Gestion

Comment une PME gère son parc de 25 machines

Mots clés : PME - Terrassement

Terrassements. Derrey, petite entreprise du Havre, n’hésite pas à utiliser les nouvelles technologies, à opter pour la motorisation hybride et à fabriquer elle-même des équipements sur mesure.

«Ça dépend, c’est très variable… » Cette réponse mi-figue, mi-raisin, Matthieu Derrey la répétera plusieurs fois au cours de l’entretien. Est-ce propre au caractère normand de ce Havrais ou la preuve de la souplesse et de la réactivité dont doit faire preuve une PME ? Probablement les deux. À 43 ans, cet homme dirige l’entreprise familiale Terrassements Derrey, née en 1963, qui compte aujourd’hui un effectif de 20 personnes et intervient dans toute la Normandie jusqu’aux portes de Paris. Le parc comprend vingt-cinq matériels : quinze pelles, cinq tombereaux articulés, trois bouteurs, un compacteur monobille et un camion porte-engin. Pas de camion-benne. « Je préfère sous-traiter à des transporteurs. » Pour les pelles, Matthieu Derrey ne tergiverse pas : ce sont toutes des Hitachi. Pour deux raisons : « D’abord, ce sont de très bonnes machines. Ensuite, j’entretiens d’excellentes relations avec le concessionnaire local, l’entreprise RMTP. » Les pelles qu’il lui commande ont une configuration spéciale : six d’entre elles sont à équipements longs et à patins extralarges, des options leur permettant de travailler en zones marécageuses. « C’est notre spécialité », souligne le dirigeant. Mieux : l’une d’elle est montée sur un châssis amphibie. « J’ai d’abord utilisé un châssis du commerce : le Big Float de chez Remu. Mais je n’en étais pas du tout satisfait. Alors, je l’ai rendu et j’ai décidé d’en fabriquer un sur mesure. » Matthieu Derrey sort sa planche à dessin, conçoit son châssis, commande les tôles, fait travailler chaudronnier et hydrauliciens locaux puis, en 2014, met son engin à l’eau. « C’est exactement ce que je voulais. Une pelle qui, sans être tout à fait flottante, ne s’enfonce pas dans la vase et garde une bonne stabilité au travail. » Deux autres matériels du parc sont originaux : une pelle Hitachi ZH210 à motorisation hybride diesel/électrique et un bouteur Komatsu D65EXi-23, un matériel de toute dernière génération avec guidage par GPS et automatisation des mouvements de lame. Ces machines modernes sont-elles plus performantes ? « Je ne sais pas… Les Hitachi Zaxis de première génération étaient formidables, et nous continuons d’entretenir des pelles qui ont 15 000 heures au compteur pour en prolonger la durée de vie. Mais nous ne pouvons pas rester en dehors du progrès, et il faut nous ouvrir aux nouvelles technologies. » Hitachi installe la télématique en série dans toutes ses machines, ce qui permet à Matthieu Derrey de les suivre à distance via l’intermet. « Je vérifie qu’aucune alerte n’est allumée, je regarde les heures de démarrage et les heures passées au ralenti. » Même surveillance de la part du chef d’entreprise mais cette fois de visu, dans l’atelier. « Nous faisons revenir les engins dès que possible. Là, nous faisons une inspection générale et nous effectuons l’entretien nous-mêmes. Pour les grosses réparations, nous nous faisons aider par les techniciens de RMTP. » Cependant, Matthieu Derrey va expérimenter les contrats d’entretien dits full services pour certaines de ses machines Komatsu. « Je vais voir si cette sous-traitance complète est avantageuse, puis j’en tirerai les conclusions dans un sens ou dans l’autre. » Là encore, le dirigeant s’intéresse à une tendance actuelle, preuve que ce qui pourrait être pris pour de l’hésitation est bel bien de la curiosité.

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ENCADRE

« En dix ans, nous avons connu trois générations de machines. Mais, finalement, elles n’ont pas beaucoup évolué »

Matthieu Derrey, PDG de Terrassements Derrey

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