Enjeux

Comment Spie Batignolles Nord garde la santé

Mots clés : Entreprise du BTP - Risque sanitaire

Des comités pluridisciplinaires imaginent des solutions de reclassement pour les salariés menacés d’inaptitude.

Lorsque les problèmes de santé d’un salarié s’accentuent et que les arrêts maladie se multiplient, on va droit vers l’inaptitude. Dorise Moreau, responsable santé et qualité de vie au travail chez Spie Batignolles Nord (550 salariés), le sait d’expérience. Alors, pour anticiper et favoriser le maintien dans l’emploi de l’intéressé, l’entreprise a mis en place en 2015 des comités de santé au travail. « Nous traitions auparavant ces sujets de façon ponctuelle et dans l’urgence, en nous réunissant avec la médecine du travail une fois l’inaptitude déclarée », explique-t-elle. L’objectif est désormais de rechercher des solutions le plus tôt possible, par exemple des aménagements du poste ou des conditions de travail (éviter le port de charges, travailler en binôme… ).

Les comités vont sensibiliser les travailleurs sur le terrain et faire évoluer la vision du handicap.

Une douzaine de dossiers par an. Ces comités, qui se réunissent deux fois par an, regroupent des membres des ressources humaines et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ou encore des responsables opérationnels (chefs de chantier, directeurs de travaux… ). Médecins du travail, ergonomes, psychologues et représentants des services d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (Sameth) peuvent aussi prendre place autour de la table. « Nous avons associé les chefs de chantier pour les aider à mieux appréhender les restrictions médicales des membres de leur équipe », souligne Dorise Moreau. Ce sont eux qui, sur le ter-rain, pourront aussi sensibiliser les salariés sur ces questions de santé et faire évoluer la vision du handicap. « Certaines personnes éprouvent des difficultés à vivre leurs restrictions médicales : elles se sentent diminuées physiquement et n’osent pas toujours parler de leurs problèmes », complète-t-elle. Les comités de santé au travail traitent une douzaine de dossiers de reclassement par an.

Parmi les reconversions en cours, celle d’un canalisateur qui, à la suite d’un accident du travail, a entamé en janvier dernier une formation financée par son compte personnel de formation afin de travailler sur des petits projets en tant que maçon-coffreur. Autre cas : un ancien coffreur-bancheur se forme actuellement, avec l’aide du Fongecif, pour devenir diagnostiqueur immobilier. « Tous les changements de poste ne nécessitent toutefois pas de formation », remarque Dorise Moreau. Il peut par exemple s’agir de passer de grands projets à des travaux de moindre envergure, avec à la clé des conditions de travail différentes.

« Mais quand l’inaptitude tombe, le salarié est rarement prêt à changer de poste : faire le deuil de son métier peut nécessiter du temps, pointe Dorise Moreau. Aussi, nous faisons parfois intervenir un psychologue du travail. » Au-delà de la gestion des cas individuels, les comités de santé au travail mènent des réflexions sur des mesures collectives de prévention (investissement dans des matériels, mise au point de programmes d’échauffement avant de travailler… ). Avec un enjeu de taille : l’allongement de la vie professionnelle. « Les problématiques liées aux pathologies, en particulier les troubles musculosquelettiques, grandissent, appuie Dorise Moreau. Il va nous falloir redoubler de vigilance pour préserver le capital santé des salariés. »

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