Enjeux SPÉCIAL NUMÉRIQUE

Cinq jeunes pousses à suivre de près

Mots clés : Lieux de travail

Repérées, incubées, voire soutenues, ces start-up ont tapé dans l’œil des acteurs de la construction. Et du « Moniteur ».

Chez Bouygues, le rendez-vous était coché depuis longtemps dans l’agenda. Le groupe dans son ensemble (Bouygues Construction, Colas… ) tenait un stand à l’occasion de la deuxième édition du salon VivaTech, l’un des plus importants événements européens dédiés à l’innovation, qui s’est tenu du 15 au 17 juin à Paris. Objectif : présenter l’état de ses collaborations avec des jeunes pousses – 22 start-up partenaires étaient présentes pour le seul Bouygues Construction – et repérer des pépites parmi les quelque 5 000 qui participaient à l’événement.

Vinci Energies, de son côté, s’est donné une belle visibilité auprès des start-up en animant un lab Digital Industry, quelques semaines seulement après avoir inauguré à la Défense sa Factory, un espace dédié à l’innovation.

Au-delà des acteurs issus de l’univers de la construction, plusieurs thématiques transversales développées par les jeunes entreprises – de l’intelligence artificielle à la smart city, en passant par la robotique – intéressaient le secteur. « Le Moniteur » a arpenté les allées pour identifier quelques-uns des projets les plus prometteurs.

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RB3D robotise les TP

Son pitch. Colas avait pris les devants. Dès 2013, le spécialiste de la route entrait en contact avec RB3D. La start-up bourguignonne fondée en 2001 défriche une technologie très prometteuse pour les chantiers de TP : des systèmes mécatroniques (discipline qui combine mécanique, électronique et informatique), sortes de robots assistant l’humain dans ses tâches. L’idée ? Développer l’ergonomie et réduire la pénibilité et les troubles musculo-squelettiques. De ce partenariat est né en 2015 l’Exopush. Cet exosquelette amplifie la force et l’ampleur du mouvement de l’ouvrier lors du ratissage. « Fixé à un poussoir électrique qui fonctionne à la manière de la direction assistée d’une voiture, le râteau voit sa force multipliée par cinq », détaille Serge Grygorowicz, le fondateur de RB3D. Ce qui signifie que pour une poussée de 8 kg impulsée par l’ouvrier, le râteau va pousser « tout seul » 40 kg.

Son actu. En ce mois de juin, l’exosquelette testé par les compagnons de Colas en est à sa quatrième version. Son poids est passé de 42 à 12 kg. Il est prêt pour le passage à l’industrialisation.

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DCbrain, le GPS des réseaux d'énergie

Son pitch. La jeune pousse créée fin 2014 est partie d’un constat simple. Les gestionnaires des réseaux énergétiques disposent d’une pléthore de données remontées via leurs capteurs. Or, ils ne parviennent pas toujours à les exploiter, par exemple pour anticiper une panne.

Les trois jeunes créateurs de DCbrain, issus notamment du monde du génie électrique, ont mis au point un outil de datavisualisa tion des flux d’énergie (électricité, gaz, eau, vapeur).

Il identifie les anomalies en temps réel, calcule les flux et propose différents scénarios. Inspirée des algorithmes utilisés par l’application routière Waze, cette technologie permet d’optimiser le rendement d’un réseau et simplifie le travail des exploitants. De gros clients utilisent déjà le logiciel : RATP, Enedis…

Son actu. Lauréat en juin du concours d’innovation de Vinci Energies, DCbrain va rejoindre son programme d’incubation. Une levée de fonds (entre 1 et 2 millions d’euros) lui permettra de viser d’autres marchés en Europe d’ici à la fin 2017.

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EdgeMind fiabilise la maintenance prédictive

Son pitch. Née il y a trois ans, cette start-up propose « des méthodes et solutions pour créer des doubles numériques des systèmes techniques complexes ». Elle s’est développée initialement autour des systèmes éoliens ou des barrages, sur de l’existant ou de la conception. L’objectif : simuler les comportements pour prévenir les risques et les défaillances potentielles. « Nous aidons les entreprises à établir des stratégies de maintenance prédictive et à améliorer leurs systèmes », assure Vincent Leblond, directeur commercial et projets de la jeune pousse.

Son actu. Cet ex-responsable des méthodes de modélisation de prévision long terme de la RATP veut d’abord conquérir le domaine des transports. « Nous pouvons créer des doubles des trains, des rails, des caténaires, des systèmes de distribution électrique… » EdgeMind travaille déjà avec la RATP sur la maintenance et l’analyse de la mobilité. Et elle vient de nouer des contacts avec SNCF Réseau. Elle a aussi déjà rencontré des collectivités locales et Vinci Energie. EdgeMind serait, par ailleurs, capable d’ajouter une autre corde à son arc : « Nos techniques

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LO3 Energy anime le « microgrid »

Son pitch. Depuis avril 2016, le quartier new-yorkais de Brooklyn teste une plate-forme numérique dédiée à l’échange local d’électricité. Cette expérimentation, baptisée « Brooklyn Microgrid », concerne aujourd’hui 50 bâtiments équipés de panneaux solaires. Ce système informatique a été conçu par LO3 Energy. Créée en 2014, la jeune pousse a conçu un outil de transaction fondé sur les principes de la blockchain. « Avec ce procédé, les opérations s’effectuent au niveau du compteur, explique Scott Kessler, directeur du développement de LO3 Energy. C’est beaucoup plus efficace qu’avec un système classique, où les données doivent rejoindre un serveur. »

Son actu. La start-up a tapé dans l’œil de Siemens : ils collaborent depuis novembre dernier pour déployer ce type de projets en Australie et en Europe. « Mais la réglementation sur la vente d’énergie demeure un obstacle dans beaucoup de pays.

Il faudrait que nous bénéficiions d’une dérogation ou que nous opérions sur des réseaux privés. »

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Aelectra invente le chauffage par infrarouges

Son pitch. Cette start-up berlinoise a conçu et commercialise une innovation qui pourrait mettre à bas les modes de chauffage électrique classiques. C’est en tout cas ce qu’espèrent ses fondateurs. Ils ont imaginé des membranes perforées de quelques dizaines de centimètres carrés, constituées d’un alliage de carbone et de polytéréphtalate d’éthylène. Connectées au réseau électrique par une simple prise, elles sont ensuite recouvertes d’une fine couche de plâtre de 5 mm. Ce tissu émet des ondes de chaleur infrarouges. Le dispositif possède un avantage majeur : il évite quasiment toute circulation d’air, à la différence d’un système de chauffage par convection, ce qui prémunit contre la formation de poussière, de saletés et de moisissures. Et ce produit n’a pas besoin de maintenance, assurent ses créateurs. La membrane peut être posée sur les murs, mais aussi sur le plafond ou le sol d’une pièce.

Dotée d’une puissance de 110 W/m2 , le tissu d’Aelectra fonctionne avec une tension électrique de 24 ou 36 V. Le produit coûte, installation comprise, environ 90 €/m2 .

Son actu. La jeune pousse participe actuellement à la rénovation d’un ensemble résidentiel de 1 000 logements à Berlin, sa plus importante référence depuis sa création. Elle s’attaque désormais au marché français et a déjà rencontré plusieurs acteurs.

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