Lamotte, qui dirige alors la filiale française d’un groupe suisse spécialisé dans le solaire, propose à son employeur de s’intéresser à l’autoconsommation. Faute d’être entendu, il décide de développer l’idée lui-même. Pour résoudre la question de l’intermittence, l’entrepreneur imagine une solution qui déplace les consommations dans le temps. « Il fallait concevoir un outil complet, clé en main, qui permette de synchroniser l’offre et la demande sans diminuer le niveau de service. » La réponse s’appelle IndepBox Power, un kit qui assure le pilotage intelligent des équipements électriques dans la maison. Couplé à une installation photovoltaïque, il permet, dit son concepteur, de réduire jusqu’à 70 % la facture d’électricité. « 50 % de l’électricité consommée est autoproduite, détaille Grégory Lamotte. En améliorant l’efficacité énergétique, notre solution permet un gain supplémentaire de 20 %, ce qui réduit à 30 % la part appelée sur le réseau. » La jeune pousse estime que son produit propose un retour sur investissement au bout de sept à onze ans.

Leader français des box d’autoproduction.

Après avoir d’abord monté une société de services, pour générer de l’activité et financer le développement de l’IndepBox Power, Grégory Lamotte crée fin 2013, avec deux associés (1), la société Comwatt, dans l’incubateur de l’agglomération de Montpellier. Succès immédiat. « Nous avons vendu nos premières box alors que le développement n’était pas terminé, s’amuse Grégory Lamotte. Cela prouve que le produit répondait à une attente. » La solution équipe aujourd’hui 2 500 foyers, ce qui fait de l’entreprise montpelliéraine de quinze salariés le leader français des box d’autoproduction et d’économie d’énergie, avec une part de marché estimée à 60 %. Entre-temps, la jeune start-up a collectionné une dizaine de trophées dont, récemment, le prix « Création » attribué dans le cadre du 4e concours Domolandes, soutenu par « Le Moniteur ». Comwatt s’attache à élargir son territoire. Essentiellement présente en France, l’entreprise installe actuellement une filiale en Californie et opère des premières ventes en Suisse et en Belgique. Pour financer ce développement international et poursuivre son effort de recherche et développement, la société a levé 1,2 million d’euros en mars 2015. Un nouveau tour de table de « 5 à 10 millions d’euros » est en préparation. Car la jeune pousse voit grand, très grand : « Nous voulons équiper 25 % des foyers européens d’ici dix ans », annonce Grégory Lamotte.

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2013 Création de Comwatt.
7-11 ans Temps de retour sur investissement.
800 000 € CA 2015.

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L’avis de notre expert

A suivre. « Avec la baisse continue du coût de l’énergie solaire, l’autoconsommation va devenir un phénomène massif. Dans cette perspective, les dispositifs qui permettent de synchroniser la consommation avec les moyens de production vont jouer un rôle primordial. La box de Comwatt a été la première à être mise sur le marché en France. Elle a l’inconvénient d’être encore un peu chère, mais elle est bien conçue et répond au problème posé par la variabilité de l’énergie solaire. C’est une belle innovation. »

André Joffre, président-directeur général du bureau d’études Tecsol, président du pôle de compétitivité Derbi, basé à Perpignan.

(1) Roger Garrivier (qui a quitté l’entreprise) et Marc-Antoine Micaelli.

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