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Comment les architectes prennent le virage du BIM

Mots clés : Architecte - Logiciels - Outils d'aide

Pour les agences, réussir le passage à un modèle de conception communicant dépend moins du logiciel utilisé que d’une bonne organisation et d’une transition douce.

Sur le papier, passer d’un logiciel traditionnel de conception architecturale à une application de type BIM (Building Information Modeling) paraît simple. La réalité est plus complexe, et surtout ne dépend pas du logiciel mis en place. Les grandes agences et les pionniers qui ont défriché le terrain le reconnaissent. Mais aujourd’hui, comment la majorité des agences de taille moyenne opèrent-elles la transition ? « C’est effectivement un grand changement pour le personnel, résume Angélique Gault, mais tout le monde y trouve vite son intérêt. » Cette architecte passionnée d’informatique sait de quoi elle parle. Arrivée en mai 2014 chez Idea Architectes (22 personnes), elle a rapidement mis en place 10 licences BIM d’ArchiCAD pour remplacer les applications 2D PowerCADD utilisées jusqu’alors. Sans bouleversement puisque l’implémentation a été faite en douceur, en laissant les deux logiciels à disposition de l’utilisateur.

La même méthode a été employée chez Fèvre et Gaucher Architectes à Paris, autre agence de même taille qui a choisi Revit, un logiciel BIM concurrent. « Après l’installation en double, le recours à la maquette numérique est venu progressivement, observe Ségolène Paquier, chef d’agence. Au début et par habitude, certains dessinateurs avaient tendance à commencer sur AutoCAD parce qu’ils le maîtrisaient mieux. Mais une fois passés sous Revit, aucun n’a trouvé d’intérêt à revenir en arrière. » L’explication ? Au début, le dessinateur perd du temps pour être à l’aise et réalise souvent deux fois le projet, sous forme de plan électronique, puis de maquette numérique. Mais le recours aux bibliothèques d’objets et au format d’échange IFC (Industry Foundation Classes) lui ouvre de nouvelles possibilités dont il ne peut vite plus se passer. D’un clic il manipule des objets en 3D, des composants architecturaux, des réseaux de fluides, le doublage des cloisons ou encore les finitions, là où, auparavant, il traçait des lignes ou des hachures.

Bouleversement du processus de conception.

Résultat : l’ensemble du processus de conception en est bouleversé. Avant, les parties d’un projet étaient séparées par dessin : plans, élévations, coupes. Avec le BIM, il n’y a plus cette notion de calques superposés. La maquette numérique nécessite un découpage différent, spécifique à chaque projet selon les besoins d’échange en interne ou avec les partenaires ; par spécialité pour le calcul de structure, les études thermiques ou acoustiques, les réseaux ; par lot selon les corps de métier.

« Le BIM renforce le travail commun et le partage des données », analyse Angélique Gault. Et pour que cela fonctionne, dès son arrivée, elle a instauré une charte graphique qui assure un langage commun, avec les mêmes codes, symboles et modes d’échanges. Aujourd’hui, Idea pratique couramment les échanges BIM de niveau 1 (travail isolé en 2D, maquette numérique 3D) avec E2C Atlantique, qui modélise les structures sous Tekla. L’agence réimporte ensuite la structure modélisée par le bureau d’études dans sa maquette pour vérifier les éléments techniques et poursuivre sa conception. Pour passer au niveau 2 (travail collaboratif), Idea devra recourir à un BIM manager. Un profil de chef d’orchestre très spécialisé et coûteux. A moins qu’Angélique Gault, qui porte déjà le fonctionnement technologique de l’agence avec le soutien d’une société de service locale, accepte de cumuler cette fonction avec celle d’architecte qu’elle assure déjà.

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