Enjeux

Chine : la transition énergétique en marche

Mots clés : Air

L’empire du Milieu est décidé à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et sa consommation d’énergie.

Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, a choisi les Etats-Unis pour annoncer, à l’issue de son voyage officiel le 25 septembre, la création d’une bourse carbone nationale en 2017. A deux mois de l’ouverture de la COP 21, le sommet mondial sur le climat de Paris, l’annonce est un symbole fort de la part du premier pays émetteur de CO2 au monde. La création d’une bourse carbone, qui s’inscrit dans le cadre du 13e plan quinquennal (2016-2020), devrait être la synthèse des expériences menées depuis 2013 dans plusieurs régions pilotes. Elle oblige les industriels basés en Chine à acquérir des droits d’émission de gaz à effet de serre. L’annonce a été assortie d’une promesse d’investissement de 6 milliards d’euros d’ici à 2030. Les industries de l’acier, du ciment, de l’énergie et de la chimie seraient les plus concernées. Cette déclaration sur la bourse carbone avait été précédée, à Los Angeles, par le premier sommet sino-américain consacré aux villes écologiques à faible consommation de carbone. Une série d’accords, comme celui liant Shenzhen à Los Angeles, a été signée et une dizaine de villes et provinces chinoises, telles Pékin et Canton, se sont engagées à atteindre des objectifs d’émission d’ici à 2020.

L’empire du Milieu n’a cependant pas attendu l’approche de la COP 21 pour afficher ses ambitions dans le domaine de la protection de l’environnement. En 2013, lors du 18e Comité central du Parti communiste chinois, dix mesures avaient été publiées sur le traitement et la prévention de la pollution de l’air. Parmi les secteurs directement concernés par cette transition verte chinoise, figure en bonne place l’efficacité énergétique des bâtiments. De nombreuses expériences sont en cours dans plusieurs villes du pays. Certaines sont soutenues par les expertises de pays européens, notamment la France. Ainsi, dans le cadre d’un accord de coopération en matière de développement urbain durable signé en 2007, a été prévue la réhabilitation thermique des bâtiments publics de la ville de Wuhan.
Malgré ces efforts, la Chine n’a pas encore mis en place une réglementation thermique nationale comparable à celle de la France. Toutefois, des bâtiments emblématiques montrent que la Chine n’est pas seulement dans l’effet d’annonce. Ainsi, sera inaugurée à l’automne la Shanghai Tower, deuxième plus haute tour au monde (632 m), qui se veut remarquable sur le plan énergétique et vise le niveau « gold » du certificat Leed.  

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ENCADRE

Dixit Pierre-André de Chalendar

« Les acteurs du BTP français qui veulent profiter de cette transition énergétique pour aller en Chine doivent viser le très haut de gamme. Les ingénieristes ont des choses à y faire, notamment sur la ville durable. Pour les industriels, s’il s’agit de produire des matériaux à grande échelle, notre expérience montre que ce n’est pas facile du tout ! Nous sommes ainsi sortis du verre plat. Sur les plaques de plâtre, Saint-Gobain est un petit acteur en Chine, mais nous parvenons à exister car nous sommes sur le très haut de gamme et l’innovation. »

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