Autres

Comment définir son cahier des charges ?

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

La pelle de production est au centre du chantier. Mais elle ne travaille pas seule et doit se configurer en fonction des engins qui l’entourent.

Les pelles de production ne sont pas des machines polyvalentes ; elles sont monotâches. Aussi, avant d’investir dans ce matériel, faut-il être certain que la pelle aura à faire strictement le même travail pendant plusieurs années. Cette certitude est facile à acquérir pour un carrier, qui sait pendant combien de temps court l’autorisation d’exploiter son site d’extraction. En revanche, le carnet de commandes d’un terrassier est plus aléatoire et reste à la merci des politiques du moment. De plus, la décision d’investissement ne se limite pas à la pelle de production, qui ne travaille pas seule, mais elle concerne l’ensemble des matériels gravitant autour, tels les tombereaux rigides, tombereaux articulés, bouteurs ou niveleuses. Cet ensemble d’engins, appelé « échelon de terrassement », représente un investissement de plusieurs millions d’euros qu’il faut amortir sur deux ou trois chantiers.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Quelle est la productivité visée ?

Quel volume faut-il sortir, et en combien de temps ? C’est la contrainte d’exploitation qui dicte le choix de l’outil de production. Une carrière commercialisant 800 000 t par an doit extraire environ 5 000 m³ par jour. Un gros chantier de terrassement doit déplacer 10 millions de mètres cubes en deux ans, soit 15 000 m³ par jour. Ces objectifs imposent les types de matériels et leur nombre, sachant que la pelle de production s’inscrit dans une chaîne qui doit être cohérente. Chaque maillon doit être dimensionné en fonction des autres. Par exemple, la taille du concasseur primaire d’une carrière doit correspondre à celle des tombereaux qui l’alimentent, eux-mêmes correspondant à la pelle qui les remplit.

Notre conseil Il ne sert à rien d’avoir un outil surdimensionné. La course à la puissance ne peut conduire qu’à un fiasco économique.

ENCADRE

Quel godet ?

La taille du godet est l’élément fondamental du choix. Le volume qu’il décaisse à chaque pelletée doit être en adéquation avec celui de la benne où il verse. L’objectif est de la remplir en cinq passes, ni plus ni moins. La pelle travaillera-t-elle avec des tombereaux articulés de 30 t ? Alors, il lui faut un godet de 3,5 m³, ce qui oriente le choix vers une pelle de la catégorie des 70 t. Le transport s’effectue avec des tombereaux articulés de 50 t ? Il faut alors choisir un godet de 5,5 m³, donc une pelle de la catégorie des 100 t. La forme générale et les dents du godet doivent être en adéquation avec la nature du terrain à excaver. Si un carrier peut se contenter d’un seul modèle, il est bon, en revanche, pour un terrassier d’en avoir de plusieurs types.

Notre conseil Il ne faut pas inverser l’ordre des facteurs. C’est bel et bien la taille du godet qui détermine le choix de la pelle, et non l’inverse.

ENCADRE

Quelle consommation de carburant ?

Avec une consommation comprise entre 40 et 70 l à l’heure en fonction des modèles, le carburant est un poste de dépense important dans le coût d’exploitation d’une pelle de production. « En gros, il faut compter 1 l de gazole pour chaque mètre cube déplacé », résume un terrassier. Et 5 ou 10 % d’économie de carburant peuvent vite se traduire par des gains importants en fin de chantier, d’où l’intérêt porté aux techniques modernes permettant de réduire la consommation. « La récupération d’énergie est un sujet de fond sur lequel nous travaillons », confirme Liebherr. Pour l’instant, aucune pelle de production n’a adopté de motorisation hybride, mais cela pourrait arriver si elle démontre son efficacité.

Notre conseil Les économies de carburant sont également à chercher au-delà de l’engin lui-même, dans la manière dont on le conduit et dans l’organisation du chantier.

ENCADRE

Le service après-vente est-il à la hauteur ?

Panne interdite ! Un arrêt de la pelle de production, et c’est tout le chantier qui est paralysé ou la carrière qui s’arrête. Non seulement le fournisseur de la machine doit pouvoir intervenir dans un temps record, mais il doit, en plus, stocker des pièces détachées dont certaines pèsent plus de 100 kg. Si un carrier peut tisser un partenariat durable avec le représentant local de la marque de pelles, le terrassier, en revanche, change de région à chaque chantier. Il lui faut un réseau de service après-vente de qualité équivalente sur tout le territoire français, voire à l’étranger. Peu de marques en disposent…

Notre conseil La télématique permet de suivre le fonctionnement de la machine, à condition de se doter des moyens informatiques et humains pour traiter ces données.

ENCADRE

Quel mode de financement ?

À 800 000 euros pièce pour les plus chères d’entre elles, les pelles de production représentent un investissement conséquent.Sera-t-il amorti sur un seul chantier ? L’engin aura-t-il encore du travail dans trois ou quatre ans ? Pour éviter que ces questions ne bloquent la décision d’achat, les fabricants proposent des formules de financement adaptées : location financière, location opérationnelle, garantie de reprise en fin de chantier, voire paiement à l’heure travaillée. Toutes les options sont sur la table, soit à travers l’offre commerciale du fabricant lui-même, soit par l’intermédiaire d’un organisme de financement indépendant.

Notre conseil Le mode de financement dépend du chantier, du carnet de commandes, des perspectives à long terme et de la politique d’investissement de l’entreprise.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X